Madier de Montjau, Joseph-Paulin
Biographie
Le préfet du Gard, le 3 juin 1831, donnait sur son compte les renseignements suivants sur son attitude après la promulgation des ordonnances de Juillet : « [ …] Au moment où les ordonnances ont été connues à Nîmes, M. Madier se rendit chez M. Herman, préfet du Gard, et lui déclara que, loin d’obéir, il allait donner l’exemple de la résistance et que dans le mouvement insurrectionnel auquel il était naturel de s’attendre, il serait également disposé à suivre ou à donner le signal. M. Madier se rendit ensuite chez M. Grillet, procureur général, pour lui faire la même déclaration ; il tint les mêmes discours dans des réunions nombreuses de citoyens ; et dans plusieurs autres entrevues qu’il eut avec l’autorité, il témoigna son étonnement de n’être pas encore arrêté, attendu, disait-il, qu’un gouvernement qui voulait violer la loi devait entrer franchement dans cette voie d’arbitraire brutal et frapper tous ceux qui osaient s’appuyer sur la loi pour résister. Je rends avec plaisir à M. Madier le témoignage qu’il réclame pour cette circonstance spéciale ; dans d’autres occasions non moins périlleuses, son patriotisme et son courage ont été assez publiquement connus pour qu’il puisse se dispenser d’en apporter la preuve. » Et aussi : « Lui seul a vraiment résisté aux ordonnances. Lui seul a protesté contre elle par-devant l’administration et les tribunaux d’alors, bien avant qu’on connût le résultat des protestations de Paris. Lui seul a essayé de soulever contre elle le département. Incontestablement sans le succès des journées de Juillet M. Madier n’aurait pu demeurer un moment à Nîmes. Incontestablement il a encouru, volontairement et sans avoir en apparence aucune chance en sa faveur, le danger le plus imminent pour sa liberté, pour sa fortune, pour sa vie. » Le préfet du Gard, dans le travail de la Commission des récompenses nationales, constatant la continuation d’un mauvais esprit à l’égard du nouveau gouvernement, pensait que les blessés devaient être seulement secourus pécuniairement mais non décorés et précisait : « Une décoration de Juillet à des hommes de la populace de Nîmes serait un sujet continuel de danger pour eux et peut-être, dans un jour de troubles, un arrêt de mort. » Archives nationales F/1dIII/79, dossier Gard.