Massé, Jean-François, Prosper
Biographie
Né le 25 janvier 1808 à Rouen (Seine-Maritime). Epicier à Rouen en 1830, il fit partie des volontaires rouennais qui quittèrent Rouen pour soutenir les insurgés parisiens. En 1848, il était ciseleur et déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 31 mars 1848, il adressait en effet la lettre suivante à la Commission : « En 1830, plusieurs personnes avaient sollicité pour moi une récompense nationale pour l’exemple que j’avais donné, en partant un des premiers parmi les volontaires rouennais ; mais leurs attestations ont été perdues à la Commission. Plus heureux, en 1848, j’étais à Paris. Aussi depuis le 22 février je n’ai cessé de prendre une part active jusqu’à ce que notre immortelle république fût proclamée. Je ne vous fournis point l’énumération de ce que j’ai fait, je trouve cela peu modeste, mes certificats parlant pour moi. Je ne demande aucune récompense pécuniaire, seulement si la Commission juge que j’ai quelque droit à ce qu’elle doit accorder à ceux qui ont toujours défendu la sainte cause de la liberté, j’attends avec confiance sa décision à mon égard. » Il signait comme secrétaire provisoire et fondateur du club de l’Unité républicaine. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, affirme que le citoyen Massé a toujours été de l’opposition et qu’il a pris une part active dans les journées des 23 et 24 février et jours suivants, en montant la garde aux différents postes du quartier. » Signé : ...anger, artiste lithographe, demeurant 5, rue du Perche (numéro illisible). Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Massé était le 24 et 25 février aux barricades de la rue Vieille-du-Temple et la rue de Poitou. » Signé, le 20 mars 1848 : Lainé, propriétaire, demeurant 131, rue Vieille-du-Temple. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu le citoyen Prosper Massé monter la garde aux barricades des journées des 23 et 24 février dernier ainsi que dans les postes provisoires qui ont été formés dans les mêmes journées. » Signé : Bascet, peintre, demeurant 7, rue du Perche. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, sergent à la 4e compagnie du 1er bataillon VIIe légion de la garde nationale, chef de la barricade de la vieille rue du Temple, près celle de l’Echaudé, pendant les journées des 22, 23 et 24 février et jours suivants, certifie que le citoyen Massé, demeurant rue de Touraine, a fait pendant tout ce temps un service actif près ladite barricade et s’est comporté avec un entier dévouement à la cause de la république. » Signé : ...elette, demeurant 131, rue Vieille-du-Temple. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu M. Massé commencer une barricade au coin de la rue de Lancry et Bondy, le 23 février 1848. » Signé : Pejot, horloger, demeurant 48, rue de Bondy. Le sixième certificat, ainsi rédigé, à en-tête du bureau du colonel-gouverneur de l’hôtel de ville : « J’atteste par le présent que le citoyen Prosper Massé a toujours été républicain depuis 1830. J’ai été à même de le connaître. Juillet le vit arrivé un des premiers de Rouen à la tête des volontaires rouennais pour renverser la tyrannie. Depuis lors, il s’est toujours fait remarquer dans les Sociétés des droits de l’homme comme chef de section, appartenant à une de mes séries. Notre glorieuse révolution de Février le vit sur les barricades. » Signé : Pichot, commissaire délégué du peuple près le gouvernement provisoire en permanence près le gouverneur de l’Hôtel de ville. Le septième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Jean Vigouroux, demeurant à Paris, rue de Provence 7 bis, certifie que le citoyen Massé, demeurant à Paris, rue de Touraine n° 7, s’est toujours fait remarquer comme un homme très actif et dirigeant toujours son activité au profit du mouvement révolutionnaire. En 1832, aux affaires de juin, je l’ai connu comme tout dévoué à l’élan populaire. En mai 1838 (lire 1839, N.D.A.), je l’ai connu dans les mêmes circonstances et en février 1848, il n’a pas quitté l’œuvre qu’il avait commencé, constamment je l’ai vu dans les barricades, payant de sa personne et excitant les citoyens, en les persuadant du triomphe prochain, qui s’est réalisé. » Signé, le 27 mars 1848 : Vigouroux, Jean, demeurant 7 bis, rue de Provence. Le 22 juillet 1848, Langlé, commissaire d’enquête près le Comité des récompenses nationales, donna l’avis suivant sur le compte de Massé, Prosper : « Nous, commissaire d’enquête près le Comité des récompenses nationales, nous certifions que le citoyen Massé est un honnête homme, fort estimé dans son quartier, qu’il s’est fort bien montré comme combattant pendant les trois journées de Février, ce qui est résulté de l’enquête que je viens de faire. » Massé fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il s’était marié le 26 octobre 1829 à la mairie du (ancien) Xe arrondissement et n’avait pas eu d’enfant. Il demeurait 7, rue de Touraine en 1848. Archives de la préfecture de police AA 401.