Marchaux, Charles

Biographie


Né vers 1774 (mais le 2 février 1783 in Archives nationales F/1dIII/39 ; vers 1782 in Archives de Paris VK3 24 dans le registre quil signe ; le 5 février 1783 deux fois in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main) à Orléans (Loiret). Ancien soldat de l’Empire depuis 1803, ayant servi dans la Garde impériale, au 2e régiment de lanciers en 1808, postillon durant onze années à la maison de l’Empereur, place obtenue sur recommandation du général Colbet, général des lanciers, puis blessé dans les derrières de l’armée et fait prisonnier. Cocher. Il adressa, en septembre 1830, à la Commission des récompenses nationales un certificat qui attestait sa participation aux combats de juillet 1830, précisant : « Il est bien loin de solliciter un prix à son dévouement, il vient seulement réclamer l’honneur d’obtenir une des médailles qui, du vœu de la Nation, seront frappées pour immortaliser cette belle époque de notre régénération. Peu fortuné, ne vivant que du fruit de son industrie et de son travail, étant père d’une nombreuse famille dont font partie trois filles encore en bas âge, une de six, une de huit et une de treize, toute son ambition serait de leur donner une bonne éducation et il se trouverait très heureux d’obtenir du gouvernement du roi des Français la faveur de faire admettre une de ses filles dans une des maisons d’éducation dans lesquelles sont reçus les enfants des braves. » Le certificat était ainsi établi : « Nous, soussignés, tous citoyens habitants de Paris, certifions que dans les mémorables journées de juillet 1830, le sieur Marcheaux (sic), cocher, ancien militaire de la vieille armée, domicilié aussi à Paris, rue de la Ferme-des-Mathurins, n° 56, s’est conduit comme un brave et loyal Français et qu’il s’est distingué dans les journées des 27, 28, 29 et 30, en différentes occasions et notamment : 1°) En coopérant à la confection des barricades et plus particulièrement à celles élevées sur le boulevard des Capucines près le ministère des Affaires étrangères. (« quil sest ensuite porté aux Petits-Pères pour avoir des armes, quil avait appris quon y distribuait mais quil ne put en obtenir, la distribution étant terminée », est-il précisé dans une autre version du certificat) 2°) Qu’il a fait partie d’une réunion de neuf citoyens qui, s’étant portés vers la rue de Richelieu, au passage Beaujolais, ont fait mettre bas les armes à vingt et un Suisses de la garde, les ont désarmés et les ont conduits dans la maison n° 47 bis, rue de Richelieu, où les locataires ont enfermé ces soldats dans une remise pour empêcher leur massacre et où ils ont été pourvus de vivres ; un seul a péri : en voulant se sauver, il a été atteint d’une balle et est allé tomber auprès de la fontaine qui est au coin de la rue Traversière (Traversière-Saint-Honoré, N.D.A.). 3°) Le sieur Marcheaux, avec ses huit compagnons, est allé ensuite prendre position à la colonnade du Théâtre-Français, où il resta plus de deux heures à tirer sur la maison du chapelier, rue Saint-Honoré au coin de celle de Rohan, pour débusquer les gardes qui y étaient et faisaient encore feu sur le peuple (« avec De Girardin [cest lequel ?], qui comme eux tirait pour déloger ces vils gardes », est-il précisé dans une autre version du certificat). Là, est tombé, percé de balles, une connaissance du sieur Marcheaux, qui le prit sur ses épaules et, sous le feu des maisons vis-à-vis le transporta dans le bureau de loterie situé rue Saint-Honoré vis-à-vis le magasin à l’enseigne de Jeanne-d’Arc. 4°) En sortant du bureau de loterie, le sieur Marcheaux, pour se mettre à l’abri des balles qui pleuvaient dans la rue Saint-Honoré, passa rue de Valois et, en y entrant, vit tomber un de ses amis, le nommé Delille (pas retrouvé), cocher de cabriolet, qui fut atteint d’un coup mortel ; cette victime fut aussi transportée par le sieur Marcheaux sur la table du marchand de vin du coin de la rue de Rohan, où on lui prodigua mais inutilement tous les secours possibles. 5°) De là, le sieur Marcheaux, réuni à ses compagnons d’armes, allèrent par la petite rue Saint-Louis, au Carrousel et s’emparèrent d’une pièce de canon qui défendait la place et la traînèrent jusque dans la rue de Richelieu. 6°) (« Après quoi, à 2 heures environ », est-il précisé dans une autre version du certificat) Tous ces braves retournèrent aux Tuileries et aidèrent à enfoncer les grilles du guichet qui va de la rue de Rivoli dans la cour du château, où, à peine entré le sieur Marcheaux transporta dans le vestibule du gouverneur des Tuileries un brave qui était tombé blessé dans la cour. 7°) Il se porta ensuite avec les autres vers le corps de garde des Suisses, dont ils se sont emparé ainsi que des pièces de vin, de rhum et de tout ce qui s’y trouvait. 