Mafarette, François

Biographie


Né le 16 septembre 1803 à Grandrupt (Vosges) (ou à Grand-Kartz dans les Vosges in Archives nationales F/1dIII/39). Commissionnaire ou marchand épicier sur les listes de la mairie. Il fit « rentrer des objets d’art et des armes au Musée d’artillerie pour des sommes considérables », expliquait-il. Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, conservateur du Musée d’artillerie, atteste que le sieur Mafarette a déposé audit musée des fusils à illisible triangulaire, ayant sur la platine les mots Biazel zweibriuken, armes qui lui appartiennent. » Signé le 15 novembre 1830 : de Carpegnoc, CH. Ce dernier certificat fut confirmé par un identique mais délivré à la date du 11 septembre 1835 et ainsi rédigé : « Je, soussigné, conservateur du Musée d’artillerie, certifie que M. Mafarette, François a rapporté au Musée de l’artillerie plusieurs armes qui y avaient été prises dans la journée du 29 juillet 1830 et qu’il a montré du zèle à réparer aussi les pertes que cet établissement avait faites. En foi de quoi j’ai signé le présent certificat pour servir à de droit (sic). » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En février et juin 1848, il dit s’être « conduit en homme d’honneur, exposant [ma] vie pour sauver celle de mes semblables » et on trouve deux dossiers déposés à son nom devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Le premier dossier, dans lequel on trouve les indications biographiques suivantes : « […] Mes réclamations auprès de divers ministères sont restées infructueuses. Pour prix de récompenses, j’ai été traqué par la police dix années de souffrance, de misère et d’esclavage. Rien n’a été respecté. Ils m’ont montré aux yeux de mes semblables le plus dangereux conspirateur. Compagnon d’infortune de Caussidière, Lagrange, Bastien et tant d’autres, toute faveur lui était refusée, il n’a jamais voulu vendre sa conscience. Né républicain, je mourrai de même. Le besoin, la misère m’ont souvent assiégé, j’y ai résisté avec honneur. Plus j’étais tourmenté, plus j’avais de courage, espérant que la patrie reconnaissante récompense toujours ceux qui l’on mérité. Quant aux trois mémorables journées de Février, je suis entré le second à la caserne des Minimes. J’y ai resté quatre jours. J’ai contribué pour ma part à préserver ladite et tout ce qui l’a composait. Tout est resté intact, à la satisfaction de tous. Je viens, aujourd’hui, citoyens, réclamer de votre justice un secours, en attendant que vous ayez statué sur ma position. Mes bras, mes enfants, mon sabre et le fusil que j’ai eu des trois journées sont à la disposition du gouvernement républicain. » Le deuxième dossier, dans lequel on trouve les indications biographiques suivantes : « Combattant de Juillet et de Février, je suis un de ceux qui se montrèrent à la révolution de Juillet. Je fus décoré et blessé, j’avais de quoi me suffire et de quoi me suffire et de quoi obliger des malheureux. J’étais garçon alors. Je fus commissionné par le conservateur du Musée d’artillerie pour racheter et faire rentrer les armes qui y avaient été prises le 29 juillet 1830. Je les fis rentrer avec mon argent. Dans le nombre il y a trois trophées et des armes pour des valeurs inestimables. J’ai encore aujourd’hui trois fusils de prix à moi appartenant. On devait me donner ma récompense, une place. La récompense je l’attends encore aujourd’hui […]. » Il joignait le certificat suivant à sa demande : « Je certifie que le citoyen Mafarette, François était présent à la reddition de la caserne des Minimes le 24 février 1848, qu’il a fait partie de mon poste du 24 au 25, qu’il figure sur la liste que j’ai jointe à mon rapport remis le 2 mars au gouvernement provisoire siégeant à l’Hôtel de ville et que je n’ai eu qu’à me louer de son zèle pour le service. » Signé, le 3 mars 1848 : Destéract, A., commandant le poste de la caserne des Minimes du 24 au 25 et capitaine de la VIIIe légion. Suivait l’apostille suivante : « Je certifie que le citoyen susnommé a resté avec nous aux trois jours comme faisant un service de garde national et qu’il s’est conduit en bon citoyen. » Signé : Cuisinier, commandant des Minimes à la VIIIe légion (sic). Il assurait aussi « avoir donné asile et nourri trois gardes municipaux pendant les événements de Février ». Le 1er mars 1848, il adressait la lettre à Sobrier : « Depuis quelque temps je voulais m’adresser à vous afin que vous veuillez m’appuyer pour des réclamations que j’ai faites depuis 1830 auprès de différents ministères, qui sont restées sans résultat. Je me trompe