Marteau, Pierre

Biographie


Né le 23 février 1779 à Villeneuve-l’Archevêque (Yonne). Ancien hussard au 9e régiment. Ouvrier en cuivre. Il sortit de chez lui en armes et en uniforme de garde national, le 28 juillet et concourut au désarmement de la caserne de la rue Popincourt, qui lui permit d’obtenir des cartouches en nombre suffisant. Le 29, il était présent à la place des Victoires, au Louvre, aux Tuileries, au Palais-Royal, aux fusillades de la rue de Richelieu, où il fut contraint de se réfugier sous la colonnade du Théâtre Français. En 1832, après qu’il eut retrouvé Louis Tremblez, qui témoigna de sa présence dans les fusillades de la rue de Richelieu, il communiqua ses pièces à la Commission des réclamants, la croyant légale ; en juillet 1832, il sollicitait infructueusement la Croix de Juillet auprès du roi et écrivait que suite à la perquisition des locaux de la Société des réclamants de Juillet, qui avait été faite par la police, ses pièces – dont le témoignage de Tremblez – lui avaient été remises. Dans le dossier qu’il avait déposé à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, il avait joint plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le sieur Marteau est un des patriotes qui le 29 au matin se trouva au rendez-vous d’honneur place des Victoires, d’où nous partîmes pour nous transporter au Louvre et de là au château des Tuileries et en sortant par le guichet donnant rue de Rivoli là nous apprîmes par des bourgeois que la garde royale tenait encore au Palais-Royal. Nous nous sommes transportés par la rue de Chartres. Nous gagnâmes le long du trottoir pour entrer rue Fromenteau et, revenus rue du Chantre, donnant rue Saint-Honoré, où dans cette position nous commençâmes à faire feu sur la garde royale réfugiée dans la première illisible du palais. Quelques instants après les gardes royaux se sont enfuis en traversant la place pour gagner la rue de Chartres, ce qui nous donna la possibilité de traverser la place pour gagner le café de la Régence. Là, nous dirigeâmes notre feu sur les artilleurs qui servaient une pièce rue Saint-Honoré au bas de celle du Rempart et là nous cherchâmes à arriver rue de Richelieu mais une forte fusillade nous fit tomber beaucoup de nos frères d’armes et nous contraignit au coin de la rue de Richelieu de nous éparer. Je pensais que le sieur Marteau fut tué mais il eut le bonheur de gagner la colonnade du Théâtre-Français. Ma surprise fut bien grande, le 29 juillet dernier, de rencontrer ce brave patriote dans les rangs de la garde nationale, jour de la grande revue du roi, anniversaire des mémorables journées, et je peux attester que sans notre séparation il aurait contribué à la prise de la pièce de canon que j’ai enlevée et dont je suis honorablement récompensé par la Croix de Juillet. C’est ainsi que j’ose penser que si la Commission eût eu connaissance plut tôt de la conduite du sieur Marteau elle aurait également dans sa justice accordé à ce brave patriote la même décoration, c’est-à-dire la Croix de Juillet. C’est avec satisfaction que je me plais à rendre hommage à la vérité et que je crois sur l’honneur qu’il est de mon devoir de soumettre sous vos yeux l’exacte certitude des faits ci-dessus mentionnés par le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de droit attendu que le sieur Marteau a bien mérité de la patrie. » Signé, le 2 août 1831 : Tremblez, Louis (voir Tremblez, Louis, Pierre, Mathurin), décoré de la Croix de Juillet au (ancien) VIIe arrondissement, demeurant 21, rue de la Croix, chez Rivière. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare et atteste sur l’honneur que j’ai vu M. Marteau, sortant de chez lui rue Phélippeaux n° 27, en armes et en garde national, le 28 juillet 1830. Je déclare en outre que le lendemain 29 au matin, revenant des abattoirs Popincourt, je l’ai revu au désarmement de la caserne Popincourt, où je ne l’ai vu prendre que des cartouches dont il avait besoin. Je l’ai quitté au boulevard du Temple, entre 8 et 9 heures. » Signé, le 22 août 1831 : Lesas, marchand boucher, demeurant 35, rue Phélippeaux. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare et atteste que le 28 juillet 1830 à midi environ j’ai vu le sieur Marteau en armes en garde national, se dirigeant vers la rue Saint-Martin, au moment des fusillades de la rue Saint-Martin. » Signé, le 23 août 1831 : Verny, demeurant 90, rue Montorgueil. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Marteau s’est rendu à la mairie du (ancien) VIe arrondissement le 29 août 1830 (lire sans doute le 29 juillet 1830, N.D.A.), qu’ayant ses armes il a fait partie de plusieurs patrouilles que je commandai, particulièrement d’une d’environ cinquante à soixante hommes, que j’ai conduite à l’Hôtel de ville à notre retour à la mairie. Je certifie qu’il a coopéré à la formation de divers postes qui ont été ouverts dans le quartier et que depuis il a fait son service dans la légion avec un zèle remarquable et qu’enfin je l’ai toujours vu dans toutes les prises d’armes. » Signé : Dreux, major de la VIe légion de la garde nationale. Caporal à la 3e compagnie du 2e bataillon de la VIe légion de la garde nationale, Marteau présentait un certificat, en date du 18 juillet 1832, attestant sa conduite comme garde national et ainsi rédigé : « Nous, soussignés, officiers de ladite compagnie, certifions que M. Marteau, Pierre est inscrit comme caporal au contrôle, matricule sous le numéro 30 ; qu’il est dans la compagnie depuis la formation que non seulement sa conduite a toujours été exempte de reproches mais qu’encore elle est digne d’éloges. La présence de M. Marteau à toutes les prises d’armes et notamment à celles des 5 et 6 juin dernier, où il a fait bonne contenance, doit le recommander à la bienveillance du roi et ensuite à l’équité des autorités desquelles il réclame la récompense d’avoir précédemment contribué à la réussite des mémorables journées de Juillet. » Signé, le 18 juillet 1832 (pour les noms lisibles) : Poulian ; Delamarre ; Dovin ; Hebert ; Dublanc. Il n’abandonna son service de garde national qu’en 1838, à cause des infirmités et après avoir « toujours très exactement fait son service et particulièrement dans les émeutes, où il était toujours un des premiers à participer au rétablissement de l’ordre ». En 1840, accablé d’infirmités, il sollicita des secours ; la police donna alors sur son compte les renseignements suivants : « Veuf, d’une excellente conduite mais très malheureux en raison du manque d’ouvrage dans sa partie. On lui donne en ce moment du travail, par pitié, pour qu’il ne meure pas de faim. » Il reçut soixante-quinze francs de secours en 1841, soixante-cinq francs en 1842. En 1843, dans une nouvelle demande de secours, il écrivait avoir travaillé pendant vingt-quatre ans dans la fabrique de bronze de Thomire. Il reçut de nouveau vingt-cinq francs en 1843, soixante-cinq francs en 1844, quarante francs en 1845, vingt-cinq francs en 1846. Il demeurait 27, rue Phélippeaux de 1830 à 1842 ; à l’hospice de la Reconnaissance à Garches de 1843 à 1846. Archives nationales F/1dIII/65.

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