Mary, Louis, François

Biographie


Né vers 1783. Ouvrier plombier, employé pour la Ville de Paris. Le 10 mars 1830, étant à travailler, au coin des rues de la Bûcherie et des Grands-Degrés, une voiture lui passa sur le corps (ou il fut écrasé par la chute d’un tombereau dans un trou où il travaillait selon une autre version) et il eut le bras droit fracturé. Son épouse, sage-femme sollicita des secours. Le 12 juillet 1830, le préfet de la Seine donna sur les époux les meilleurs renseignements, en recommandant pour eux la bienveillance du gouvernement : « […] La dame Mary semble avoir […] des titres à la protection de l’autorité par la position malheureuse dans laquelle se trouve sa famille. Les bénéfices de la profession qu’exerce cette femme se réduisent à si peu de choses qu’elle se propose de ne plus exercer son état. Le mari, avant l’accident qui lui est arrivé, gagnait environ deux francs cinquante centimes par jour. Il est maintenant hors d’état de travailler et se trouve sans aucunes ressources assurées. Le sieur et la dame Mary ont trois enfants, un seul est à leur charge mais les deux autres ne peuvent être d’aucun secours à leurs parents […]. » Le 6 août 1830, Mary reçut un secours de quatre-vingts francs du ministère de l’Intérieur. Le couple dut aussi profiter de la révolution qui agita Paris et des secours qui se distribuèrent puisqu’il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel et un total de cent francs auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Mary mourut vers le 11 juin 1831 « après de longues et cruelles souffrances ». Le 21 novembre 1831, la veuve sollicitait un nouveau secours auprès du ministère de l’Intérieur, expliquant ne pouvoir qu’à peine subsister de son état, ne retirant « presque aucun salaire des soins qu’elle prodigue aux femmes accouchées de son quartier, qui est un des plus malheureux ». Un secours de cinquante francs lui fut ordonné le 7 décembre 1831, un nouveau secours de cinquante francs le 12 avril 1832. En juillet 1832, elle sollicita un secours, écrivant souffrir d’une maladie de cœur, être arriérée de deux termes de loyer, et toujours ne retirant « rien de sa clientèle quoique malgré sa maladie elle prodigue journellement ses soins aux femmes en couches de son quartier, qui est un des plus populeux et des plus malheureux de la capitale ». Elle reçut en conséquence un secours de cinquante francs le 23 août 1832, un secours de quatre-vingts francs le 30 novembre 1832. Le 30 mai 1833, à la suite d’une nouvelle demande de secours que la veuve formula, la préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Les renseignements que j’ai prendre […] ne présentent point la position de cette dame comme très malheureuse. L’état de sage-femme qu’elle exerce est, à la vérité, une faible ressource pour elle, en raison de sa mauvaise santé. Mais il est certain aussi qu’elle a des enfants en état de venir à son aide et il semble peu probable qu’ils ne viennent nullement à son secours, comme elle le dit. » Mary demeurait 19, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1830 ; sa veuve toujours 19, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève jusqu’en 1832 ; 13, rue Servandon en 1833. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F 15 3220 ; Archives nationales F 15 3221 (quatre dossiers à son nom).

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