Martinet, Jacques, dit Antoine
Biographie
Né le 21 fructidor an II (par erreur le 2 mars 1824 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Bergerac (Dordogne), fils de Martinet, Jean, taillandier, et de Goudounèche, Jeanne, son épouse. Ancien soldat de l’Empire. Cordonnier en 1823, forgeron et marchand forain en 1830. Combattant de Juillet, il fut blessé d’un coup de feu à la cheville et contusionné à la main droite, le 29 juillet à l’attaque de la caserne de Babylone. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par celle du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut un secours de vingt francs, le 25 mars 1831, un secours de quarante francs, le 14 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 17 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une contusion avec plaie par écrasement aux doigt indicateur et médius de la main droite, contusion guérie avec un peu de gêne et de difficultés dans les mouvements des doigts. » Il fut admis dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 17 mars 1831, et reçut une indemnité versée sur un an, dans deux arrondissements. Il reçut (sous le nom de Martinet, Antoine), à ce même titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sitôt qu’il eut connaissance qu’il n’avait reçu que la seule médaille, il contesta auprès de la Commission des récompenses nationales et rappela, par une lettre datée du 16 mai 1831, ainsi sa participation à la révolution : « Le 27 au soir, entre 6 et 7 heures, je me suis battu contre le 3e régiment de l’ex-garde royale, qui faisait feu sur le peuple ; nous les avons poursuivis jusque sur la place du Carrousel et là nous fûmes chargés par la gendarmerie à cheval ; nous les forçâmes à la retraite, rue des Bons-Enfants, et les bourgeois jetèrent sur ces gendarmes toutes sortes de choses, telles que chaises et ustensiles de ménage, en un mot tout ce qu’ils avaient sous leurs mains. Une dame rue Saint-Honoré, n° 84, fut tuée au premier étage par une balle qui l’atteignit dans la poitrine. Nous perdîmes aussi deux de nos camarades et nous fîmes entendre ces cris Aux armes ! Aux armes, on tue nos frères ! Nous fûmes en masse chez M. Lepage, armurier, et nous prîmes toutes les armes qu’il y avait. Un gendarme d’élite faisant partie d’un peloton qui était stationné rue Saint-Thomas-du-Louvre nous coucha en joue en me disant On ne passe pas. Ce même gendarme, que j’ai bien reconnu, est présentement garde-champêtre de Montrouge. Le 28 juillet à 8 heures du matin, je fus à la marie du Xe arrondissement, rue de Verneuil, à la tête d’un détachement d’environ cent hommes, attendu que l’on m’avait dit qu’on y distribuait des armes. En arrivant à la rue de Verneuil, le peuple me voyant à la tête de mon détachement dit Voilà encore un des nôtres. C’est un brave. Vive Moustache ! Je m’informais s’il y avait des armes. On me dit que le maire en avait promis pour dans une heure. L’heure étant écoulée, je monte de force à la mairie et je culbute le premier secrétaire, qui voulait s’opposer à mon passage. Je lui dis Nous n’en voulons nullement à vos papiers ni à votre argent, mais nous voulons des armes, le peuple m’ayant dit qu’il y en avait de déposées depuis le licenciement de la garde nationale en 1827. Etant au second, je trouvais une trentaine de fusils, autant de sabres et gibernes, que je distribuais à ma troupe. Ne connaissant pas Paris, étant de la province, je dis que c’était bien malheureux sans quoi je me porterais pour désarmer les postes. On me fit réponse qu’on allait m’y conduire. Etant au bout de la rue de Verneuil, je désarmais un poste de quarante à quarante-cinq hommes de troupe de ligne et je me dirigeais rue Bourbon avec mon détachement. Ayant entendu le pas des chevaux, je fis faire halte à mon détachement. J’aperçus deux gendarmes. Je me mis à leur crier Rendez-vous, il ne vous sera fait aucun mal. Ils venaient en ordonnance à l’état-major au coin de la rue de Bourbon. Ils dégainèrent sur moi, alors je me mis à crier Peloton en avant. Le peloton fit feu et c’est par miracle que je n’ai pas été blessé en ce moment puisque je tenais le cheval par la bride. Le gendarme fut tué, le cheval blessé et l’autre gendarme