Mantoux, Etienne

Biographie


Né le 15 (ou 16 in Archives de Paris Vbis7K4 3, récépissé quil signe) avril 1793 à Macon (ou à Laine, Saône-et-Loire, in Archives de Paris Vbis7K4 3, récépissé quil signe) (Saône-et-Loire). Imprimeur-lithographe. Il reçut un secours de dix-huit francs, le 18 février 1831 et un total de trente-six francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En mai 1831, une lettre de la Commission des récompenses nationales à Imbert avertissait ce dernier que Mantou, dont le nom était avancé pour être porté sur les listes de décorés, était « un agent de police ». Imbert répondit que les renseignements que lui avait communiqués le préfet de police étaient « satisfaisants » et que Mantoux avait « travaillé ostensiblement dans le cabinet de M. Baude, auprès duquel il occupait une place honorable ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Son nom est, comme décoré de la Croix de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il y prêta son serment de décoré et reçut sa Croix de Juillet le 1er juillet 1831 et son brevet le 11 juin 1833. Le 17 mai 1834, dans une lettre où il sollicitait la décoration de la Légion d’honneur, il donnait les indications biographiques suivantes : « […] En 1814, secrétaire de M. Bougé, commissaire des guerres attaché à la 2e division du 6e corps commandé par le duc de Raguse, j’ai heureusement ramené un convoi de vivres de Fismes-sur-Reims à travers les plus grands périls. Plusieurs personnes de l’escorte furent tuées. Dans la même année à Belle-Ile-en-Mer, toujours secrétaire du même commissaire des guerres, qui était malade, un bataillon du 36e léger, qui était en garnison, se révolta, s’empara des chasse-marée dans le port de Palais et voulut déserter avec armes et bagages ; j’ai, à la place de M. Bougé, fait les sommations aux révoltés de déposer les armes et de se soumettre. Ils refusèrent. Je fis alors le signal convenu avec M. Vernier, adjudant de place, qui était sur les remparts de la citadelle, le canon tira sur les chasse-marée, les soldats répondirent par un feu qui blessa grièvement deux officiers à mes côtés, un en mourut. M. le maréchal ministre de la Guerre, président du Conseil vint pour ce fait à Belle-Ile, destitua le général commandant et le remplaça par le comte Treillard. Le 28 juillet 1830, à 10 heures du matin, je suis allé chez le maire de mon arrondissement, accompagné des notables de mon quartier l’engager à se mettre à notre tête, à marcher sur la place de l’Hôtel-de-Ville et nous interposer entre les combattants pour faire cesser l’effusion du sang. La Commission des récompenses nationales a eu connaissance de ce fait. En décembre 1830, lors du procès des ministres, sergent-major de ma compagnie, moi 45e, j’ai opposé une vive résistance, couronnée de succès aux factieux. Carrefour de l’Odéon, nous avons eu plusieurs hommes blessés, des fusils et des baïonnettes brisés. Comme imprimeur-lithographe, voici les perfectionnements que j’ai apportés dans mon art. L’application dès 1828 de l’autographie aux listes électorales du département de la Seine, que depuis j’ai toujours exécutées ainsi ; mesure que le ministère de l’Intérieur engage messieurs les préfets à adopter puisqu’elle apporte dans ce travail une immense économie. Le département de la Seine est comparativement celui qui dépense le moins proportionnellement pour ses impressions électorales. L’introduction des pièces cylindriques. Les pierres lithographiques dressées des deux côtés et tirées d’épaisseur. L’encre autographique liquide pur laquelle la Société d’encouragement m’a décerné un prix. L’instruction dans mon art de plus de soixante imprimeurs lithographes maintenant établis dans diverses villes du royaume. La publication d’un traité sur l’art lithographique dont les dernières feuilles sont sous presse. Enfin une fortune indépendante, honorablement acquise par mes travaux dans mon commerce. J’ai mis, cette année, à l’Exposition des produits de l’industrie les batailles d’Alexandrie d’après Lebrun, lithographiées en relief sur pierre ; l’encre autographique liquide, qui a remporté le prix ; des pierres lithographiques françaises qui attestent de mes efforts pour affranchir ma patrie du tribut qu’elle paye à la Bavière. L’examen de ma conscience me dit que beaucoup de ceux qui sont décorés le la Légion d’honneur n’ont pas fait plus d’efforts pour la mériter. » Le 17 juillet 1834, le préfet