Maille dit Piétrequin, Jean, Pierre
Biographie
Né vers 1793. Sans doute ancien ouvrier menuisier des armées de l’Empire ou soldat au 10e tirailleur de la garde impériale, établi menuisier. Il participa, le 28 juillet aux barricades, fut légèrement blessé au talon le 29 juillet mais resta cependant de garde sept jours et sept nuits et, sous les ordres de Michel, ancien capitaine du génie en réforme, commandant le poste improvisé du 108, rue du Faubourg-du-Temple, à l’extinction du feu de la barrière de Belleville, contribua « puissamment par son exemple et son dévouement patriotique à en imposer aux gens sans aveux qui proféraient des menaces effrayantes contre les citoyens et les propriétés ». Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut un secours de dix francs, le 25 août 1830, un secours de vingt francs, le 25 septembre, un secours de vingt-cinq francs, le 13 octobre 1830, un autre de cinquante francs, le 20 octobre 1830, un dernier, définitif, de cinquante francs, le 5 novembre 1830, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (et pourtant un total de quatre-vingt-quinze francs, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.). Le 24 novembre 1830, il participa à une houleuse saisie de marchandises à la barrière de Belleville, au cours de laquelle les employés de l’octroi furent assaillis par les contrebandiers ; il réussit, à l’aide d’un petit détachement de la garde municipale, à faire entrer les deux voitures saisies dans la caserne de la Courtille et à sauver les employés qui les conduisaient. Le capitaine de sa compagnie attestait, en décembre 1830, qu’il était impossible « de montrer plus de zèle d’activité et de dévouement pour la chose publique que le sieur Maille dit Piétrequin […] toujours l’un des premiers sous les armes quand il s’agit de rétablir l’ordre ». Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut, en tant que blessé mais non décoré, un secours de cinquante francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. En 1837, sans travaux et sans ressources, sa femme venant d’accoucher, obligé de placer l’enfant en nourrice à cause de l’état de santé désespérant de sa femme, déjà père d’un enfant de quatorze ans et d’un autre de quatre ans, il sollicita des secours et reçut quarante francs en 1838. En 1839, sa femme décédée, père de trois enfants, sans ouvrage, il sollicita des secours et obtint trente francs en 1840. Il toucha un nouveau secours de soixante-cinq francs en 1841, un autre de soixante-cinq francs en 1842. En 1843, sans ouvrage depuis huit semaines, toujours père de trois enfants, il sollicita un nouveau secours et obtint vingt-cinq francs. Il obtint un secours de quarante francs en 1844, un autre de quarante francs en 1845, un autre de quarante francs en 1846. En 1847, les renseignements de police établissaient à son sujet : « […] Souvent sans ouvrage parce qu’il ne veut pas travailler de son état. Il cherche des emplois, qu’il est enchanté de ne pas trouver […]. Le père Maille n’a pas trop mauvaise conduite. […] Cet homme paresseux demande des secours de tous côtés. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1847, un autre de quarante francs en 1848. Pendant les journées de juin 1848, il ne manqua « jamais à [son] devoir de citoyen », fit son service « avec zèle » et « sans jamais quitter sa compagnie ». En 1849, « sans travail depuis un an, un enfant de dix-sept ans traité de la même maladie » dont il avait perdu sa femme, ayant mis le peu d’effets qu’il possédait en gage afin de payer les médicaments, il sollicita des secours ; les mêmes sources administratives le décrivirent alors comme honnête homme et placé dans une position très nécessiteuse. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de blessé de Juillet. En 1850, il expliquait : « Trop âgé et ayant la vue trop faible pour trouver de l’occupation dans ma partie, chez les maîtres, je pourrais cependant me sauver de la misère en travaillant dans ma chambre pour des marchands de meubles dont je suis connu, […mais je suis] réduit dans un tel état de détresse qu’il m’est impossible de réaliser la somme de cinquante à soixante francs afin de me procurer un établi de menuisier, des presses à plaquage et des outils qui me manquent ; je n’ai plus rien, sans ressources, ni famille pour me secourir, accablé sous le double poids du malheur et de la misère. » Il reçut un secours de quarante francs en 1851, à titre de blessé de Juillet. En 1852, les mêmes sources administratives le décrivaient comme ayant un jeune fils âgé de vingt ans à charge parce que malade de la poitrine, lui-même d’une conduite irréprochable et digne d’intérêt. Il reçut une allocation de quarante francs entre 1849 et 1853, une allocation de quarante francs en 1852, à titre de blessé de Juillet. Il demeurait 14, cour Philibert en 1830 ; 106, rue du Faubourg-du-Temple vers 1830 ou 1831 (mais cour Philibert au 106, rue du Faubourg-du-Temple in Archives de Paris VD6 360 n° 5, III, Enregistrement des bons délivrés etc. ; 106, rue du Faubourg-du-Temple in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) ; 1, rue de la Planche dans le faubourg Saint-Germain en 1837 ; 43, rue du Cherche-Midi en 1840 ; 76, rue du Four-Saint-Germain en 1843 ; 24, rue de Bourgogne en 1848-1849 ; 115 (ancien n° 125), rue Saint-Dominique, cité Saint-Charles en 1849-1851 ; une chambre, 75, rue Vaneau en 1851-1855. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 75 (sous le seul nom de Piétrequin) ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives, états nominatifs des blessés admis à la répartition des fonds de la souscription nationale, 2e classe et 1re classe, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de Maille, Jean, Pierre).