Maiseau, Raymond, Balthazard

Biographie


Né le 8 septembre 1802 (sic) à Coulange-la-Vineuse (Yonne). Directeur du Journal du commerce, 10, rue Saint-Marc-Feydeau. Nous empruntons à la Biographie universelle et portative des contemporains la notice biographique consacrée à Maiseau et ainsi rédigée : « Naquit à Coulange-la-Vineuse en 1782. Destiné au barreau par son père, alors administrateur du département de l’Yonne, il quitta cette carrière en 1808, et fut nommé chef des bureaux du commissariat général de police d’Anvers. A l’époque de la première Restauration, il remplissait les fonctions de commissaire général à Flessingue. Pendant les Cent-Jours, il fut nommé chef de bureau à la préfecture de police de Paris. Révoqué à la seconde Restauration, M. Maiseau prit part à la rédaction du Messager des Chambres. L’opposition de ce journal déplut à l’autorité, qui le supprima, au mois de mai 1816. En 1822, M. Maiseau, qui était un des rédacteurs du Journal du commerce, contribua à placer cette feuille, qui se distingue par son patriotisme éclairé, sous le patronage des principales maisons de commerce de la France, et il en fut nommé le directeur. On doit à M. Maiseau les ouvrages suivants : Manuel de la liberté de la presse ou Analyse des discussions législatives sur les trois lois relatives à la presse et aux journaux et écrits périodiques, dédié à M. de Serre, garde des sceaux, 1819 ; Enquête du parlement dAngleterre pour constater les progrès de lindustrie en France et dans les autres pays du continent, traduit de langlais et dédié à la chambre de commerce de Paris, 1825 ; Chefs-dœuvre de Walter Scott ou portraits, tableaux et descriptions historiques tirés des romans de cet auteur, 1825, 4 volumes ; Manipulations chimiques de Faraday, traduites de langlais et revues pour la partie technique par M. Bussy, 2 volumes ; Histoire descriptive de la filature et du tissage du coton, 1827. » Le 1er octobre 1830, il adressa à la Commission des récompenses nationales le récit suivant de sa conduite pendant les journées de Juillet tout en sollicitant la Croix de Juillet : « […] Je ne rappellerai pas que, depuis dix ans, je concourais à provoquer notre glorieuse révolution. A peine les ordonnances du 25 juillet furent-elles connues que nous avisâmes au moyen de publier notre journal malgré l’autorité. Tandis que M. Bert (voir Bert, Pierre, Nicolas), le gérant, obtenait un référé, je m’étais établi à l’imprimerie pour presser la publication, sous les yeux des commissaires et des agents de police. Le 27, notre feuille parut, malgré la destruction des presses. Dès le 27 aussi et au moment des premières fusillades, je créai dans notre maison une ambulance dans laquelle nous comptions, le lendemain, vingt-trois blessés. Je veillai, jour et nuit, à ce que ces braves reçussent tous les soins que leur position exigeait. Trois médecins, appelés par mois, se consacrèrent sans relâche à ce service. Le même jour, 27, ayant appris qu’une foule de citoyens qui combattaient pour la liberté manquaient de vivres et d’argent, j’organisai sur-le-champ une distribution de soupe, de pain, de viande et de vin. Deux cent cinquante rations par jour furent données jusqu’au 31 juillet. Le 28, j’autorisai l’établissement de trois troncs pour les blessés, l’un rue Saint-Marc, le second boulevard Montmartre et le troisième passage Vivienne. Le résultat de ces collectes a donné au-delà de dix mille francs. En même temps, j’appelais d’autres secours en argent, en linge, en charpie et en médicaments. J’ai été assez heureux pour recevoir tous les objets en nature nécessaires à notre ambulance. Ces soins n’ont nui en rien à ce que j’ai donnés à la publication de deux ou trois éditions du journal pendant la grande semaine. J’ai cru devoir adresser dans le journal du 7 août des remerciements publics à ceux dont le patriotisme avait si bien secondé mon zèle. […]. Si vous jugez que ce que j’ai fait puisse me mériter la décoration que j’ambitionne, je serais doublement heureux d’avoir rempli un devoir cher et sacré ; si vous ne le croyez pas, je me féliciterai encore de ce qu’il existe une foule de citoyens meilleurs que moi. » Il joignait à sa demande deux certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, docteurs en médecine, attestons que sur invitation de M. Maiseau, directeur du Journal du commerce, qui avait établi une ambulance dans l’hôtel occupé par le journal, nous avons donné nos soins aux blessés qui ont été recueillis dans les journées de juillet, jusqu’au nombre de vingt-trois ; que M. Maiseau a constamment pourvu à ce que cette ambulance, qui a subsisté près d’un mois, fût pourvue de tous les objets nécessaires et à tel point que des citoyens atteints de blessures graves n’ont pas voulu la quitter jusqu’à leur rétablissement. » Signé, le 2 octobre 1830 : Dubourg (voir ce nom), médecin, demeurant 4, rue Neuve-Saint-Marc ; Sardaillon, Louis (voir ce nom), médecin, demeurant 1, rue Marivaux ; Latapie (voir ce nom), médecin, demeurant 13, rue de la Michodière. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, propriétaires de l’hôtel de Montmorency, rue Saint-Marc, n° 10 et habitants du quartier, attestant que M. Maiseau, directeur du Journal du commerce, a organisé, le 27 juillet, avec l’autorisation de moi, propriétaire, une ambulance dans une partie de l’hôtel ; que cette ambulance a compté jusqu’à vingt-trois blessés, dont quelques-uns sont restés plus de trois semaines, qu’il a pourvu, avec notre concours, à faire arriver tous les objets dont il était besoin, que pendant les journées de Juillet, M. Maiseau a fait faire des distributions de pain, de soupe, de viande et de vin aux citoyens qui combattaient pour la liberté ; qu’enfin il a autorisé l’établissement de plusieurs troncs dont quelques-uns de nous ont eu la surveillance et que les collectes qui y ont été recueillies se sont élevées à près de dix mille francs, qui ont été versés entre les mains dudit M. Maiseau, qui en a publié le montant dans le Journal du commerce. » Signé le 1er octobre 1830 : Thayer, James ; Vervelle ; Bulard ; Baudoni ; Akermann ; Housset ; Guillemé ou Guillemin. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet (sous le nom de Maiseaux, Raimond, Balthasar sur les listes du Moniteur universel). En 1831, il était indiqué comme directeur des Postes de Paris. Il sollicita la décoration de la Légion d’honneur. En 1836, sa cousine germaine, Maiseau, Alexandrine, Félicité, sollicita que son mariage fût doté par la Ville de Paris, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; elle devait épouser Renard, Joseph (voir ce nom), décoré de la médaille de Juillet. En 1836, il était directeur du bureau de postes de la rue des Fossés-Saint-Victor et, selon une note de la mairie, devait « sa place à M. Casimir Perier, à raison du patriotisme dont il faisait profession ». En 1840, il écrivait au roi : « Précipité dans un abîme de malheurs, dont une publication (le Répertoire du commerce et de la navigation) dédiée et présentée à Votre Majesté, a été la source, je suis arrivé à un état de détresse presque impossible à décrire. Une dernière maladie m’a enlevé les dernières ressources que je tenais de mes travaux dans les journaux. » Dans sa demande de secours, il rappelait ainsi sa participation aux trois journées : « A l’époque des trois journées, j’étais directeur du Journal du commerce, […] pendant trente heures, ma vie n’a tenu à rien, […] j’ai nourri mille combattants par jour, […] j’ai ouvert aux blessés une ambulance, dans laquelle j’en ai reçus et fait traiter plus de cinquante, […] j’ai recueilli et fait verser plus de douze mille francs de dons volontaires. » Il était, en 1840, père de trois enfants à charge. En 1842, toujours atteint de la même maladie et toujours dans la même misère, il précisait : « Je viens d’être appelé à diriger en partie le Lloyd français, journal commercial. […] Réfugié aux Batignolles depuis plus de dix mois, je ne puis plus en sortir sans avoir acquitté le peu de dettes que j’ai été forcé de contracter ni me présenter à mon nouveau poste dans l’horrible dénuement où je suis tombé. » Les renseignements recueillis sur son compte le présentaient comme très bien représenté et favorable au régime de Louis-Philippe. Il reçut deux cents francs de secours en 1840, cent cinquante francs en 1842. Il mourut le 17 janvier 1843. Sa veuve, restée seule, sans ressources, chargée d’une petite fille de treize ans sollicita elle aussi un secours parce que, écrivait-elle, « obligée de se réfugier à Alger, près d’un fils dont le modeste traitement ne peut suffire à soutenir le lourd fardeau que je lui ai imposé ». Elle reçut cent francs en 1843. Maiseau fut aussi le rédacteur en chef du Courrier du Havre et l’auteur de plusieurs ouvrages qui traitaient du commerce. Il demeurait rue Bergère à l’hôtel des Postes en 1831 ; 30, rue des Martyrs en 1840 ; 32, rue de la Paix aux Batignolles en 1842 ; sa veuve, 15, rue de l’Hydre à Alger en 1844. Biographie universelle et portative des contemporains ou dictionnaire historique des hommes vivants et des hommes morts depuis 1788 jusquà nos jours, tome troisième, Paris, 1836, p. 409 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives de Paris VI1 1, mariages de Juillet 1836 (dossier Renard, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 21 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIV/M/2 Récompenses honorifiques. Il nest pas dans la base Leonore de la Légion dhonneur.

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