Mathiot, Charles
Biographie
Né vers 1804 à Metz (Moselle). Tailleur d’habits. Il s’illustra rue des Prouvaires, au Louvre, aux Tuileries et au Palais-Royal. Il ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales ; il réclama, en vain par une lettre en date du 12 septembre 1830 à cette Commission. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa la lettre suivante à la Commission : « Mathiot, Charles […] a l’honneur de vous exposer que dans les trois journées de juillet 1830, voulant donner des preuves de dévouement à la cause nationale, il n’a cessé de se porter aux endroits où le danger était le plus imminent. Le 27, il n’a pas quitté un seul instant la rue Saint-Honoré, où, à plusieurs reprises, il fut repoussé comme tous les citoyens qui, ainsi que lui, avaient embrassé la même cause, par la gendarmerie et la garde royale. L’exposant eut ce jour-là sa redingote coupée d’un coup de sabre que lui porta un gendarme. Le 28 au matin, il fut occupé pendant près d’une heure à sonner le tocsin ; il se transporta ensuite rue des Prouvaires, au marché de la viande, où pendant plusieurs heures il fut du nombre de ceux qui eurent à repousser les attaques multipliées des grenadiers du 15e léger, jusqu’au moment où un régiment suisse survenant nous eûmes à soutenir le feu de trois bataillons. Ce régiment fut mis en déroute et poursuivi jusqu’aux rues Montorgueil, Mandar et Montmartre. J’étais toujours du nombre des poursuivants et j’aidais même par mes conseils à faire élever la première barricade qui servit à protéger le feu des assaillants. Le même jour au soir, on reçut l’ordre de se transporter dans plusieurs théâtres pour y faire rendre les armes qui pouvaient y être en magasin. J’étais encore de cette expédition. Le 29 au matin, je me rendis à la place des Petits-Pères, d’où nous partîmes pour avoir des armes. Nous fûmes à même de nous en procurer en désarmant le poste de la Banque de France qui y faisait le service. On se porta ensuite sur la place des Victoires et de là on se rendit à celle du Châtelet. Avec une centaine environ de tirailleurs dont j’étais du nombre, on procéda à la prise du Louvre. J’y reçus une légère blessure au pouce de la main droite. Le nombre des personnes qui nous avaient rejoints augmentant de plus en plus, on se porta aux Tuileries où une compagnie du 1er régiment de la garde royale fut désarmée. J’ai toujours été présent à ces expéditions et je n’ai quitté mon fusil que lorsque tout fut disposé à n’avoir plus à craindre le feu des assaillants (sic). Tous ces faits étant à la connaissance de personnes dignes de foi et qui peuvent en attester la véracité, je joins à ma demande un certificat revêtu de leurs signatures. Veuillez, messieurs, y avoir égard et veuillez, je vous prie, me porter au nombre de ceux qui peuvent avoir quelque droit aux bontés de la Commission. » Il joignait le certificat suivant à sa demande : « Nous attestons que M. Mathiot, Charles a donné dans les trois journées de juillet 1830 des preuves de dévouement à la cause nationale. » Signé, le 3 juillet 1831 : Mandart, demeurant 17, rue des Prouvaires ; Hidelot (voir ce nom), demeurant rue du Four-Saint-Honoré ; Natter, demeurant 9, rue des Deux-Ecus ; Calvet, V., demeurant 161, rue Saint-Honoré ; Villas, demeurant 12, rue de Chartres ; ...aut, demeurant 12, rue de Chartres ; Doneau, demeurant 15, rue de la Bibliothèque ; Veret, demeurant 15, rue Montorgueil ; Guiard, demeurant 28, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il demeurait 24, rue Aubry-le-Boucher en juillet 1830 ; 6, rue de la Bibliothèque en 1831. Archives de la préfecture de police AA 402.