Mathieu, Pierre

Biographie


Né à Longwy (Moselle), le 5 février 1791. Ebéniste, ancien militaire sous l’Empire (sans doute serrurier dans l’armée et la garde municipale). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé (demeurant 17, rue du Rocher et cordonnier…). Fieschi, dans une de ses déclarations, dit à son sujet : « Un jour, Mathieu descendait de la barrière avec son neveu ; il me rencontra dans la rue Moreau, presque devant sa porte. Il me dit : “Touchez donc là, en me portant la main dans son dos. – Qu’est-ce que c’est que cela ? – C’est, me répondit-il, de la graine d’oignon (de la poudre). – Vous en avez donc beaucoup ? – J’en ai huit livres.” C’était au mois de juin dernier. Mathieu, ébéniste, qui reste rue Moreau, n° 11, a rentré beaucoup de poudre en ville vers le mois de juin (cette année). Mathieu se procurait cette poudre par un garde d’artillerie de Vincennes. Je ne le connais pas. [...] Un jour, Mathieu revint avec un fusil de munition qu’il avait acheté à Vincennes, je ne sais à qui. Un jour, Deck (Dècle ?) me dit que c’était un capitaine d’artillerie ou du génie qui chargeait Mathieu d’avoir de la poudre... Il m’a dit à moi-même “Oh ! la graine d’oignon ne manque pas, j’en ai déjà distribué plus de 300 livres.” » Mathieu faisait partie des individus dont parla Fieschi à Lavocat et dont celui-ci ne voulut pas révéler les noms, parce qu’ils étaient ses anciens compagnons, Fieschi dit de lui : « [...] Il y a à la Gare un atelier de charpentiers, je crois, composé d’un vingtaine de jeunes gens qui sont tous armés et capables de tout ; ils allaient voir Mathieu. Il y a aussi un certain Mathieu, ancien garde municipal, ébéniste, rue Moreau, n° 11. C’est un homme dangereux, il a un garçon de 15 à 16 ans également dangereux. » Selon Fieschi, Mathieu était poursuivi ou recherché en 1835 ; il ne sait pas s’il appartenait à la Société des Droits de l’Homme. Le juge dit à Mathieu qu’il était signalé par l’exaltation de ses opinions ; il n’y a cependant pas de renseignement de Gisquet à son sujet. Mathieu avait été garde municipal jusqu’en 1832. Mathieu fut mis en prison cinq jours à la Conciergerie et confronté à Fieschi, qui le reconnaît et donne son identité. De très nombreux certificats des voisins de Mathieu attestent qu’il est « un homme totalement retiré des affaires politiques, homme de labeur et de commerce ». Il réapparut dans l’affaire Quenisset, parce que Dufour parla de lui ainsi : « Il y a dans le faubourg un homme sur lequel la sollicitude de la police doit être éveillée ; c’est le nommé Mathieu, ébéniste, qui reste près de la cour de Bourgogne. Il n’est pas chef de groupe, lui, mais il est l’un de ceux qui cherchent à volcaniser les esprits. » Une note du préfet de police dit de lui : « On connaît beaucoup de Mathieu, mais celui dont parle Dufour paraît être Mathieu, ébéniste, ancien garde municipal, signalé dès 1835 comme étant en rapport avec des républicains. Il demeurait alors rue Moreau, n° 11. On ajoutait qu’il avait un fils de 15 à 16 ans, aussi fort dangereux. » Il reçut 25 francs de secours en 1842. Père de quatre enfants, il reçut un secours de 40 francs en 1844, de 40 francs en 1845, de 25 francs en 1846, de 40 francs en 1847. En 1843, sans doute fabricant de meubles, la police rapportait qu’il employait deux ouvriers, faisait « d’assez bonnes affaires » et n’avait pas « recueilli de mauvais renseignements sur son compte » ; puis, en 1844, qu’il employait sept à huit ouvriers, ajoutant qu’il « jouit d’une bonne réputation et fait très bien ses affaires ». Il fut transporté à Belle-Ile-en-Mer, suite aux événements de juin 1848. En 1849, sa femme, qui demeurait 15, rue Saint-Nicolas, faubourg Saint-Antoine fit une demande de secours. En 1850, libéré, sans travaux ses infirmités l’empêchant de gagner sa vie, il fit une autre demande de secours ; un certificat de notoriété, apostillé de très nombreuses signatures, attestait qu’il s’était « toujours comporté avec honnêteté et probité ». Il disait avoir été prisonnier politique sous la monarchie de Juillet. La police notait cependant à son sujet : « Transporté en juin […], arrivé de Belle-Ile par le dernier convoi. Il est ébéniste et n’a pas encore d’ouvrage. […] C’est un ivrogne dont la tête est fort mauvaise quand il est pris de boisson. Il doit deux termes arriérés au principal locataire. » Sa dernière demande de secours fut rejetée. Il demeurait 17, rue du Rocher en 1831 ; 11, rue Moreau (au 2e étage sur la rue où il avait aussi son atelier d’ébénisterie) en 1835 ; 84, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1845 depuis six ans ; 63, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1846-1848 ; 15, rue Saint-Nicolas-Saint-Antoine en 1849 ; 24, rue de Charonne en 1850. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84 ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Archives nationales CC 673, déclarations à Lavocat, CC 679 dossier Mathieu, CC 689 D5 pièce 8, interrogatoire de Fieschi du 24 septembre 1835, CC 783 supplément Colombier et dossier Dufour ; Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, volume 1, Paris, 1836, p. 89 et 90. Voir aussi Delaguepierre.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Un instant ...

Serveur occupé, tentative de reconnexion dans secondes.

Veuillez recharger la page.

Session mise en pause par le serveur.

Veuillez recharger la page.