Massé, Michel

Biographie


Né le 25 mai 1785 à Landerneau (Finistère), fils de Massé, Jacques, jardinier, et de Brochoc, Françoise, son épouse. Cloutier à Lorient (Morbihan) en 1821, homme de confiance ou cartonnier en juillet 1830. Le 28, vers 7 heures du matin, il sortit de chez Baillard, fabricant de cartons à cartes et de feuilles, armé d’un fusil que ce dernier lui avait prêté ; vers midi, alors qu’il combattait sur la place de l’hôtel de ville, près de l’arcade Saint-Jean, il fut atteint de plusieurs coups de mitraille qui le tuèrent sur le coup. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le témoignage tentait d’établir les circonstances de son décès : « Je, soussigné, Michel, Denis Baillard, fabricant de cartes royales et cartons en feuille lissé, demeurant à Paris, rue Chapon n° 1, ayant sa fabrique à Belleville, jardin des Montagnes françaises, rue des Montagnes n° 2, certifie et déclare que le nommé Michel Massé travaillait chez moi et y demeurait avec son épouse. Il est sorti le 28 juillet dernier à 7 heures du matin, se dirigeant par la rue du Temple, où je l’ai suivi jusqu’à la rue des Coquilles, où il s’est élancé avec un fusil sur la place de Grève et j’ai toujours attendu son retour. Pendant la nuit, le lendemain matin 29 j’ai été pour le reconnaître parmi les blessés et les morts et je n’ai rien découvert. Enfin j’ai cherché dans les hôpitaux et ambulances dans plusieurs quartiers, toujours infructueusement. Je n’ai point voulu annoncé à sa femme que je croyais qu’il avait succombé. J’attendais du temps pour être plus sûr de sa mort. Et j’ai la conviction qu’il aurait été atteint par la mitraille dont j’ai entendu la détonation un instant après son départ et qu’après ce combat il aura été jeté dans la Seine. » Signé, le 10 septembre 1830 : Baillard, fabricant de cartes royales et cartons en feuille lissé, demeurant 1, rue Chapon. Le 14 septembre 1830, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Baillard, Michel, Denis, fabricant de cartes à jouer et cartons en feuilles, demeurant 1, rue Chapon ; Turc, Jean-François ou Turcq, Jean-François (voir ce nom), horloger, demeurant 14, rue du Plâtre-Sainte-Avoye ; Dionis, Emmanuel, Jean, Louis (voir ce nom), garçon marchand de vin, demeurant 8, rue Beautreillis ; Roux, Jean-Baptiste, Théodore (voir Roux, Jean, Théodore), tourneur en cuivre, demeurant 29, rue des Nonandiers. Ils attestèrent que le 29 juillet Massé, Michel « est sorti de chez le sieur Baillard, fabricant de cartons à cartes et de feuilles, avec un fusil qui lui avait été prêté par ce dernier et qu’il est sorti avec lui de la rue Chapon ; qu’ils ont entendu dire qu’il était à la Grève, où se portait beaucoup de monde, et qu’il est certain qu’on ne l’a pas vu depuis, ce qui confirme qu’il a été au nombre des victimes de cette place ». Le 26 avril 1831, au commissariat de police du quartier de l’Hôtel de ville, fut rédigé le constat suivant : « […] Le 12 mars dernier, se sont présentés : Baillard, Michel, Denis, fabricant de cartes à jouer demeurant rue Chapon n° 11 (sic), ayant sa fabrique à Belleville et Turcq, Jean-François (voir ce nom), horloger, demeurant rue du Plâtre-Sainte-Avoye n° 14, lesquels nous ont conjointement déclaré que le 28 juillet 1830 environ vers midi ils se sont trouvés sur la place de l’Hôtel de ville près l’arcade Saint-Jean avec le sieur Massé, Michel, né à Landerneau, département du Finistère le 25 mai 1785, homme de confiance chez le sieur Baillard ; qu’à la première décharge d’artillerie du côté des troupes royales ledit sieur Massé a été atteint de plusieurs parties de mitraille et est mort sur-le-champ ; que vu le danger auquel ils se trouvaient exposés eux-mêmes les déclarants furent contraints de se retirer et d’abandonner le malheureux Massé sur la place. » Il laissait une veuve, Lement, Jeanne, Marie (Lemeut, Jeanne, Marie in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste des veuves par suite des journées de juillet 1830, in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des veuves ; sans doute Lemeur, Jeanne, Marie in Archives nationales F/1dIII/35 B), née le 16 ventôse an IX (mais le 17 ventôse an IX in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) (7 mars 1801) à Auray près de Lorient (Morbihan), couturière, qu’il avait épousée le 18 octobre 1821 à Lorient ; sur l’acte de mariage, Massé, Michel est indiqué comme fils de feu Massé, Jacques, décédé le 31 octobre 1789 à Landerneau, et de feue Brochoc, Françoise, son épouse, décédée le 12 germinal an VIII à Landerneau, et comme étant cloutier ; Lemeut, Jeanne, Marie (sic) est indiquée comme étant née le 16 ventôse an IX à Auray (Morbihan), fille posthume de Lemeut, Jean, moulageur, décédé le 4 vendémiaire an IX à Belz, et de Le Nabat, épouse actuelle de Raut, Joseph, Jacques, et comme étant repasseuse. Les deux époux ne savaient pas signer. La veuve avait encore sa mère à charge en 1830. Elle reçut un secours de cent francs, le 18 septembre 1830, un secours de cent francs, le 6 décembre 1830, un secours de cent francs, le 15 janvier 1831, un secours de quarante francs, le 28 février 1831, un secours de quarante francs, le 25 avril 1831, un secours de quarante francs, le 9 mai 1831, un secours de quarante francs, le 7 juin 1831, un secours de quarante francs, le 27 juin 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 2 août 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 