Mathié, Julien
Biographie
Né le 6 juillet 1791 à Auxerre (Yonne). Ancien militaire, devenu carrier. Il fut blessé le 29 juillet à la prise de la caserne de Babylone, au coin de la rue Mademoiselle. Le docteur Menu, demeurant passage Saint-Charles, dut lui amputer la première phalange de l’annulaire gauche. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Mathié, Julien était avec nous le 29 juillet sous les ordres de M. Labillois qui commandait notre colonne, qu’il est parti avec nous de Vaugirard et qu’il s’est battu avec courage à la caserne de Babylone. » Signé : Redon (voir Redon, Jean-Baptiste ?) ; Jamy ; Juinot ; Grasset ; Roux, François (voir ce nom ?) ; Dauché ou Bouché (voir Bouché, Charles, Etienne ?), marchand carrier ( ?), demeurant 78, rue de Vaugirard. Le deuxième : « Moi, propriétaire grand-rue de Vaugirard n° 98, certifie que le sieur Mathié a eu le doigt coupé le 29 juillet 1830 à la prise de Babylone. Moi-même je lui ai pansé son doigt et je l’ai envoyé chez M. Menu médecin passage Saint-Charles, qui lui a fait l’amputation et dans le moment il était mon locataire. » Signé le 30 mars 1831 : Meynot. Le troisième : « Nous, soussignés, certifions et attestions que le sieur Mathié, restant à Vaugirard, était présent avec nous sous le commandement de M. Labillois à l’affaire de la caserne de Babylone le 29 juillet dernier. Il s’est battu avec courage et bravoure. Il est ensuite à notre connaissance qu’il y fut blessé fortement à une main, qu’on enveloppa dans un mouchoir de poche afin d’arrêter le sang. » Signé le 9 mars 1831 : Genuel, maître menuisier, qui précisait avoir vu Mathié au coin de la rue Mademoiselle ; Bacronet illisible ; Puchat ; Salle illisible ; Duvau ; Laporte (voir Laporte, Henri ?), propriétaire à Vaugirard, garde national à la 1re compagnie de chasseurs. Il reçut un total de vingt-cinq francs de secours auprès de la sous-préfecture de Sceaux. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 29 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au doigt annulaire de la main gauche, avec perte de la première phalange de ce doigt, guérie sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1832, marié à Joiny, Angélique, née vers 1791 à Barbanne (Marne), père de quatre enfants, il sollicita des secours : « […] Il a d’autant plus besoin de la bienveillance de M. le ministre qu’il ne lui laissera point ignorer qu’étant carrier à Vaugirard, il a perdu vingt-sept chevaux en quinze mois et le reste de sa fortune a été dissipé par suite des banqueroutes qu’on lui a fait éprouver, ce qui est à la connaissance de toute la commune de Vaugirard. » Une apostille du commissaire aux réclamations des récompenses nationales du Xe arrondissement indiquait à son sujet : « […] A rendu de grands services en juillet 1830 ainsi que le 5 juin dernier. C’est un brave et ancien militaire, qui mérite non seulement d’être placé mais encore d’obtenir une indemnité ; je ne saurais trop le recommander à la bienveillance et aux bontés de M. le ministre. » Il reçut un secours de quarante francs en 1850, à titre de combattant de Juillet. En 1841, porteur d’eau, marié et père de deux enfants, malade et constamment empêché de se livrer à ses travaux, il sollicita un secours. Le ministère de l’Intérieur donnait les indications suivantes sur son compte : « […] Mérite réellement intérêt par sa position gênée, bien plus par son dénuement, le soulagement qu’il sollicite. Cet homme n’a pour industrie que la vente de quelques voies d’eau qu’il distribue au moyen d’une mauvaise petite tonne, traînée par un âne. Souvent malade, cette chétive ressource lui manque alors et lui et sa femme, qui est balayeuse, ils n’ont plus que le salaire de cinquante centimes par jour qu’elle reçoit quand elle peut travailler et quitter son mari malade. En ce moment, ils n’ont que ces cinquante centimes journaliers et ne mangeraient quelquefois que d’une manière insuffisante si la charité ne les faisait participer à une