s’échappa au grand galop. Celui que j’ai reconnu pour me porter le plus prompt service, c’est M. Delaruelle, rue de Verneuil, et jury de la Commission des récompenses. Je me suis transporté de nouveau avec mon détachement, qui grossissait à chaque moment, afin de pourvoir me procurer les armes promises par M. le maire du Xe. Le peuple me dit C’est un royaliste, il n’en donnera pas. Je monte donc et contraignis le maire de marcher, n’ajoutant plus foi à ses belles promesses, nous étions si enthousiastes que moi le premier je ne fis pas attention que le maire avait son écharpe. Je le consignais à la tête de mon détachement, en disant que s’il bronchait de faire feu sur lui. Nous fûmes désarmer les soldats de l’Abbaye, et ce fut M. Laruelle qui avec un merlin enfonça la porte de l’Abbaye. C’est de cet endroit que le maire disparut de là, nous partîmes vers 3 heures et dirigeâmes nos pas vers la place de Grève, côté de la Cité, où je me battis en tirailleur depuis 3 heures et demie jusqu’à 9 heures du soir. Ayant épuisé mes munitions, j’en demandais à mes camarades, qui me dirent qu’ils n’en avaient presque plus. Je pris mon parti et fus au Grand Montrouge, où ma ménagerie était depuis le 18 juillet pour la fête qui a eu lieu le 25 juillet. Je demandais de la poudre à M. François Joseph, buraliste à Montrouge ; il m’en vendit cinq et demie à trois francs soixante la livre et je lui remis quatre pièces de cinq francs et il me rendit quatre sols. A 11 heures et demie, je revins à la place de Grève et je distribuai de la poudre à mes camarades, ne me réservant qu’un paquet d’une demi-livre. Le 29, à 8 heures du matin place de l’Estrapade, je me trouvais au désarmement du dépôt de la garde royale. J’ai monté un des premiers par une croisée. Ils nous donnèrent toutes leurs armes, sans difficulté et on se mit à crier Vive le Ier de la garde. Les soldats vinrent avec nous. Nous nous rafraîchîmes et les armes ne nous manquèrent plus. Nous avions un tombereau dans lequel il y avait trois barils remplis de munitions. Nous nous dirigeâmes sur la place du Panthéon, lieu du rendez-vous, et nous partîmes pour aller à la prise du Louvre. Arrivés au Pont-Royal, la grille du jardin et les croisées étaient garnies de troupes royales de toutes armes. On nous laissa approcher jusqu’au trois quarts du pont. Malgré qu’ils nous avaient fait un signal en abaissant les canons de leurs fusils, lorsque nous fûmes à vingt-cinq pas, ils firent feu sur nous et nous forcèrent à la retraite, que nous effectuâmes faisant feu sur eux. Nous rechargeâmes une seconde fois de nouveau mais en vain ; nous ne pûmes passer le pont. Nous fûmes par le Pont des Arts, et le Louvre se trouva pris ; il pouvait être 11 heures et demie. Le monde se trouvant en si grande quantité, nous ne pûmes entrer au Louvre et l’on nous dit que le général Lafayette George, ordonnait repos jusqu’à 2 heures, pour ensuite se porter sur la caserne Babylone. Je fus donc à 1 heure et demie avec mon détachement à la caserne Babylone, la générale battit et on s’y rendait de toutes parts. A 2 heures moins le quart, [le combat] s’engagea et ce fut terrible pour les Suisses, qui masquèrent leurs croisées avec leurs matelas et leurs paillasses. Par ce stratagème, nous perdîmes de notre avantage. Alors nous incendiâmes la caserne, en apportant de la paille le long des murs. Celui qui mit le feu avec un briquet phosphorique fut un élève de l’Ecole polytechnique, qui fut tué. Et moi, un peu après, je fus blessé par une balle à la cheville du pied gauche et estropié de la main droite, en aidant à placer une voiture pour brûler plus promptement la porte de la caserne Babylone, afin qu’on puisse y entrer. » Sa lettre était accompagnée de plusieurs apostilles. Daviau, Charles (voir ce nom), demeurant 16, rue de Verneuil : « Je certifie que le nommé Martinet était le 28 juillet illisible à la mairie à la tête d’un détachement et qu’il est monté dans ladite pour faire rendre les armes. » Delaruelle, Jean-Jacques Rousseau (voir ce nom), sergent à la 1re compagnie du 3e bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 22, rue de Verneuil : « Je certifie que le dénommé ci-dessus a pris une part active le 28 avec le