Marque, Pierre
Biographie
Né le 20 germinal an XI (le 10 avril 1803) à Saint-Paul (Corrèze), fils de Marque, Bernard et de Marchal, Toinette, son épouse. Couvreur. Il fut blessé d’un coup de feu, qui lui traversa le pied gauche (?) et lui brisa le premier os du métatarse. Il fut soigné pendant deux mois et demi à l’ambulance du Temple puis à la maison de convalescence de Saint-Cloud, du 11 au 24 octobre 1830. Le docteur Lemaistre, Florian (voir ce nom), dans une note envoyée au maire concernant plusieurs blessés qu’il avait soignés depuis le 27 juillet, donnait les renseignements suivants le concernant : « Ouvrier couvreur, garçon, […] couché au n° 2 de l’infirmerie du Temple, a eu le pied droit (sic) traversé par une balle qui est entrée par la plante du pied. Le sieur Marque a été blessé dans la rue Saint-Honoré par un garde royal qui tirait d’une croisée. J’espère le rétablir dans l’espace d’un mois, s’il ne survient pas d’accidents consécutifs. » Le même docteur Lemaistre lui avait délivré, en date du 16 octobre 1830, le certificat suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, chirurgien de l’ambulance du Temple, certifie que le sieur Marque, Pierre, ouvrier couvreur, a eu le pied gauche traversé par une balle et qu’il est encore couché au n° 2 de l’ambulance du Temple. J’atteste en outre que le sieur Marque est dans l’impossibilité de marcher sans béquilles ; qu’il est nécessaire, malgré que ses plaies soient cicatrisées, qu’il conserve le repos encore pendant un mois au moins ; et enfin qu’il ne pourra se livrer sans danger à ses travaux avant deux mois ou environ (l’expérience de cas semblables m’a appris toute la gravité de ce genre de blessure). Puis en date du 27 octobre 1830, le certificat suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie que j’ai soigné pendant deux mois et demi à l’ambulance du Temple le sieur Marque, Pierre, d’une plaie d’arme à feu faite par une balle qui lui a traversé le pied gauche et brisé le premier os du métatarse. J’atteste en outre que par suite de cette blessure il ne peut supporter la marche ni se tenir longtemps debout et que par conséquent il est impropre au service militaire. » Il reçut, par l’intermédiaire de sa mère, un secours de cinquante francs en août et un autre de la même somme en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Sachant lire et écrire, il sollicita un emploi dans l’administration des eaux de la capitale. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 19 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au pied gauche, de la partie postérieure de son bord interne à un pouce au-dessous de la malléole vers son bord externe, après avoir traversé les chairs seulement ; guérie mais avec quelques difficultés dans les mouvements. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1846, une attaque d’apoplexie, avec paralysie du côté droit et qui « a compromis gravement sa vie » selon le même docteur Lemaistre qui l’avait soigné en 1830, l’obligea à aller prendre les eaux à Chaudes-Aigues (Cantal). En 1849, marchand ou fabricant de parapluies, les « circonstances actuelles, qui sont si fatales au commerce et à l’industrie », le contraignaient à solliciter un secours. La police donna alors sur son compte les renseignements suivants : « Marié, père d’un enfant, […] est un homme actif, laborieux, fort bien représenté sous tous les rapports. Bonne conduite et moralité. Position gênée. » Il reçut un secours de cinquante francs, à tire de combattant de Juillet. En 1850, il se plaignait d’être « littéralement infirme » et sollicitait un nouveau secours. La même administration précisa à son sujet : « Cet individu est bien famé sous tous les rapports et se trouve dans une position au-dessus du besoin. » Il demeurait 15, rue du Petit-Champ-Saint-Martin et par erreur sur les listes du Constitutionnel en août 1830 ; 4, rue des Petits-Champs-Saint-Martin en 1830-1831 ; 9, carrefour de l’Odéon de 1843 à 1850. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 36 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 40 ; Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Il reçut, à titre de blessé, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du VIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 78 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Note exposant les noms des blessés soignés par le docteur Lemaistre, Florian, depuis le 27 juillet 1830 (24 blessés) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 14-15 état des blessés indemnitaires et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 2e classe 2e catégorie ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109.