8°) Alors, ils retournèrent tous ensemble chez le chapelier de la rue Saint-Honoré et enfoncèrent les portes de la boutique puis ont délogé les gardes royaux qui s’y trouvaient encore et continuaient à tirer sur le peuple. 9°) Enfin, le sieur Marcheaux a employé le reste de la mémorable journée du 30 à transporter les malheureux blessés et à les déposer dans les remises des diligences de Courbevoie situées près le Carrousel. » Signé le 25 août 1830 : Millot, Aimé, demeurant 221, rue Saint-Honoré chez M. André Bourgeard illisible ; Bellancourt, lieutenant-colonel en retraite, demeurant 56, rue de la Ferme-des-Mathurins ; Landon ou Landeau, receveur de la loterie, demeurant 216, rue Saint-Honoré ; Winkelmans, demeurant 10, rue Saint-Marc. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut sa médaille le 8 juillet 1831, et son brevet le 29 août de la même année (sous le nom de Marcheaux, Charles mais sa signature est illisible Marchaux ou Marcheaux ?). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut, comme décoré de Juillet, une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1835, père de quatre enfants, il sollicita que le mariage de sa fille, Laurence, Louise, alors âgée de dix-huit ans, couturière, fût doté par la Ville de Paris, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. La mairie donna les renseignements suivants : « M. Marcheaux, décoré de la médaille, désire un époux pour sa fille ; il avait jeté les yeux sur un nommé Duteil, veuf de Mlle Liard, mariée de Juillet en 1833, mais nous avons pensé qu’il serait inconvenant que le même individu profitât deux fois d’un pareil avantage. » Marchaux reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. En février 1837, de nouveau, il sollicita que le mariage de sa fille, Laurence, Louise, fût doté par la Ville de Paris, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il adressa la lettre suivante au maire de son arrondissement : « […] Agé de cinquante et un ans, j’habite le quartier depuis vingt-huit. Je fus blessé sous les drapeaux, en défendant ma patrie et, en juillet 1830, où je combattis pour l’ordre public et la liberté, de nouvelles blessures furent récompensées par la décoration de Juillet. De deux frères, l’un est mort sur le champ de bataille, l’autre est mutilé par de nombreuses blessures. Je terminerai, monsieur le maire, en vous disant que le jeune homme qui recherche ma fille en mariage est un brigadier de la garde municipale, nommé Boyer, Victor, Jean, ancien maréchal des logis aux hussards de Chartres et qui, dans les circonstances malheureuses où nous nous sommes trouvés depuis 1830, a donné au gouvernement, et par conséquent au pays, de vaillantes et nombreuses preuves de dévouement, qui peuvent être attestées par le colonel commandant le corps honorable dont il fait partie […]. » La demande de Marchaux était apostillée par Crignon de Montigny, député du Loiret, et par Bellancourt, lieutenant-colonel en retraite, officier de la Légion d’honneur. Boyer était le fils d’un ancien militaire ; il était ancien brigadier au 1er régiment de hussards, que commandait alors le duc d’Orléans, fils du roi Louis-Philippe, et auquel il avait donné des leçons d’armes, et maintenant maréchal des logis dans la garde municipale de Paris ; les renseignements le présentaient comme bon militaire, aimé de tous ses chefs, dont il avait les certificats les plus flatteurs. En 1839, Marchaux, père de quatre enfants, n’ayant presque pas travaillé depuis deux ans, sollicita des secours. Il avait travaillé chez les ducs de Noailles et de Mortemart, mais ceux-ci l’avaient congédié quand ils avaient appris qu’il était décoré de Juillet. Il se trouvait dorénavant chez le maréchal Gérard, mais avait contracté de nombreuses dettes pendant toute sa période de chômage. Le préfet de police donna, cette année, les renseignements suivants sur son compte : « Père de quatre enfants, de onze à dix-neuf ans, dont l’aîné est ouvrier ébéniste. Il est employé comme cocher dans une maison bourgeoise rue Neuve-Saint-Augustin, n° 59 ; il gagne six cents francs par an et la nourriture. Sa femme tient depuis huit ans des chambres meublées rue Neuve-des-Mathurins, n° 56. La position de cette famille pourrait n’être pas malheureuse mais le sieur Marchaux passe pour avoir beaucoup de dettes. Du reste, il est connu dans son voisinage sous des rapports favorables. » Il toucha, cette année, un secours de cinquante francs. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1839 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il reçut un secours de quarante en 1840. En 1840, pressenti pour recevoir, comme décoré de Juillet, une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, il est indiqué sur les listes de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comme ayant quitté son emploi chez le maréchal Gerard et comme ayant son nouveau domicile inconnu. En 1841, il était de nouveau au chômage, suite à une réforme du maréchal Gérard dans ses équipages et toucha un secours de cinquante francs. En 1843, le cabinet du préfet de police, recueillant sur son compte des renseignements « très avantageux », le disait menant « une vie régulière mais ne trouvant pas toujours de travail à cause de son âge » et « souvent dans une position peu aisée » ; un secours de quarante francs lui fut accordé. En 1844, les mêmes sources le disaient cocher dans une maison bourgeoise d’Orléans et touchant des gages suffisamment élevés pour le « mettre à l’abri du besoin ». En 1848, il prétendit avoir participé à la révolution de Février, déposa un dossier devant la nouvelle Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février et sollicita une place dans les travaux qui devaient s’exécuter dans sa ville natale. En 1849, dans une lettre de sollicitation qu’il écrivit au prince-président, il rappelait ainsi diverses circonstances de sa vie : « J’étais de service au moment où Sa Majesté la reine Hortense a été blessée et la dame de compagnie tuée au moulin de la Briche près de Saint-Denis dont le monument est à Saint-Leu, votre ancien château. Toutes les fois que j’allais à Saint-Leu j’allais voir le monument. J’étais encore de service à Fontainebleau le jour de votre baptême. Dans les Cent-Jours, je suis rentré dans la place que j’occupais habituellement, que j’ai perdue au départ de Malmaison pour Sainte-Hélène. J’ai assisté à toutes les révolutions depuis cette époque et qui pouvaient nous faire espérer de voir un [membre de la famille de l’Empereur, N.D.A] à la tête du pouvoir. J’ai été décoré et blessé aux journées de Juillet et les 5 et 6 juin […]. J’ai été fait prisonnier devant Saint-Merri et je n’ai dû ma liberté qu’au général Piquet, commandant de Charleville, m’ayant connu à la maison de l’Empereur. Enfin j’ai assisté aux affaires des 23 et 24 février 1848 et j’ai été blessé à la barricade de la porte Saint-Denis » En 1849, à titre de médaillé de Juillet, et en 1850, il toucha un secours de cinquante francs. En 1853, dans une nouvelle lettre de sollicitation, il affirmait avoir « rendu de grands services à M. le préfet de police de l’époque (? Sans précision de la date), sous le numéro 265, pour faire reconnaître dans l’ambassade de les motifs de trahison qui existaient alors. » En 1853, le préfet du Loiret précisait sur son compte : « La conduite du sieur Marchaux depuis plus de quinze ans qu’il habite Orléans n’a jamais donné lieu à aucune plainte contre lui. Il paraît ne s’occuper que de l’intérieur de sa maison et des pensionnaires que sa femme reçoit en qualité de sage-femme. Mais le sieur Marchaux n’a jamais fait partie de la garde nationale et en février 1848 il n’a pas quitté Orléans et n’a pu par conséquent être blessé à Paris ; son assertion à cet égard est donc complétement fausse. » Il était marié à Chavereau, Jeanne, sage-femme. En 1850, un de ses fils s’était engagé dans la garde républicaine avec la recommandation de plusieurs généraux. Deux ou trois de ses frères étaient morts au service militaire. Il demeurait 56, rue de la Ferme-des-Mathurins en 1830-1833 ; en hôtel garni 56 bis, rue de la Ferme en 1837 ; 70, rue de Lille en 1839 ; 9, rue Ventadour chez son gendre en 1840 ; 32, rue de l’Arcade, un loyer de soixante-quinze francs par an, de 1839 et 1842 ; à Orléans entre 1842 et 1849 ; 27, rue du Marché-Saint-Honoré en 1848 ; 16, rue Saint-Paul à Orléans en 1849 ; 9, rue Ventadour en 1849 ; à Orléans en 1850 ; 6, rue Muzène à Orléans en 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91, idem liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VI1 1, 1835, mariages de Juillet, liste des personnes présentées par M. le maire du (ancien) Ier arrondissement comme susceptibles d’être admises à jouir des bénéfices de la dotation qui sera faite par l’Etat à l’occasion des fêtes anniversaires des journées de juillet 1830, idem 1837, mariages de Juillet ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet, idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet, idem même référence Etat des décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement et qui sont dans le cas de prendre part à la gratification à l’occasion du neuvième anniversaire de Juillet ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes (sous le nom de Marcheaux, Charles) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Emploi d’une somme de 350 francs, provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de Juillet, exercice 1849, minutes 51-56, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem rapport du 19 août 1850, proposition d’accorder à douze décorés, médaillés, veuves et combattants de juillet 1830, domiciliés dans les départements des secours s’élevant à la somme de 755 francs, minutes 127.

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