bien légère distribution d’un pain et d’une livre de viande par semaine […]. » La préfecture de police donnait, quant à elle, les renseignements suivants : « Marié, père de deux enfants, porteur d’eau. Il est propriétaire de la maison où il demeure et de deux autres propriétés à Vaugirard. Cet individu jouit d’une grande aisance et n’a aucunement besoin de secours. » L’apostille suivante est inscrite sur cette note : « Ces renseignements sont inexacts. Il est indigent et secouru par la commune. Il vient de subir une opération très grave et ne peut payer le chirurgien. Il reçoit de la société de bienfaisance deux kilos de pain par semaine. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs puis un autre de quarante francs en 1841. En 1842, la préfecture de police persistait dans ses renseignements : « […] Marié, père de deux enfants, est un ancien porteur d’eau, qui s’est retiré avec une petite fortune. Il a deux maisons et la réputation d’un avare. » Mais, la même année, il avait encore deux enfants à sa charge et était « dans l’indigence la plus complète » selon un certificat de la mairie. Il reçut un secours de cinquante francs puis un autre de vingt-cinq francs en 1842, un secours de vingt-cinq francs en 1843. En 1844, opéré du larynx en 1842 et contraint de respirer à l’aide d’une canule, alité depuis plusieurs jours, incapable de se livrer à « aucun travail qui demande l’emploi de quelque forces » selon un certificat médical, il sollicitait un secours et obtint vingt-cinq francs. Il reçut un secours de quarante francs en 1848. En 1849, « malheureux, sans ouvrage, après avoir élevé beaucoup d’enfants, qui à leur tour sont sans occupation », il sollicita un secours et obtint quarante francs. En 1850, les renseignements suivants étaient rapportés sur son compte : « Le sieur Mathié, Julien, entrepreneur de balayage, combattant de Juillet, né le 6 juillet 1791 à Auxerre (Yonne), marié et père de deux enfants, réside depuis trente-deux ans à Plaisance, commune de Vaugirard, rue de l’Ouest, n° 12, où on ne dit que du bien de sa conduite morale et politique. Cet individu, qui était propriétaire de la maison qu’il habite, a été exproprié par autorité de justice depuis la révolution de Février, par suite des pertes qu’il a éprouvées et il en est réduit aujourd’hui à vivre du produit de son entreprise de balayage, qui lui rapporte un franc cinquante par jour. D’un autre côté, le nommé Mathié est toujours souffrant de la blessure qu’il a reçue en Juillet ; il ne peut se livrer à aucun travail manuel. Cet individu a été écroué à La Force, le 21 mai 1827, pour banqueroute frauduleuse mais renvoyé par jugement le 31 du même mois. » Il obtint un secours de cinquante francs en juin 1850. Il mourut le 28 décembre 1850. En 1852, les renseignements suivants étaient donnés sur la veuve : « […] Cette femme n’est pas heureuse, elle fait des ménages quand elle en trouve. Son fils est entrepreneur de balayage et n’est pas heureux non plus. Les renseignements obtenus sur sa moralité et sa probité lui sont favorables. » Elle obtint un secours de quarante francs en 1852. En 1853, la veuve, souffrant d’une infirmité incurable, un fils affecté d’une ankylose de l’estomac, toujours balayeuse des rues, elle sollicita un secours. En 1854, « estropiée, dans l’impossibilité de se livrer à aucun travail, […] sans soutien et tombée dans une profonde misère, dénuée de tous moyens d’existence », elle sollicita un secours et obtint un secours de quarante francs. En 1855, les renseignements suivants étaient transmis sur son compte : « La dame veuve Mathié est âgée de soixante à soixante-deux ans. Depuis le 8 juillet dernier, cette femme n’habite plus l’impasse du Maine n° 8. Nous nous sommes présentés chez ses enfants, rue Pernety n° 10, à Plaisance pour savoir son adresse ; ils n’ont pas voulu nous la donner. La veuve Mathié est balayeuse. Elle est restée un an impasse du Maine n° 8. Cette femme gagne un franc par jour. Elle