Martin, Antoine
Biographie
Né vers 1796 à Saint-Sandoux illisible et pas de commune à ce nom… (Drôme). Employé au cimetière de l’Est depuis plusieurs années en 1830 et dont les supérieurs lui délivrèrent les certificats les plus élogieux. Il exposa ainsi à la Commission des récompenses nationales la conduite qu’il avait tenue pendant les événements de Juillet : « […] Le 28 juillet, mon chef m’ayant engagé de l’accompagner pour aller au-devant de son épouse, qui devait arriver d’Auvergne par la barrière de Fontainebleau, je le suivis jusqu’à la poudrière, qui venait d’être prise. Voulant m’unir aux citoyens qui en débarrassaient les poudres et me rendre utile, j’entrai et me mis à l’ouvrage. Je sortis des caisses et distribuai de la poudre aux personnes qui en avaient besoin. Un ancien ouvrier de M. Salleron fils, tanneur, nommé Pierre peut attester mon dévouement et ma prudence ; il m’a prêté son couteau pour dévisser des caisses et prévenir de graves accidents. Je regrette de n’avoir pas pris l’adresse de ce brave homme. Je serais resté plus longtemps si mon chef ne m’eût rappelé en m’observant qu’il n’était pas prudent de rester davantage. J’obéis et j’emportai plusieurs paquets de poudre dans mon mouchoir, que je distribuai en route, à l’exception d’un seul que j’ai conservé et que je possède encore. Le lendemain 29 à 8 heures du matin, je sortis dans l’intention de seconder les combattants. Je me suis dirigé du côté du Louvre et je fus assez heureux pour arriver à la prise du château, ce que les sieurs Ganne et Brunel attestent de bonne foi. Telle est, messieurs, la conduite que j’ai tenue lors des glorieux événements de Juillet. S’ils sont de nature à me mériter la médaille, je la recevrai avec reconnaissance. En tout cas, j’aurai la satisfaction d’avoir fait mon devoir en contribuant de tous mes efforts à la conquête de la liberté. J’ai l’honneur, etc. » Sa lettre était apostillée ainsi par Brunel et Ganne : « Les soussignés attestent que les faits ci-contre sont exacts, qu’ils étaient, ainsi que M. Martin, du nombre des combattants à la prise du château le 29 juillet. » Le maire de la commune de Charonne apostilla sa demande en attestant « les sentiments patriotiques du pétitionnaire et le [croyant] digne de l’intérêt de la Commission ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il comparut devant le jury de cet arrondissement le 13 janvier 1831, sous le numéro 79. Il demeurait à Charonne en 1830. Archives de Paris VK3 48.