Mailly, Pierre, Marie
Biographie
Né le 23 juillet 1798 à Paris. Ancien militaire, devenu carreleur. Il était porteur de plusieurs certificats qui attestaient sa participation à la révolution de Février mais qui attestent aussi de sa participation à la révolution de Juillet. Le premier était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, nous attestons avoir vu le nommé Mailly, Pierre, Marie, le 24 février 1848, prendre une part active au combat livré contre la royauté déchue. Nous déclarons l’avoir vu partir avec la garde nationale, sans être armé, et l’avoir revu plus tard place de la Révolution avec un fusil qu’il avait pris aux gardes municipaux. De là, il a pris part au combat du château d’eau, Palais-National. » Signé le 22 juin 1848 : Boutaric, marbrier, demeurant 17, rue des Moineaux ; Augé, demeurant 4, rue Fontaine-Molière ; Gomand, sergent à la 6e compagnie, demeurant 13, rue Jeannisson ; Simon ; Commarmot, potier de terre, demeurant 320, rue Saint-Honoré ; Tortet. Le second certificat était délivré par le docteur Pouget (voir sans doute Pouget, Jean, Joseph, Augustin ?) : « Je, soussigné, docteur médecin de la faculté de Paris, chevalier de la Légion d’honneur, chirurgien-major du 1er bataillon de la IIe légion, certifie que le 24 février dernier à 10 heures du matin, j’ai vu le nommé Mailly, Pierre, Marie, sur le boulevard des Capucines à la hauteur de la rue de la Paix. Ce citoyen, que j’avais vu en 1830 chez mon confrère le docteur Boucher (voir Boucher-Dugua, Nicolas), demeurant alors rue Menars, n° 9, vint à moi, me tendit la main en criant Vive la république ! Je vais, me dit-il, à la place Louis XV et je n’en reviendrai pas sans armes. Deux heures plus tard, en effet, il revint à moi, portant un fusil de munitions et un shako, pris à un des gardes municipaux qui défendaient, me dit-il, le poste de la place à l’entrée des Champs-Elysées. De plus, le même jour, 24 février, à 5 heures du soir, je pansai le même citoyen, d’un coup de baïonnette reçu au front, au moment où il attaquait, avec beaucoup d’autres citoyens, le poste du château d’eau. » Signé le 19 juin 1848 : Pouget. Ce certificat était apostillé par Mallard, pharmacien 35, rue d’Argenteuil, qui ajoutait, le 29 juin 1848 (soit après les événements de juin) : « Je certifie qu’une partie des faits ci-dessus sont à ma connaissance et que depuis la révolution je l’ai toujours vu dans les prises d’armes de la garde nationale. » Hurpin, principal locataire du 2, rue de la Fontaine-Molière ; Lecercle, demeurant 248, rue Saint-Honoré ; Jarlier, demeurant 4, rue des Frondeurs ; Sutte illisible, demeurant 5, rue des Frondeurs ; Colet illisible, demeurant 275, rue Saint-Honoré ou 279, rue Saint-Honoré. Il fut l’objet du rapport suivant de la part d’un enquêteur de la Commission des récompenses nationales : « Je me suis rendu chez le citoyen Pouget, médecin, rue Ventadour, 5, qui m’a affirmé que tous les faits contenus dans le certificat qu’il a délivré au nommé Mailly était vrais, qu’il avait pansé le susnommé d’une blessure qu’il avait au front, blessure légère, insignifiante, dont l’origine ne lui était connue que par les dires de Mailly, qui lui dit avoir reçue à l’attaque du poste du château d’eau. Concernant Boutaric, 17, rue des Moineaux. Ce citoyen m’a rapporté qu’il avait vu Mailly, le 24 février au matin, qui lui demanda où il allait sans armes, à quoi Mailly répondit qu’avant peu il aurait des armes ; qu’environ une heure après, Mailly vint lui frapper sur l’épaule et qu’il était porteur d’un fusil. Augé, 4, rue Fontaine-Molière. Ce citoyen m’a témoigné des mêmes faits. Gomand, 13, rue Jeannisson. Ce citoyen ne s’est pas rappelé du citoyen Mailly ; il était en état d’ivresse et je n’ai pu obtenir que des divagations étrangères à l’affaire. Commarmot, 320, rue Saint-Honoré : ce citoyen a également vu le citoyen Mailly, armé, sans cependant l’avoir vu combattre. Mallard, pharmacien, 35, rue d’Argenteuil. Ce citoyen a vu le citoyen Mailly, armé ; il était dans les rangs de sa compagnie depuis le 24 février, m’a-t-il dit. J’ai toujours vu Mailly dans toutes les prises d’armes de la garde nationale. Il y met même une certaine affectation. Jarlier, rue des Frondeurs, 4. Il a vu Mailly, porteur d’une arme. Lecercle, rue Saint-Honoré, 248, a également vu le citoyen Mailly porteur d’un fusil. Hurpin, 2, rue Fontaine-Molière. Le citoyen Mailly a aussi été vu par lui, porteur d’une arme, paraissant avoir servi. J’ai rapporté fidèlement tous les renseignements que j’ai recueillis. Aucun des citoyens ci-dessus nommés n’ont vu Mailly combattant sur les barricades ; tous étaient dans les rangs de la IIe légion, dont l’attitude a été passive. Le citoyen Mailly m’a été représenté par eux comme un homme courageux et ils ne croient pas qu’il a pris part à la lutte. C’est aussi l’opinion du docteur Pouget, qui n’est pas républicain et qui a rendu hommage au courage de la garde municipale. Comme je ne désirais pas engager une discussion à ce sujet, je me suis retiré. Ce docteur m’a paru doué d’une grande loquacité. » Il reçut deux cent cinquante francs de secours entre juillet et novembre 1848. En 1849, dans « une position très malheureuse », il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : […] Travaille presque toujours avec sa femme, qui est matelassière. Ils n’ont pas d’enfant et sont dans une position assez heureuse. Conduite régulière. » En 1850, « sans ouvrage depuis longtemps », il sollicita de nouveau des secours. En 1855, relevant d’une longue maladie, il sollicita un secours. La police donna alors sur son compte les renseignements suivants : « […] Il est célibataire. Il exerce la profession d’homme de peine, il gagne deux à deux francs cinquante par jour. Il a été malade pendant deux mois, il est bien rétabli. Il ne doit rien à son propriétaire. Il est très peu connu dans son nouveau quartier, où il a resté pendant deux ans. Il passe pour un honnête homme qui ne dérange jamais. » Il était marié, sa femme était matelassière, et il était et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 2, rue Fontaine-Molière en 1848-1850 ; place Maubert (un cabinet garni pour neuf francs par mois) en 1855 ; 5, rue du Mûrier en 1856. Archives nationales F/1dIII/94. Voir sans doute idem que le suivant… pas sûr.