Maillard-Dumeste, Jules, Frédéric
Biographie
Ancien chef de bataillon dans la garde du roi de Wesphalie, devenu professeur de chimie, inventeur de procédés distillatoires. Il adressa, le 2 août 1830, la lettre suivante au président de la Commission des récompenses nationales, le général Fabvier : « Riches et pauvres, tout s’en est mêlé et tout le monde a fait son devoir. C’est ce que j’écrivais hier matin à mes amis de Londres. Si je n’étais pas un ancien militaire et si je n’avais pas des enfants, jamais vous n’auriez entendu parler de moi. C’est donc pour mes enfants et pour avoir un titre de gloire à leur montrer que je vous supplie, mon général, de vouloir bien vous faire rendre compte par M. Anjubault, pharmacien, rue du Faubourg-du-Roule (lire rue du Faubourg-Saint-Honoré) de ce qui s’est passé sous ses yeux dans son faubourg dans la nuit du 28 et le 29 juillet de glorieuse mémoire, comme étant à même de vous instruire, mieux que personne, de ce qui peut me concerner ainsi que beaucoup d’autres. C’est la seule récompense, mon général, que je puis accepter et que je sollicite de votre justice. Ce que nous avons exposé était sans prix ; il est bien juste au moins que nos sacrifices volontaires soient connus. J’ai l’honneur, etc. » Il sollicita sans doute de rentrer dans la garde municipale. Il était porteur du certificat suivant : « Je certifie à qui il appartiendra que M. Maillard-Dumeste, ancien chef de bataillon en Wesphalie, s’est présenté chez moi le 28 juillet vers les 10 heures du soir pour me demander un fusil double. N’ayant pu satisfaire à ses désirs, il m’a répondu N’importe je m’appuierai sur le pommeau de ma vieille épée d’Austerlitz, elle n’a jamais trahi mon courage. C’est ici une question de vie ou de mort, a-t-il ajouté, il faut que tout le monde s’en mêle. Là-dessus, il m’a quitté dans un état d’effervescence difficile à dépeindre. J’ignore ce qu’il a fait la nuit. Le lendemain 29, vers les 5 heures du soir, j’ai entendu dire que M. Maillard s’était signalé aux Ecuries du roi, en ordonnant de tirer plusieurs coups de fusils à la fois dans une lucarne d’où l’on faisait feu sur les citoyens et que l’individu y fut tué. Au reste, je garantis l’énergie et les sentiments de M. Maillard parce qu’ils me sont connus depuis longtemps. » Signé, le 11 octobre 1830 : Anjubault, pharmacien breveté de S.A.R. Mgr le duc d’Orléans, demeurant 127, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Lefevre, fumiste, demeurant 117, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Girardin, demeurant 117, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Sauvel, marchand de vins, demeurant 111, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Richier, propriétaire, demeurant 1 bis, rue du Colisée ; …ouque, libraire, demeurant ???, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Castelbou, L., demeurant 115, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il demeurait 18, rue de la Bûcherie en 1826 ; 11, avenue des Champs-Elysées en 1830. Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, vingt-cinquième année, Paris, 1826, imprimerie de Mme Huzard, p. 184 ; Archives de Paris VK3 48 ; Table décennale du Bulletin des lois, depuis le 1er janvier 1824 jusqu’au 31 décembre 1833, section VII p. 431 ; Journal politique et littéraire de la Haute-Garonne, 24 février 1834 (d’où j’ai tiré les prénoms, seule source où ils sont cités).