Mathon, Nicolas, Pascal, Emmanuel
Biographie
Né le 4 juin 1790 à Beauvais (Oise). Entré au service comme soldat à la 10e cohorte devenue 155e régiment de ligne le 29 juin 1792, caporal le 25 mai 1813, à la 3e compagnie du 54e de ligne jusqu’en septembre 1815 ; il fit les campagnes de 1813 et 1814 et fut blessé d’un coup de feu à Weissig, le 19 mai 1813. Perruquier-coiffeur à Sèvres en 1830. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Nicolas, Pascal, Emmanuel Mathon, perruquier-coiffeur, demeurant à Sèvres, chasseur de la 2e compagnie du bataillon de la garde nationale de cette commune, ancien caporal au 54e régiment de ligne, blessé d’un coup de feu en 1813 à Weissig, s’est conduit, à l’époque des journées de juillet 1830, de manière à mériter la récompense affectée aux belles actions des citoyens qui se sont distingués pendant la grande semaine. Le fait suivant le prouvera. Le 31 juillet, au moment où les Parisiens entraient dans Sèvres, un peloton de lanciers de l’ex-garde royale, battant en retraite sur Chaville, rencontra sur la route devant l’église plusieurs Suisses de la même garde que les habitants de Sèvres avaient décidés à déposer les armes. Les lanciers voulaient obliger les Suisses à reprendre leurs armes et à marcher contre les Parisiens et menaçaient de faire feu sur eux s’ils n’obéissaient. A ce moment le sieur Mathon, n’écoutant que son courage et son patriotisme, s’élança au-devant des lanciers et, se jetant entre eux et les Suisses, fit observer à leur chef que les Suisses étaient désarmés ou s’étaient rendus, qu’ils étaient sous la protection des habitants de Sèvres et que si les lanciers voulaient faire feu ils devaient avant de marcher sur ces Suisses, comme lui sans défense, passer sur son corps. Cette observation, faite avec courage et sang-froid, désarma les lanciers qui poursuivirent leur route. Ce fait dont nous avons été témoins nous a porté à engager le sieur Mathon à faire les démarches nécessaires pour obtenir la récompense que nous pensons lui être due. Sa modestie lui a fait garder le silence jusqu’à ce jour. Ce n’est que pour céder aux instances de ses camarades qu’il se décide enfin à réclamer le prix d’une action aussi courageuse que humaine. Nous certifions en outre qu’il était du nombre des habitants de Sèvres qui ont accompagné les Parisiens à Rambouillet. » Signé le 6 décembre 1831 (por les noms lisibles ou à peu près) : Compoint, T., sergent-major de la 2e compagnie de chasseurs et membre du conseil d’administration ; Feuché, sergent et membre du conseil municipal ; Chartier, sergent de chasseurs ; Pérou ( ?), chasseur de la 2e compagnie ; Perin ; Porgeon, caporal ; Boutillier ; Garcelier. Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la demande de décoration, qu’il avait présentée : « Le sieur Mathon a sauvé la vie à plusieurs Suisses ; le courage qu’il a montré dans cette circonstance et le danger qu’il a couru le rendent digne de la médaille. » Il signa, le 6 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Legrand, Louis, Alexandre : « Nous, soussignés, 1° Etienne, François, Denis, propriétaire, maître blanchisseur, 2°Etienne Poulain, instituteur 3°) Louis, Balthazar Descoins (voir Descoins, Louis, Antoine, Balthasar), maître blanchisseur, 4°) Nicolas, Pascal, Emmanuel Mathon, (voir ce nom), maître perruquier 5°) Pierre, Jacques Vernois, maître menuisier 6°) Noël Lécuyer, propriétaire, grenadier de la garde nationale 7°) Louis, Marie Lapierre, sous-lieutenant de grenadiers, demeurant tous à Sèvres, attestons à tous qu’il appartiendra que M. Louis, Alexandre Legrand, clerc de notaire, demeurant à Sèvres, fut l’un des premiers qui, dans la commune de Sèvres, dans la journée du 30 juillet 1830, s’étant approché d’un bataillon suisse qui stationnait et peu après la lecture faite aux officiers de quelques journaux rendant compte des événements, et notamment de proclamation du général Pajol et autres, somma l’un de ces officiers de lui remettre son épée et lui offrit même de lui échanger ses habits pour gagner Paris ; mais qu’une charge de lanciers de l’ex-garde s’étant exécutée inopinément à la nouvelle du désarmement des Suisses, il fut empêché de satisfaire à cette offre quoiqu’il se fût emparé de l’épée. » Il signa, le 7 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Legrand, Louis, Alexandre : « Nous, soussignés, Pierre, Jacques Vernois, maître menuisier ; Noël Lécuyer, propriétaire, grenadier de la garde nationale ; Nicolas, Pascal, Emmanuel Mathon, maître perruquier ; Isidore Boizard, grenadier, demeurant tous à Sèvres, attestons à qui besoin sera qu’il est à notre connaissance que M. Alexandre Legrand, le 30 juillet 1830 à 3 heures de l’après-midi, arrêta dans la commune de Sèvres deux sous-officiers du 55e régiment de ligne, se rendant à Paris, dont l’un d’eux était porteur d’un sabre, qu’il lui enjoignit de lui remettre, attendu qu’il devait circuler sans armes ; ce qui fut effectué sur-le-champ, quoique en résistant, chez le sieur Vernois à Sèvres. M. Legrand n’avait aucune arme, il portait à sa boutonnière un nœud tricolore. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la Commission des récompenses nationales réunie dans le département de la Seine-et-Oise. Il demeurait à Sèvres en 1831. Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances n° 26, 2e section, ordonnance n° 1137 du 17 juillet 1832, Paris, Imprimerie royale, mars 1833, p. 2, ordonnance du roi qui décerne la Croix de Juillet à quarante-deux citoyens et la médaille de Juillet à cinquante-huit citoyens ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.