Masson, Joseph, François

Biographie


Né le 2 juin 1785 (mais le 8 juin 1785 dans son relevé de services militaires in Archives de la préfecture de police AA 401) à Paris, fils de Masson, Jean-Baptiste et de Boicot, Marie, Clotilde. Entré au service le 20 frimaire an 14, caporal le 6 octobre 1810, prisonnier en Russie en 1812, il participa aux campagnes de 1806, 1807, 1808, 1809, 1810 et 1811 à la Grande Armée et à l’armée d’Allemagne, dont au 25e régiment de ligne ; il fut blessé à la bataille d’Eylau, à celle de Wagram et à l’attaque de la Moskowa ; il fut réformé le 8 avril 1813, par suite de ses blessures, sans pension. Il fut admis au bureau central des poids publics en mai 1813 mais perdit son emploi à la Restauration ; il redevint graveur sur bois. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, la lettre suivante à la Commission : « […] Je repris ma profession de graveur sur bois, depuis lors je n’ai cessé de l’exercer avec persévérance ais malheureusement la faiblesse de ma vue et mes infirmités ne me permettent plus de gagner ma vie. En 1830, je pris part à la reddition du poste de l’ex-Palais-Royal et, en 1848, le 24 février, au désarmement des soldats de la caserne de Reuilly, dont je possède un fusil. Dans ces faibles services, je n’ai rempli, il est vrai, que le devoir d’un citoyen cependant j’espère dans votre justice, citoyens membres de la Commission, que vous réparerez l’insouciance des gouvernements déchus, en m’accordant soit les Invalides soit une retraite quelconque, afin de finir ma carrière honorablement et dont vous sera profondément reconnaissant. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, anciens officiers, sous-officiers et soldats de l’ex-25e régiment d’infanterie de ligne, certifions que le citoyen Masson, Joseph, François […] a toujours été un des premiers parmi nos tirailleurs de bonne volonté ; qu’il a été habituellement choisi en qualité de soldat des plus braves et des plus intelligents pour des expéditions délicates et périlleuses et que si sa conduite n’a pas obtenu les récompenses dont elle était digne, ça a été par l’effet de circonstances malheureuses et que le gouvernement républicain remplirait un acte de justice en le dédommageant d’une manière quelconque. » Signé, le 17 mars 1848 : Varion, sous-officier sédentaire ; Charrier, caporal à la 8e division aux Invalides ; Mathis, invalide à la 3e division ; Gusse, ex-sergent de grenadier, membre de la Légion d’honneur, demeurant 4, rue de Jouy ; Dorlé, ex-sous-officier, demeurant 7, rue Neuve-Berry ; Martinet, ancien officier au 25e de ligne sous l’Empire ; Gaillard, ex-cap., membre de la Légion d’honneur ; Gonelle illisible, capitaine en retraite, ex-adjoint-major au 25e de ligne, demeurant 11, rue Saint-Louis. Il était porteur de deux certificats médicaux. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie que le citoyen Joseph, François Masson, âgé de soixante-trois ans, demeurant rue du Faubourg-Saint-Antoine n° 182, est affecté de la gravelle, d’un catarrhe pulmonaire chronique et de douleurs rhumatismales dans tous les membres. Par suite des blessures et des grandes fatigues de la guerre, il a été frappé prématurément de caducité et il est hors d’état de travailler pour son existence. Sa vue est particulièrement notablement affaiblie. » Signé, le 21 mars 1848 : Raynaud, docteur en médecine. Le second certificat médical, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Joseph, François Masson, ancien militaire et graveur sur bois est affecté de la gravelle et que depuis deux ans je lui donne des soins (gratuitement bien entendu) pour cette maladie. L’état actuel de sa santé, ses services et ses blessures antérieures le rendent digne d’intérêt et des secours que la république pourra donner à ses enfants. » Signé, le 16 mars 1848 : Leroy d’Etiolles (voir Leroy d’Etiolles, Jean-Jacques, Joseph). Sa demande fut aussi appuyée par l’apostille de Recurt (voir Recurt, Adrien, Barnabé, Athanase). Il fut recommandé par la Commission pour être admis avec sa femme à l’hospice des Petits-Ménages. Il s’était marié le 15 avril 1820 et était père de deux filles en 1848. Il demeurait 182, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1848. Archives de la préfecture de police AA 401.

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