2 septembre 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 1er octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, puis fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait un fils, Félix, Marie, né le 7 mars 1822 (par erreur le 9 mars 1822 in Archives nationales F/1dIII/38 B, in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste nominative des orphelins, in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) à Lorient, qui fut pensionné de sept cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de soixante-quinze francs. Le conseil de famille de l’orphelin était composé de la mère et de Baillard, Michel, Denis, fabricant de cartes, subrogé-tuteur, demeurant 1, rue Chapon en 1831. L’enfant, placé dans l’établissement de M. Le Huron, 69, rue de Vaugirard (ou in Archives nationales F/1dIII/40 et in Archives nationales F 15 2557-2559, dans létablissement de M. Choron, 96, rue de Vaugirard), était destiné à la musique ; sachant lire, écrire et compter, son bulletin individuel établi par la Surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet le disait « fort intéressant », sans « défaut remarquable », avant d’ajouter : « Ce jeune enfant est doué de dispositions remarquables pour le piano, aussi travaille-t-il cet instrument avec persévérance. […] Seulement ses sorties trop multipliées pourraient nuire à ses progrès si on ne se hâtait pas d’y mettre ordre. L’enfant se rend les jours de congé chez sa mère, qui, trop faible pour ses désirs, le garde chez elle pendant un jour ou deux. Je me suis entendu avec M. Huron pour que cet abus ne se renouvelle plus, du moins aussi souvent. » Le 1er avril 1834, le sous-surveillant chargé des orphelins se plaignait au maître des requêtes chargé de la surveillance des orphelins : « Il est presque impossible de parvenir à obtenir un bulletin du jeune Massé, placé chez M. Choron, directeur du Conservatoire de musique religieuse. Ce professeur est toujours absent au moment de mes visites et ne pense pas même à remettre le bulletin à quelqu’un qui puisse me le donner. Je suis obligé de borner mon inspection à voir l’enfant, sans que personne ne puisse me donner de renseignements sur ses progrès. J’ai déjà fait part de ces faits à la commission du VIe arrondissement et j’ai appris qu’un de messieurs les membres était chargé particulièrement de visiter le jeune Massé. Peut-être est-il assez heureux pour rencontrer M. Choron. » Le 20 août 1834, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait : « Le jeune Massé, qui était placé chez M. Choron, rue de Vaugirard, pour y faire une éducation musicale, a dû en être retiré après la mort du directeur, le ministère ayant donné une autre destination aux fonds affectés à cet établissement. L’orphelin Massé est confié momentanément aux soins de sa mère, en attendant le résultat de la demande faite à M. Chérubin, directeur du conservatoire, d’une classe de piano en faveur du jeune Massé, qui montre quelques dispositions pour cet instrument. » En 1835-1836, il était élève au Conservatoire de musique. Cet enfant deviendra le compositeur Victor Massé, auteur d’une vingtaine d’opéras, opérettes et opéras-comiques. Le nom de Massé (M. Massé) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Il demeurait à Lorient en 1818 ; 1, rue Chapon en 1830 ; sa veuve 9, rue Neuve-Saint-Martin (mais 9, rue Neuve-Saint-Laurent in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste des veuves par suite des journées de juillet 1830 mais bien 9, rue Neuve-Saint-Martin in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Etat nominatif des enfants des citoyens tués en juillet 1830 et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, III, Enregistrement des bons délivrés etc. et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) en 1831 ; 2, rue de l’Arbre-Sec en 1832. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 87, p. 93 pour l’enfant ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 101 ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, Liste des veuves par suite des journées de juillet 1830, idem Liste nominative des orphelins, idem Etat nominatif des enfants au-dessus de sept ans des citoyens tués en juillet 1830, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (veuves, orphelins au-dessus de sept ans), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des veuves ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 34-35 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) VIe arrondissement et idem F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins des victimes Juillet non pourvus de subrogés tuteurs à la date du 30 septembre 1831 et commission municipale du VIe arrondissement, état des orphelins de Juillet adoptés par l’Etat […] et qui […] ont droit à un trousseau de 300 francs. Ledit état contenant les orphelins sur le sort desquels il a été statué par la commission du VIe arrondissement jusque et y compris le 3 février 1831 ; année 1833, VIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1839 VIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, veuves et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557 lettre en date du 1er avril 1834 (COTE A VÉRIFIER ; CONFUSION ?…) ; Archives nationales F/15/2557-2559 lettre du 20 août 1834 et un état officiel des orphelins (ancien VIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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