occupait une petite chambre, qu’elle payait soixante-dix francs par an. Elle n’est pas heureuse. Elle a eu beaucoup de peine à payer son dernier terme. Son fils a souscrit un billet de vingt-sept francs pour que sa mère puisse déménager tous ses meubles. Son fils est entrepreneur de balayage à Plaisance, il aide très peu sa mère. Cette femme était bien considérée dans la maison qu’elle habitait et passait pour être dans une malheureuse position. » Elle obtint un secours de quarante francs en 1855. En 1856, la même administration rapportait à son sujet : « Veuve depuis cinq ans. […] Cette femme a deux enfants, qui sont journaliers. Le plus jeune a vingt-six ans, il est malade et alité depuis cinq jours. L’aîné a vingt-huit ans, il travaille par corvée. La mère fait des savonnages chez des particuliers mais gagne peu de choses, n’étant occupée que trois jours par semaine. Elle est âgée de soixante-cinq ans. Depuis quatre ans, elle occupe avec ses fils une chambre au rez-de-chaussée rue Pernety 10, à Plaisance, qu’elle paye quatre-vingt-dix francs par an. Cette chambre est humide et malsaine. Son mobilier se compose d’un mauvais lit et d’une commode dans un très mauvais état, le tout ne valant pas quinze francs. La veuve Mathié a des infirmités qui l’obligent à porter des bandages, dont elle ne peut se passer. Elle a fait une chute, jeudi dernier, et on a été obligé de la porter chez elle. Les renseignements obtenus sur la veuve Mathié sont en sa faveur. Elle a une bonne conduite mais tous ceux qui la connaissent s’accordent à dire qu’elle est dans le plus grand besoin. » Elle obtint un secours de quarante francs en 1856. En 1857, atteinte d’une hernie grave en plus de ses autres infirmités, incapable de se livrer à aucun travail difficile, elle sollicita un secours. Elle obtint un secours de quarante francs en 1857, un secours de quarante francs en 1858, un secours de quarante francs en 1859, un secours de quarante francs en 1860, un secours de quarante francs en 1861, un secours de quarante francs en 1862. En 1863, la préfecture de police, donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] La nommée Angélique Joigny, veuve Mathié, née à Barbonne (Marne), âgée de soixante-dix ans, occupe à l’adresse indiquée rue Henrion-de-Pansey, n° 5, un logement de cent quatre-vingts francs de loyer annuel, qu’elle paie régulièrement. Elle exerce l’état de chiffonnière et gagne environ un franc et vingt-cinq centimes par jour. Son fils, établi marchand de vin traiteur, rue de Vanves n° 160, lui viendrait en aide. On signale la pétitionnaire comme se livrant habituellement à l’intempérance. » En 1864, « malheureuse, sans ressources, et souvent sans demeure vu son incapacité de pouvoir payer son loyer ; dernièrement elle a été jetée à la rue faute de payer son loyer », elle sollicita un secours. Mathié demeurait grand-rue à Vaugirard en 1830 ; 165, rue de Sèvres en 1831 ; 18, rue de Saxe en 1832 ; 12, rue de l’Ouest au « village de Plaisance », commune de Vaugirard en 1841-1850 ; sa veuve, toujours 12, rue de l’Ouest en 1852-1853 ; 8, impasse du Maine à Paris en 1854 ; 10, rue Pernety, « dans un hangar où l’humidité pénètre partout », en 1856-1860 ; 20, rue Pernety en 1861 ; 11, cité Boer dans la rue du Terrier-aux-Lapins puis 26, rue de la Procession (et aussi 126, rue de la Procession dans la même année mais ce numéro existe-t-il ?) à Plaisance en 1862 ; 5, rue Henrion-de-Pancey, un logement au loyer annuel de cent trente francs, en 1863 ; 160, rue de Vanves en 1864. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe de l’arrondissement de Sceaux auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 91 ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F 15 3791-3792 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem rapport du 18 juin 1850 et suivants, minutes 120-126, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852. Il s’appelle peut-être Mahé en fait…. A priori non Mathié in F/15/3791-3792