détachement qui s’est porté à l’Abbaye et avant à la 1re division militaire. » Salvor, typographe, demeurant 85, rue Mouffetard : « Je certifie que le nommé Martinet a été blessé à la prise de la caserne de Babylone, combattant pour la patrie, le 29 juillet. » Illisible, demeurant 2, rue de la Sorbonne : « Je certifie que M. Martinet, brave militaire, s’est montré avec grand courage dans la prise de la caserne de Babylone, où je l’ai vu être blessé entre la grande porte cochère à la main droite, le 29 juillet 1830. » Gramet (voir ce nom) : « Je certifie que M. Martinet, en sortant de la prise de la caserne de Babylone s’est rendu avec un détachement à la barrière Montparnasse et celle du Maine, sous les ordres de M. Bareaux (voir Barreau), élève de l’Ecole polytechnique, ainsi que sous ceux du sieur Gramet, ex-adjudant du corps du génie, qu’il a rempli son service avec le plus grand zèle. » Hieber, Louis (voir plus bas), marchand de vin, demeurant 21, rue de la Bûcherie : « Je certifie que le brave Martinet a été blessé à la prise de la caserne de Babylone le 29 juillet 1830. » Hayete illisible, professeur de gymnastique, demeurant 55, rue de la Gaîté : « Je certifie avoir vu M. Martinet à la prise de la caserne de Babylone combattre bravement pour la cause de la liberté, où il fut blessé. » Peyre (voir Peyre, Antoine, Marie) : « Je, soussigné, commandant provisoire de la XIe légion, que le citoyen Martinet est revenu blessé, à la tête de son détachement qu’il commandait à la prise de la caserne de Babylone ; que le 29 juillet et jours suivants, je lui ai fait distribuer des vivres et qu’il a continué son service dans la légion avec le plus grand zèle, jusqu’au 7 août. » Courcier (voir Courcier, Amédée, Toussaint), capitaine adjudant-major : « Je certifie avoir une connaissance exacte des faits énoncés ci-contre, principalement pour Babylone. » Herblot (voir D’Herbelot, Antoine, Léon ?), chef de bataillon, légalisait la signature de Courcier et Conseil, major à la XIe légion, légalisa celles de Courcier, Peyre et Herblot. Le 25 août 1830, le préfet de la Seine donnait les renseignements suivants sur les mésaventures qui étaient arrivées à Martinet, tandis qu’il était parti combattre à Paris : « […] Martinet, qui, à l’occasion de la fête communale, avait établi provisoirement sa ménagerie dans le parc de Montrouge, a tout abandonné pour venir servir dans la garde nationale de Paris lors des événements […] ; pendant son absence, l’ouragan qui a éclaté dans la nuit du 6 au 7 août a détruit le matériel de son spectacle et […] de tous les accessoires qui le composaient tels que toiles, décorations, tableaux, rien n’a pu être conservé. Le dommage causé par cet événement, évalué à près de trois cents francs, ayant mis le sieur Martinet hors d’état de continuer l’exercice de sa profession, M. le sous-préfet a pensé qu’il était juste de venir à son secours. Les autorités locales de Montrouge certifient d’ailleurs que ce particulier s’est distingué par son courage et qu’il a sacrifié ses intérêts pour se dévouer à la cause commune. » Il lui fut en conséquence délivré, dans les jours suivants, un secours de cent cinquante francs » puisque expliquait l’administration « s’il n’eût point été absent pour le service de la garde nationale, il aurait pu prendre les mesures nécessaires pour conserver le mobilier de son spectacle ». Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin 1831 et son brevet le 23 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Le 15 juillet 1831, la mairie lui fournit une part de son habit de garde national (soit une redingote de drap bleu, un gilet de casimir noir, un pantalon avec ses guêtres de coutil russe, un chapeau et des souliers). En date du 27 décembre 1831, figure une dénonciation faite contre Martinet, par Hieber, marchand de vin 21, rue de la Bûcherie, et qui en juillet 1830 logeait Martinet dans son établissement, 41, rue de la Gaieté. Hieber l’accusait de manœuvres frauduleuses qui lui avaient permis de part à la distribution des récompenses nationales ; déjà en juillet 1831, Augier, marchand de vin 20, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, l’avait accusé du même fait. La dénonciation