Maillet, Joseph, François
Biographie
Né le 10 août 1790 (bien le 10 août 1790 dans son acte de baptême ; par erreur en 1794 in Archives de Paris Vbis1K4 2, vers 1795 in Archives de Paris VD6 278) à Saint-Maurice-d’Annecy (Savoie), fils de Maillet, Etienne et de Gerret, Antoinette, son épouse. Cordonnier. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Nous, docteurs en médecine, soussignés, certifions avoir, dans la journée du 29 juillet 1830, donné les soins de notre profession à M. Maillet, Joseph, blessé au bras gauche avec écorchure et forte contusion, en enfonçant la porte d’une maison occupée par des grenadiers de l’ex-garde, rue Saint-Honoré, près celle de l’Echelle ; blessé ensuite à la jambe gauche par une balle, qui a traversé son pantalon et déchiré la peau au-dessus du genou, en s’emparant avec ses braves camarades d’une pièce de canon qui mitraillait le peuple dans la susdite rue. Maillet a aussi reçu un coup de crosse sur la jambe droite et un coup de sabre au petit doigt de la main droite. Il a le bonheur aujourd’hui d’être parfaitement guéri de ses blessures. » Signé, le 14 août 1830, à l’ambulance du 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré : Robion (voir ce nom) ; suivait la signature de Setier (voir Setier, Louis, Paschal). Il reçut l’ambulance du 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré, un premier secours de quarante francs. Il reçut cinquante-cinq francs de secours à la mairie de son arrondissement puis soixante francs sur les listes du Constitutionnel en septembre 1830. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme combattant, un total de cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il était porteur du certificat suivant : « Le soussigné atteste, d’après des témoins non équivoques et ses yeux, que le nommé Joseph Maillet a bien reçu, en se battant pour la cause de la liberté quatre blessures dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, par suite desquelles il est resté fort longtemps sans pouvoir se livrer à ses occupations ordinaires. Son peu d’éducation ne peut lui enlever le mérite de d’être battu avec un courage particulier, sans autre but que d’être utile à son pays et sans s’attendre à un prix pour ses travaux. S’il réclame un secours c’est bien la nécessité qui le fait agir. Il est loin de considérer la caisse des blessés comme une forêt de Bondy, y puise qui peut ! Il est dans le besoin ; il déclare n’avoir touché de différentes caisses, et je suis autorisé à le croire, que les sommes ci-après désignées : au bureau du Constitutionnel soixante francs ; à l’ambulance de la rue de Grenelle, quarante francs ; à notre arrondissement, en quatre fois, cinquante-cinq francs. » Signé, le 24 novembre 1830 : de Frémicourt, adjoint à la commission provisoire du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le seul prénom de Joseph dans les listes du Bulletin des lois et dans celles du Moniteur universel). Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 20 octobre 1831. En 1838, il sollicita des secours : « Simple et pauvre ouvrier, on ne peut se faire une idée de ma misère ; je ne sais plus où donner de la tête, […] malheureux chargé d’une femme gravement malade. » En 1838, les renseignements de police recueillis sur son compte étaient ainsi rédigés : « Marié, sans enfant, […] il exerce l’état de cordonnier et la femme est marchande de pommes de terre à la halle. Leur position n’est pas heureuse car le sieur Maillet, qui ne jouit en aucun temps d’une bonne santé, est malade depuis un mois. Ils sont du reste bien famés sous le rapport de la conduite et de la moralité. » Il reçut un secours de trente francs en 1839, et un autre de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, les mêmes sources décrivaient le ménage comme « un modèle de bonne conduite » et Maillet comme un « cordonnier fort souvent sans ouvrage ». Il reçut pour cette année-là un secours de quarante francs. En 1842, « réduit à la misère », « dans l’impossibilité de se livrer à un travail fructueux par suite de maladie de poitrine et faiblesse de la vue », il sollicita de nouveaux secours, et obtint soixante-cinq francs, puis vingt-cinq francs en 1843, quarante francs en 1844. En 1845, sa femme était morte des suites de sa maladie et il vendait des pommes de terre sur le carreau du marché des Innocents. Il reçut quarante francs de secours. En 1846, « se trouvant dans la plus profonde détresse », il sollicita un secours, mais devait mourir le 20 octobre 1846 ; ses sœurs, Françoise et Aimée Maillet, touchèrent les quarante francs de secours qui lui avaient été attribués. Il demeurait 4, rue Mercière en septembre 1830 ; 20, rue de la Grande-Friperie en 1830 ; 6, rue Perrin-Gasselin (au 3e étage) de 1836 à 1838 ; 5, place du Chevalier-du-Guet en 1845 ; 9, rue de la Ferronnerie en 1846 ; ses sœurs, 13, rue du Jour en 1846. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 67 ; Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d., p. 14 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe. (A noter qu’il signe son nom soit Maillet, soit Malliet).