Mairon, Charles

Biographie


Commis voyageur. On trouve dans Croquis historique touchant lépoque actuelle, la mention suivante le concernant : « Le 27, un jeune commis voyageur, Charles Mairon, à défaut d’armes, se présente chargé de pierres, dans la rue Saint-Honoré, occupée par les soldats de la Garde. Indigné de voir couler le sang français, il se précipite sur un sergent, parvient, non sans peine, à le désarmer, et abat à ses pieds quelques-uns de nos indignes adversaires. Peu de temps après, s’étant emparé d’un drapeau, il force quelques prisonniers qu’il avait faits, à le déchirer en criant Vive la Charte ! Vive la Liberté ! Le 28 juillet, il revient à la charge, et plusieurs soldats suisses deviennent ses victimes. Il n’était alors qu’à trente pas de l’infâme Raguse ; il l’ajuste à plusieurs reprises, et c’est à son grand étonnement qu’il résiste à ses coups. Tout porte à croire que le traître était cuirassé. Le 29, cet intrépide jeune homme se dirige vers l’église des Petits-Pères, se met à la tête de quelques braves pour diriger leur noble courage. Un de ses amis tombe à ses côtés, frappé du plomb mortel, en lui disant : Charles, venge moi ! le brave Mairon sent augmenter son ardeur, et son ami est vengé !!! C’est dans ce moment que la nouvelle lui étant parvenue qu’un combat meurtrier s’engageait rue Saint-Honoré, il y porte ses pas. En moins de rien nous perdîmes, sur un seul point, soixante hommes environ. C’est alors que je vis s’avancer par la rue Sainte-Anne, une foule de braves auxquels je criai du milieu du tumulte : Amis, je vais vous indiquer le chemin le plus court pour rejoindre les sicaires à habits rouges. De suite, montant avec moi la rue Neuve-des-Petits-Champs, nous envahissons la rue de Richelieu ; les satellites de la tyrannie fuient devant nous comme de timides agneaux, et sont forcés de chercher un refuge dans certaines maisons de la rue Saint-Honoré, principalement dans celle que tout Paris regarde en passant, faisant le coin de la rue de Rohan. En vain, des logements qui la composent, ils nous lancent une grêle de balles ; notre ardeur, loin de s’abattre, semble au contraire augmenter. Partout on rencontrait Mairon, qui ne perdait pas l’occasion de se signaler. Il entre dans une de ces maisons, tue un Suisse, et passe son épée au travers du corps d’un officier de cette garde. Puis, par une grandeur d’âme qui est si naturelle aux Français, il sauve la vie à un des leurs qui avait refusé de tirer sur le peuple. Je regrette vraiment en cette occasion d’ignorer le nom d’un jeune patriote, qui, le sabre à la main, se précipitait avec fureur sur nos meurtriers. On peut l’égaler en courage, mais il serait impossible de le surpasser. Des actions de ce genre sont à jamais mémorables et couvrent de gloire leurs auteurs. » Croquis historique touchant lépoque actuelle, chez l’auteur, rue de la Paix, n° 13 et chez Dondey-Dupré, Paris, septembre 1830, p. 19-22.

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