de Hieber est ainsi rédigée : « J’étais en 1830 établi marchand de vin traiteur rue de la Gaîté, n° 41, barrière du Montparnasse. Le sieur Martinet, Antoine tenant alors un spectacle forain d’animaux rares, vint loger et vivre chez moi avec sa femme et son enfant. La révolution de Juillet eut lieu. Martinet, qui peut-être n’y figura que de loin, conçut alors le projet d’en faire un moyen de spéculation. Habile à recueillir les bruits et les incidents des trois journées, il parvint à établir qu’il s’y était éminemment distingué. Mais une seule part à la gratitude nationale ne pouvait lui suffire. Faisant bientôt élection de domicile en trois endroits différents, il parvint à se constituer une triple part aux secours provisoires et aux récompenses que la nation accordait aux braves de l’époque. Ces trois domiciles étaient : au Xe arrondissement, rue de Verneuil, n° 16, chez le sieur Daviau, menuisier ; au XIe arrondissement, rue du Montparnasse, n° 12, faubourg Saint-Germain ; sur le XIIe arrondissement, rue des Carmes, n° 4. Il est maintenant facile de se faire une idée des sommes qu’à l’aide de ces trois domiciles, cet adroit fripon a extorquées aux diverses commissions instituées pour secourir ou récompenser les combattants de Juillet. Qu’importe, Martinet a tellement bien arrangé ses impostures qu’il s’est fait décorer. Dieu sait combien, à l’aide de cet insigne et de sa loquacité astucieuse, il va faire de dupes dans les départements qu’il exploite aujourd’hui. Son arrestation serait donc un service signalé rendu à la société. Quant à ce qui m’est personnel, Martinet, fourbe s’il en fut tout en ne paraissant point l’être, m’avait persuadé, convaincu, qu’il était porté pour une forte somme au tableau des récompenses nationales, outre des secours provisoires qui devaient lui arriver de toutes parts. Pour appuyer ces suppositions, il se faisait apporter par la poste des lettres de forme administrative, qui l’invitaient à patienter l’assuraient que sous peu il recevrait une forte somme à titre de gratification pour les services qu’il avait rendus à la cause qui venait de mettre la maison d’Orléans sur le trône. A l’air dont il débitait ces mensonges, plus méfiant que moi aurait juré ses grands dieux qu’il disait vrai. Enfin, après lui avoir avancé nourriture, coucher et argent, je vins m’établir rue des Carmes, n° 4. Là, plus exigeant, je lui demandais quand il croyait s’acquitter avec moi. “Les travaux de la Commission, me dit-il, sont excessivement compliqués, mais je sais de bonne part qu’ils seront terminés le 4 ou le 5 août.” Enfin, le 24 mai 1831, il me souscrivit un billet de 276 francs, payable le 10 août même année. Entre le jour où ce billet me fut souscrit et son échéance, Martinet fut tellement habile à me convaincre que je n’avais pas un centime à perdre qu’il obtint encore de moi une somme de trente francs, que je ne pouvais guère lui refuser tant je craignais alors de le mécontenter. Je ne pense pas qu’il soit possible d’articuler plus de faits positifs. Il en résulte, si je ne me trompe, une escroquerie notoire, opérée à l’aide de crédit imaginaire, de ressources supposées, de promesses chimériques et de manœuvres frauduleuses, délit prévu par l’article 405 du code pénal. A ce délit, cet homme sans honneur et sans foi, voulut ajouter un vol positif, qui seul suffirait pour l’attacher au poteau de l’infamie. Il enleva de chez moi et à mon insu une couverture du prix de vingt francs, qu’il laissa en nantissement pour dette chez Venin, aubergiste au Cheval, barrière du Maine. Quoi qu’il en soit, voyant que je le pressais plus que jamais de me payer, il ne rougit point de me donner encore des promesses et des espérances illusoires. Patientez quelque peu, me dit-il, vingt à trente pièces de vin m’arrivent du pays ; on les déposera chez M. Fossac, mon ami, maître de pension rue des Fossés-Saint-Victor. J’allai prendre des informations chez ce M. Fossac, qui me répondit que rien n’était plus faux, que Martinet était un mauvais sujet, auquel il avait fermé sa porte. Inépuisable en stratagèmes mensongers, il me promit quelques jours avant de s’esquiver de Paris de me faire avoir pour trois cents francs de bois chez un sieur