Massey, Charles, Louis

Biographie


Né vers 1785 à Caen (Calvados). La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « Dès que l’opposition aux ordonnances Polignac se manifesta, MM. Monin aîné et H. Monin, originaires du Calvados, habitant l’hôtel des Fermes, organisèrent la résistance la plus opiniâtre au centre même des corps armés qu’il fallait combattre. Ces deux citoyens, auxquels se réunirent plusieurs voisins et leurs compatriotes Hulot, Casimir Saillenfest, Crespin, Pommery, Macey, Godefroy, etc., s’établirent militairement dans le vaste hôtel des Fermes ; ils élevèrent des barricades, dépavèrent la rue, en même temps qu’ils faisaient imprimer, répandre et afficher la proclamation suivante : “Français, tous moyens de défense sont légitimes. Dépaver les rues, jeter des pavés çà et là à un pied environ de distance, afin de ralentir la marche de la cavalerie et de l’infanterie, monter au premier, deuxième et tous étages supérieurs autant de pavés que possible (au moins vingt à trente pavés par croisée) attendre tranquillement que des bataillons soient engagés au milieu des rues avant de faire aucune décharge. Que tous les Français laissent leurs portes, couloirs et allées ouverts pour le refuge de nos tirailleurs, et pour leur porter aide ; que les habitants soient de sang-froid et sans crainte. La troupe n’osera jamais y pénétrer, trop assurée d’y trouver la mort. Il serait bien qu’il restât un individu à chaque porte, pour protéger l’entrée et la sortie de nos tirailleurs. Français, notre salut est entre nos mains ; voudrions-nous l’abandonner ? Qui de nous ne préfère la mort à l’esclavage ?” Depuis le moment de leur réunion, aucun des hommes réunis dans l’hôtel des Fermes n’a quitté les armes qu’aux portes de Rambouillet après l’abdication ; la plupart étaient aux affaires du 28 et tous se sont trouvés à la prise du Louvre, d’où ils se sont portés immédiatement, partie sur le Palais-Royal, et partie sur les Tuileries et le Carrousel. Vers deux heures après-midi, le mercredi 28 juillet, MM. Monin aîné et Jardin, propriétaire de l’hôtel, se portèrent au milieu du 53e régiment de ligne. Ils y haranguèrent quelques officiers et s’efforcèrent de les rattacher à la cause nationale. Ce fut encore M. Monin aîné qui, le 28 juillet, fit escalader en dehors les terrasses de l’église Saint-Eustache, et y organisa une défense telle qu’aucun corps armé ne pouvait s’engager dans les rues Montmartre et Traînée sans y trouver la mort. Nous apprenons que la compagnie de garde nationale composée des citoyens du quartier, a pris le nom de compagnie de l’Hôtel-des-Fermes. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 14 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27 au Palais-Royal à la lecture des journaux. Le 28 aux barricades et le 29 au combat des environs du Palais-Royal. Rambouillet. A contribué à sauver la vie à un garde royal. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 14 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et deux voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1830, il était brigadier à la 1re compagnie du 1er escadron de la garde municipale, caserné rue de Tournon. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Massay, Charles, Louis), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut, en juillet 1836 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de quatre francs, à titre de décoré de Juillet (auprès pourtant de la mairie du [ancien] XIe arrondissement ). Il reçut un secours de vingt francs en 1839, de vingt-cinq francs en 1840, de la même somme en 1841. En septembre 1842, presque continuellement malade à cause de douleurs rhumatismales, il fut mis en retraite ; après trente-deux années de service, il se plaignait de ne toucher que trois cent vingt-neuf de retraite. Il était alors père de trois enfants en bas âge, sans état et, selon les renseignements de police « dans une situation bien malheureuse ». Il reçut pour cette année-là deux secours, un de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs. Il demeurait à la caserne Tournon en 1831-1836 ; 31 bis, rue Guénégaud (un petit logement de cent vingt francs par an) de 1837 à 1842. Le Courrier français, 9 août 1830 (sous le nom de Macey) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VI1, 1836, Etat de répartition de la somme de deux cents francs affectée par M. le ministre de l’Intérieur à MM. les décorés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 14 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Macey, Charles), idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la médaille, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 Macey, Charles, Louis.

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