de la Seine faisait parvenir au ministre de l’Intérieur les renseignement suivants permettant de juger des mérites particuliers de Mantoux à recevoir la décoration de la Légion d’honneur : « […] Après avoir été fort jeune à l’administration publique comme chargé en chef des décomptes des acquéreurs de biens nationaux, M. Mantoux a fait les campagnes de 1813 et 1814 en qualité de secrétaire de M. Bougé, commissaire des guerres, et l’énergie qu’il a déployée en remplissant cette place dans une circonstance difficile lui présageait, dit-on, un avancement rapide, sans la chute du gouvernement impérial. Sous la Restauration, M. Mantoux a été employé à la préfecture de police et jusqu’à la suppression de l’inspection générale, dans les bureaux de M. Foudras, qui rend de lui le meilleur témoignage, puis comme secrétaire intime du préfet, M. Baude, jusqu’au remplacement de ce dernier. A ce moment, M. Mantoux a abandonné l’administration et s’est livré entièrement à l’établissement lithographique qu’il avait créé. Les progrès qu’il a fait faire à cette nouvelle branche des beaux-arts et de l’imprimerie et ses efforts pour utiliser la découverte de pierres lithographiques indigènes lui ont mérité une médaille d’or de première classe de la part de la Société d’encouragement et tout récemment deux médailles de bronze à l’exposition de 1834 ; l’une comme arts chimiques pour l’amélioration des encres lithographiques et l’autre comme beaux-arts pour ses procédés de lithographie et d’autographie. J’ajouterai que M. Mantoux est chargé depuis 1828 de l’impression lithographique des listes électorales du département de la Seine et que mon administration n’a qu’à se louer du zèle, de l’activité et de l’économie qu’il a toujours apportés dans ce long travail ; il s’est en outre rendu depuis quelque temps adjudicataire de la perception des droits des indigents sur les spectacles. Enfin, à ces titres, M. Mantoux réunit celui de décoré de Juillet et on le signale comme ayant des opinions sages et modérées et comme étant entièrement dévoué au gouvernement. » Une note, établie après le rapport du préfet de la Seine, précisait que, depuis, Mantoux avait ajouté un nouveau titre à sa demande de décoration : il avait inventé et communiqué à la Banque de France « un procédé qui rend impossible le décalque des billets, secret important et que l’on cherchait inutilement depuis plusieurs années. Le roi a bien voulu promettre que si une ordonnance individuelle pour M. Mantoux lui était présentée il la signerait aussitôt ». Mantoux fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 26 juin 1835. Il demeurait 1, rue du Paon en 1830-1831. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement, liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet (sous le nom de Montoux, Etienne mais aussi sous le nom de Mantoux, Etienne, faire le changement ?) ; Archives nationales F/1dIII/65; Archives nationales F/1dIV/M/2 Récompenses honorifiques. Il y a dans Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Fernique, Charles, Antoine, un Mantoux, qui signe, comme témoin oculaire, le certificat suivant en faveur de Fernique, Charles, Antoine : « Nous, soussignés, certifions comme étant à notre parfaite connaissance que le nommé Fernique, Charles, Antoine, ouvrier imprimeur-lithographe, âgé de seize ans et demi, demeurant rue des Poitevins, n° 7, a, le 29 juillet dernier, dans la matinée, été lun des premiers [partis] chercher des chevaux au manège du Luxembourg pour conduire la pièce de canon qui se trouvait sur la place de lOdéon, que de là il sest transporté au pont des Arts et quil y est resté, malgré la fusillade, jusquà la prise du Louvre, à laquelle il a coopéré avec le plus grand courage, encourageant par son exemple les assaillants à le suivre sous le feu meurtrier des assiégés ; quenfin, après la prise du Louvre, il sest joint, le 31, aux patriotes qui se rendaient à Saint-Cloud. Les soussignés font la présente déclaration dans lespoir et la confiance que la Commission des récompenses nationales voudra bien décerner à la valeur et aux services du jeune Fernique pendant les mémorables journées du 29 juillet, le prix quils ont mérité, prix quil na négligé de demander que par un excès de modestie, qui lui disait quil navait fait que remplir un devoir de citoyen. » Il nest pas dans la base Leonore de la Légion dhonneur.

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