Marquet, Jean, Marie

Biographie


Né vers 1779 à Versailles (Yvelines). Ancien sous-officier selon Le Constitutionnel et l’Histoire de la révolution de Fayot, devenu filateur d’un établissement considérable mais dont les affaires étaient en mauvais état selon l’appréciation de la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet in Archives nationales F 15 2553 et de la mairie in Archives de Paris VD3 1-2. Il fut tué, le 28 juillet d’un coup de feu reçu dans le ventre, rue de Berry dans le Marais, « où il avait été pour affaires » selon une note de la mairie in Archives de Paris VD3 1-2. Dans une lettre manuscrite, conservée in Archives de Paris 6AZ 3 (dossier 112), un témoin des combats de Juillet rapporte, sans que ni le destinataire ni l’expéditeur de cette lettre nous soient connus : « [Le 29 juillet] On dit que Marquet, qui nous a volé trois ballots (illisible) de coton, a été tué dans une tournée qu’il s’avisa de faire hier dans son cabriolet. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 5 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Polinot, François, Marie (voir ce nom), fabricant de cachemires, demeurant 41, rue de la Roquette ; Mandille, Nicolas, Claude, fruitier, demeurant 46, rue de la Roquette ; Mariotte, Antoine, Ambroise, modeleur, demeurant 41, rue de la Roquette. Ils attestèrent savoir que Marquet, Jean, Marie avait « été tué le 28 juillet 1830 rue de Berry au Marais » Il laissait une veuve Denis, Marie, Adelaïde, née le 12 juin 1785 à Versailles (Yvelines), fille de Denis, Jean-Pierre, marchand boucher ordinaire de la maison du roi, et de Lebeuf, Marie, Victoire, Adélaïde, son épouse. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; trois enfants, tous nés à Paris qui furent pensionnés, Louis, Marie, Léon, le 27 décembre 1814, Jean, Joseph, Eugène, le 14 décembre 1816, Achille, Joseph, le 5 janvier 1828 (par erreur parfois le 4 janvier 1828 ; par erreur le 5 janvier 1818 in Archives nationales F/1dIII/38 B). Les trois reçurent par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Mouret, Claude, maçon, subrogé-tuteur, demeurant 18, rue de Rivoli en 1831. En 1832, le dossier de Louis, Marie, Léon – dont ses professeurs disaient qu’il mettait beaucoup de zèle dans ses études et avait des « manières aisées » et une « éducation distinguée » – était annoté dans le bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet, de la manière suivante : « Ce jeune homme a terminé son année classique de la manière la plus satisfaisante ; il a obtenu deux nominations au concours général et quatre au collège Charlemagne ; de plus, il est reçu bachelier ès lettres, ce qu’il n’a pu obtenir qu’avec son travail ; son professeur n’en a fait on ne peut plus d’éloges. » Il entra dans une étude d’avoué de la rue de Gramont. En 1832, Jean, Joseph, Eugène était élève au collège Charlemagne et, selon une note du même bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet, était intelligent et témoignait de « bonnes qualités » et de « beaucoup de goût pour les sciences naturelles », avant d’ajouter qu’il était « un excellent sujet » « d’un caractère doux et bien élevé ». La même Commission ajoutait qu’on pouvait se fier « aux soins et à la tendresse de la mère ». En 1834, Jean, Joseph, Eugène reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau. La somme avait sans doute était d’abord refusée puisqu’elle fit l’objet du courrier suivant, en date du 24 juillet 1834, entre le préfet de la Seine et le ministre de l’Intérieur : « Monsieur le ministre, j’ai communiqué à M. le maire du (ancien) VIIIe arrondissement les motifs qui paraissent s’opposer à l’allocation d’une somme de trois cents francs pour indemnité de frais de trousseau au jeune Marquet, Jean, Joseph, Eugène, orphelin de Juillet. M. le maire me prie de vous soumettre les observations suivantes. Mme veuve Marquet se trouve dans une situation extrêmement gênée et d’autant plus pénible qu’elle a joui, il y a peu d’années, d’une fortune assez considérable, que son mari a perdue dans une exploitation industrielle. Elle destine ses deux fils à la carrière du barreau et s’impose les plus grands sacrifices pour y parvenir. Cette dame n’a point réclamé d’indemnités de trousseau pour son fils Louis, Marie, Léon, qui a atteint sa dix-huitième année le 17 décembre 1832 et M. le maire pense que cette faveur lui est justement acquise pour son second fils, qui reçoit son éducation chez sa mère et suit les cours du collège Charlemagne avec l’agrément de la commission municipale du (ancien) VIIIe arrondissement. Mme Marquet, tout en conservant son fils chez elle, dépense néanmoins, pour lui, en frais de maîtres ou répétiteurs, le montant intégral de la pension de sept cents francs accordée par l’Etat et M. le maire espérait qu’il serait possible de ne point appliquer le principe dans toute sa rigueur à Mme Marquet, dont la position est plus malheureuse que si son fils se trouvait placé à demeure dans un établissement d’instruction puisque son éducation absorbant la totalité de la pension, les frais d’entretien et de nourriture restent encore à sa charge. Je me rends, monsieur le ministre, l’interprète de la demande du maire, dans la pensée que les considérations qu’il évoque pourront peut-être faire fléchir le principe. » Achille, Joseph fut pensionné de sept cents francs en 1835, année où il atteignait ses huit ans ; en 1835-1836, il était externe dans une pension. Marquet, Jean, Marie demeurait 70, rue de la Roquette, appartement nord ; sa veuve à la même adresse jusqu’en 1834. Le Constitutionnel, 3 août 1830 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 111 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 291 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 90 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 137-138 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans (seuls les deux derniers enfants apparaissent sur les listes), Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 43, p. 104 pour les enfants ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 104 ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris 6AZ 3 (dossier 112) ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées, idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de veuves), idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste d’orphelins) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 36-37 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) VIIIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, VIIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 VIIIe arrondissement ; année 1839 VIIIe arrondissement); Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Aubry; Archives nationales F/1dIII/52 in dossier Delamotte; Archives nationales F/1dIII/65; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F 15 2553 orphelins de Juillet, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, dont lettre en date du 24 juillet 1834 et aussi un état officiel des orphelins (ancien VIIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Un instant ...

Serveur occupé, tentative de reconnexion dans secondes.

Veuillez recharger la page.

Session mise en pause par le serveur.

Veuillez recharger la page.