Marnet, Louis, Augustin

Biographie


Né le 6 prairial an X à Claye (Seine-et-Marne), fils de Marnet, Jean, et de Vincent, Marie, Marguerite, son épouse. Charcutier. Le 28 juillet vers 14 heures, il n’était armé que d’un fleuret, quand il descendait avec Fossard, Amédée, Cyrille, la rue du Mouton, pour aller sur la place de l’Hôtel de Ville, où l’on se battait. Mais, au débouché de la rue sur cette place, il fut atteint d’une balle au front et tomba mort sur le coup. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 12 octobre 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Fossard, Amédée, Cyrille (voir ce nom), garçon charcutier, demeurant 56, rue de Vaugirard à Vaugirard, chez Marguerit, charcutier et marchand de vin, qui déclara « que le 28 juillet 1830, environ sur les 2 heures après-midi, il rencontra le nommé Louis, Auguste Marnet, au coin de la rue des Coquilles, pendant que l’on se battait sur la place de l’Hôtel de Ville, lequel Marnet n’était armé que d’un fleuret ; qu’ils descendirent ensemble la rue du Mouton pour venir sur la place de l’Hôtel de Ville, mais qu’au débouché de cette rue, sur la place ledit Marnet reçut une balle dans le front et tomba mort sur le coup ; que lui déclarant ne pouvant rester en ce lieu il fut contraint d’abandonner son camarade, qu’il n’a plus revu que le lendemain, 29, parmi sept autres individus qui avaient également péri et qui avaient été placés contre le parapet du quai, là où stationnent les fiacres sur la place de l’Hôtel de Ville ; que ledit Marnet était étendu la face contre terre et qu’il l’a bien reconnu néanmoins au petit bourgeron bleu et à une casquette qu’il lui avait prêtée la veille ». Comparut aussi Vaissière, Nicolas, charcutier, demeurant 106, rue Saint-Antoine, qui déclara « que le 29 juillet 1830 il a reconnu à ses vêtements le nommé Louis, Auguste Marnet, lequel avait reçu un coup de feu dans la figure, la veille ; qu’il était en ce moment avec d’autres cadavres sur la voûte du pont Notre-Dame, où il avait été transporté de la place de l’Hôtel de Ville ». Comparut de même Brière, Jean, propriétaire et logeur, demeurant 29, rue de la Mortellerie, qui déposa que Marnet, Louis, Augustin « logé dans son garni au mois de juillet 1830, garçon charcutier, était sorti le 28 du même mois, disant qu’il allait se battre sur la place de l’Hôtel de Ville ; que n’ayant plus reparu dans son garni depuis ce moment il y avait tout lieu de penser qu’il avait été tué ». Comparut enfin, Mariette, Louis, Jacques, François, marchand de vin et logeur, demeurant aussi 29, rue de la Mortellerie, qui déposa « qu’il a connu le nommé Louis, Auguste Marnet, garçon charcutier qui, en 1830, logeait en garni chez le sieur Brière ; que le 28 juillet de la même année ce jeune homme est sorti de son garni pour aller combattre mais que depuis ce moment il ne l’avait plus revu ; qu’il avait entendu dire que le même Marnet avait été tué sur la place de l’Hôtel de Ville, d’un coup de feu dans la tête ». Le décès de Marnet, Louis, Augustin fut constaté par jugement du 20 octobre 1831. Le frère de Marnet, Antoine, Marcelin, né à Claye, cuisinier, demeurant Hôtel de Grenoble, rue des Quatre-Vents en 1831, sollicita l’inscription du nom de son frère sur les listes du Panthéon (et peut-être une pension, puisque la Commission des récompenses nationales se prononça pour un refus « la loi n’accordant rien aux frères des victimes de Juillet ». Le nom de Marnet (L.-A. Marnet) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Marnet, Louis, Augustin demeurait en garni, 29, rue de la Mortellerie en juillet 1830 ; son frère, 8, rue des Quatre-Vents en 1831. Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Papu, Nicolas, François ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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