Germain qui lui avait acheté ses titres aux récompenses nationales. J’allais rue de la Verrerie chez ce monsieur Germain, que je ne trouvais point chez lui et qui, me dit-on, n’avait jamais vendu de bois. D’après cette déclaration, qui est de toute vérité, nous établissons qu’à l’aide de manœuvres frauduleuses, d’espérances chimériques et de crédit imaginaire, Martinet, Antoine nous a enlevé partie de notre fortune, délit prévu par l’article 405 du code pénal, auquel délit se joint celui de vols faits à l’Etat dans les triples sommes qu’il se faisait illégalement délivrer par les diverses commissions de secours et de récompenses nationales. Pour ce prions MM. les gens du roi de vouloir bien faire poursuivre ledit Martinet, le faire appréhender au corps, partout où il sera trouvé pour ce qui est de nous, étant dans l’impossibilité absolue de poursuivre le coupable à nos frais et dépens, nous prions MM. les susdits gens du roi de comprendre les faits à nous personnels comme pièces à la charge dudit Martinet, accusé d’avoir perçu frauduleusement des sommes qui appartenaient à l’Etat dans la personne des combattants de Juillet. M. Martinet a quitté la capitale le 11 [décembre, N.D.A.] de ce mois en société, dit-on, d’un sieur Clément, tous les deux se seraient dirigés sur Bourges (Cher), où se tient maintenant une foire considérable, dit du Palais, et ne finira que le 15 janvier prochain. » Martinet avait déjà fait l’objet d’une plainte de la même nature de la part de Augier, Pierre, marchand de vins traiteur, 20, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, plainte envoyée au préfet de police en date du 21 juillet 1831 (sous le numéro 1124, si utile dans les recherches). En 1838, dans une « position bien triste et bien malheureuse », il sollicita des secours et obtint cinquante francs. En 1839, il fit le voyage jusqu’à Paris, afin d’obtenir un secours, et, grâce à l’intercession du général Bugeaud, député de la Dordogne, il reçut cent cinquante francs ; une place aux Invalides lui fut proposée mais il la refusa en raison de sa « nombreuse famille ». En 1845, il sollicita, infructueusement, une place d’éclusier à Albas (Lot), qu’il pensait être vacante. En 1845, la police donna sur son compte comme renseignement, qu’il avait quitté Paris et était retourné dans son pays. Il reçut un secours de cinquante francs en 1845 et de quarante francs en 1847. Martinet avait épousé, le 29 janvier 1823 à Bergerac (Dordogne), Larramée, Perrette, née le 18 brumaire an IV à Albas (Lot) ; sur l’acte de mariage, Martinet, Jacques, dit Antoine est indiqué comme le fils de Martinet, Jean, taillandier, et de feue Goudounèche, Jeanne ; Larramée, Perrette est indiquée comme la fille de Larramée, Pierre, tailleur d’habits, et de Lappare, Marie, son épouse. Martinet, Jacques, dit Antoine, demeurait 16, rue de Verneuil en 1830 à la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; 4, rue des Carmes en novembre 1830-1831 (mais 4, impasse des Carmes en 1831 in Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831) ; 41, rue de la Gaîté en 1831 ; à Villefranche-de-Belvès (Dordogne) en 1838 ; à Saint-Chamarand puis à Monflanquin (Lot-et-Garonne) en 1840 ; 10, rue de la Grande-Chaumière pendant son séjour à Paris en 1845 ; à Albas (Lot) en 1847. Attention sur son dossier références F 15 72929, ça veut dire quoi ? Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis Il n’y a que deux MARTINET, UN MARTINET. ET UN MARTINET ANTOINE ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire catégorie de la IIe classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, bulletin des médailles, idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (l’apostille suivante est inscrite en face de son nom : « A touché cent cinq francs au (ancien) XIe arrondissement » [sans doute s’agissait-il du (ancien) Xe arrondissement] ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (91) citoyens dont les blessures ont entraîné une incapacité de travail pendant un an ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F 15 3220. Martinet, Antoine et Martinet, Jacques, dit Antoine seraient une seule et même personne, décorée dans deux arrondissements par escroquerie ?