Malabre, Charles, Adolphe, Louis
Biographie
Né le 12 mai 1810 (bien le 12 mai 1810 dans son acte de naissance, mais le 19 mai 1810 dans son acte de baptême) à Fontainebleau (Seine-et-Marne), fils de Malabre, Charles, receveur des droits d’octroi et domicilié à la barrière de la Fourche à Fontainebleau, et de Louvet, Marie, Madeleine, son épouse. Garçon épicier chez Chevre ou Chevrel, 7, rue de Richelieu. Il prit les armes dès le 27 juillet et fut gravement blessé d’un coup de feu dans la poitrine le 29 vers 13 heures dans la rue de Richelieu ; il mourut une heure plus tard. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Le 31 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement (sic), comparurent : Maubuisson, Marie, Antoine, limonadier, demeurant 6, rue de Richelieu ; Roujol, Alexandre, François, ferblantier, demeurant 5, rue de Richelieu ; Jeanrenaud, Henry, Louis, bijoutier, demeurant 7, rue de Richelieu. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Malabre, Charles, Adolphe, Louis et « savoir qu’il a été atteint d’une balle dans la poitrine le jeudi 29 juillet à 1 heure de relevée, rue de Richelieu […] et qu’il est décédé ledit jour à 2 heures de relevée ». Il laissait ses parents, Malabre, Charles né (sous le nom de Mallabre, Charles dans son acte de naissance) le 23 novembre 1773 (bien le 23 novembre 1773 dans son acte de naissance et dans son acte de mariage ; mais le 24 novembre 1773 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet) à Courtomer (Seine-et-Marne) et Louvet, Marie, Madeleine née le 3 juillet 1784 (bien née le 3 juillet 1784 dans son acte de baptême et dans son acte de mariage ; mais le 4 juillet 1784 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet) à Chailly-en-Biere (Seine-et-Marne), qui reçurent quelques secours auprès de la mairie, le 3 août et le 2 septembre 1830. Malabre, Charles donnait, dans une de ses lettres adressées à la Commission des récompenses nationales, les indications biographiques suivantes le concernant : « […] D’abord soldat et caporal à la 4e compagnie du 1er bataillon de la 49e demi-brigade, je dus abandonner le service actif par suite d’un coup de feu dans la jambe droite, qui m’ôte la possibilité de la fléchir et de l’étendre [réformé le 4 brumaire an X, N.D.A.]. Employé ensuite aux droits de passe, sur les grandes routes de l’arrondissement de Meaux jusqu’au 22 septembre 1806. Puis employé dans les octrois de Fontainebleau jusqu’au 6 juillet 1813. Ensuite percepteur à vie de la commune de Meaux en Brie jusqu’au 28 octobre 1824, place que je n’ai perdue qu’à cause du changement de ministère. Cette suite non interrompue de trente-six ans de service, etc. » Malabre, Charles présenta un certificat médical attestant qu’il était affecté d’une « hernie inguinale entéro-épiplocèle droite, descendue dans le scrotum, presque irréductible et qu’il est impossible de contenir à l’aide d’un bandage ; hernie qui ne permet pas au malade de se livrer au moindre exercice et dont la réduction ne peut être essayée sans déterminer de vives douleurs » ; d’un ancien coup de feu à la partie antérieure et un peu externe de la jambe droite, parfaitement guérie mais ayant laissé beaucoup de faiblesse dans le membre ; de douleurs arthritiques dans la jambe et dans le pied gauche, avec ulcérations et parfois suintements puriforme abondant. Le 26 mai 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Vauquelin, Isidore, François, marchand boucher, demeurant 51, rue du Bac ; Rabuteau, Pierre, marchand boulanger, demeurant 70, rue du Bac. Ils attestèrent que Malabre, Charles, porteur de contraintes et Louvet, Marie, Madeleine étaient « dans un état nécessiteux et que la gêne de ce ménage s’accroît de plus en plus depuis la perte du jeune Charles Malabre, leur fils, mort glorieusement pour la cause nationale le 29 juillet ». Les parents furent pensionnés de deux cents francs (sous le nom des époux Mallabre, Louis sur les listes du Moniteur universel) et à qui fut accordée, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 1er juin 1812 à Fontainebleau ; sur l’acte de mariage, Malabre, Charles est indiqué comme ancien employé de l’octroi de cette ville, né le 23 novembre 1773 à Courtomer (Seine-et-Marne), fils de feu Malabre, Louis, fermier à l’étant d’Arcy, décédé le 25 mai 1789 à Courtomer, et de feue Roger, Marguerite, décédée le 8 septembre 1811 à Courtomer ; Louvet, Marie, Madeleine est indiquée comme née le 3 juillet 1784 à Chailly (Seine-et-Marne), fille de feu Louvet, Pierre, François, charretier, décédé le 23 avril 1808 à Anvers, et de Maulard, Marie-Madeleine. En 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize jeunes filles (une par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), filles de combattants soit de juillet 1830 soit de juin 1832, devaient être dotées de trois mille francs pour pouvoir se marier. Le père, désormais veuf et lui-même se disant à quelques mois de mourir du fait d’une maladie qui l’atteignait depuis huit mois, posa la candidature de sa fille, âgée de dix-huit ans, sans fortune et sans appui pour être choisie ; sa candidature, si elle fut posée, ne fut pas en tout cas celle retenue. Le nom de Mallabre (C.-A.-L. Mallabre vérifier sur la colonne ce qui est inscrit) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Malabre, Charles, Adolphe, Louis demeurait 7, rue de Richelieu ; ses parents, 53, rue du Bac en 1830-1831 ; le père, 15, passage Sainte-Marie en 1834. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 101 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 (sous les noms de Mallabre, Louis, Marie, et Louvet, Madeleine) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 2 décembre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine (avec l’apostille suivante : « C’est une ascendante ! »), une feuille volante avec la liste des ascendants du Xe arrondissement, idem dossiers individuels, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1834 (le père signe bien Malabre) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Mallabre, Charles, Adolphe, Louis) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, ascendants (sous les noms de Mallabre, Louis, Marie, et Louvet, Madeleine) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83 (sous le nom de Mallabre, Charles, Adolphe, Louis), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.