car à chaque réclamation que je faisais j’étais sûr et certain qu’une descente de police était faite chez moi. Vous ne pouvez croire combien j’ai souffert, combien j’ai payé cher cette Croix de Juillet, dont j’ai versé mon sang pour la liberté, sans récompense ni indemnité aucune. Toujours ivre de belles promesses par exemple à la fin on a voulu me placer à la police, dont j’ai refusé avec la plus vive indignation. J’avais d’autant plus de droits à la justice de mon pays qu’après avoir été blessé aux journées de Juillet, j’ai contribué avec mon argent à faire rentrer des armes de prix qui avaient été enlevées au Musée d’artillerie le 29 juillet 1830. J’en ai encore aujourd’hui à moi appartenant, qui ne m’ont pas été payées. Les pièces à l’appui de ce que je dis sont déposées au secrétariat général du gouvernement sous le numéro 660, copie conforme desdites à la demande des récompenses nationales, dont vous faites partie. Quoi faire citoyen lorsque vous êtes abandonné par des hommes qui doivent vous soutenir et vous aider ? Pour moi, je suis dans le plus grand dénuement. Le désespoir commence à m’empoigner. Votre circulaire ne dit que trop vrai sur la rapacité des employés et je suis porté à croire que vous n’aurez pas plus de révolution de Février que de Juillet si ce n’est celui de mourir dans la misère. Les décorés de Juillet et tant d’autres qui se sont montrés pour la liberté, pour l’indépendance nationale et qui ont versé leur sang pour sauver la patrie ne devraient-ils pas être placés ou recevoir les secours que leur protection réclame ? Je m’adresse à vous, citoyen, parce qu’on m’a dit que vous étiez juste capable de relever les erreurs que des hommes malintentionnés pouvaient faire. » Dans une autre lettre, en date du 17 mars 1848, il précisait être désormais sans argent ni aucunes ressources et « réduit à la plus affreuse misère ». Il fut recommandé par la Commission pour un secours une fois donné. En 1849, « réduit à la dure nécessité de la charité publique », il fit une demande de secours ; les renseignements de police recueillis sur son compte le disaient ancien commissionnaire en denrées coloniales, dans une position très précaire, marié, père de deux enfants, et devant quatre termes de loyer. Il retourna dans son pays natal en 1849, et ne put toucher le secours de cinquante francs qui lui avait attribué. En 1851, le préfet des Vosges précisait sur son compte que « le sieur Mafarette est dans l’aisance et que d’un autre côté sa conduite paraît laisser à désirer, je suis d’avis par conséquent qu’il n’y a pas lieu de faire droit à sa demande ». En 1866, il sollicita une pension viagère pour ses services rendus en juillet 1830, « attendu qu’un grand nombre de ses confrères sont morts, il prétend avoir droit à leurs pensions éteintes ». En 1866, il invoquait dans une nouvelle demande son âge et ses infirmités ; les renseignements rapportaient sur son compte : « Jouit d’une certaine aisance, provenant des revenus de diverses propriétés et d’un corps de ferme, qui est loué six cents francs. Il n’a ni infirmités, ni enfant, ni charge de famille et après avoir vécu en concubinage pendant vingt-quatre ans avec la même femme, il a fini, sur les exhortations du curé de sa paroisse, par l’épouser le 24 juin 1861. Sa conduite paraît avoir été bonne depuis cette époque, néanmoins il ne semble pas qu’il y ait lieu de lui accorder le secours qu’il demande. » Il avait épousé Marceau, Joséphine, dont il avait eu huit enfants dont deux étaient encore vivants en 1848, un âgé de quatre ans et l’autre de dix ans. Il demeurait 10, rue de la Coutellerie en 1831 ; 10, rue Neuve-Saint-Pierre au Marais en 1848-1849, un logement de deux cent quatre-vingts francs par an ; à Grandrupt à partir de 1849. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 77 (sous le nom de Mafaret, François) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 10-11 état des blessés non classés et de la 1re classe (sous le nom de Malfarette) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Mafaret, François) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes ; Archives de la préfecture de police AA 369, Emploi d’une somme de 350 francs, provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de Juillet, exercice 1849, minutes 51-56, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73 ; Archives de la préfecture de police AA 400 (sous le nom de Mafarette, Joseph, François) ; Archives de la préfecture de police AA 402 (par erreur sous le nom de Matoirette).

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