Matis, Jean, Sébastien
Biographie
Né le 20 janvier 1780 à Thionville (Moselle). Ex-employé, pensionné du gouvernement. Il apostilla, le 13 juin 1831 et comme « présent à l’action », le certificat suivant délivré par Siscot, Edouard (voir ce nom) en faveur de Coade, Philippe, François (voir ce nom) : « Je certifie que le sieur Philippe, François Coade s’est trouvé à la prise de la caserne Babylone et qu’il était un de ceux qui servait la pièce de canon qui était braquée rue Traverse n° 8 et qu’il s’est comporté digne d’un brave homme, dévoué à la cause constitutionnelle et qui plus c’est lui lorsque je fus blessé qui me ramassa et me fit entrer dans la susdite maison n) 8 (vacherie), où l’on m’a porté les premiers secours. Je lui ai délivré le présent certificat pour constater sa présence à ladite affaire. » Il était commissaire pour le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Matys, Jean, Sébastien sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il comparut, le 30 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, pour attester savoir que la blessure reçue par Poinsard, Charles au pied droit provenait « d’un coup de feu dont il a été atteint à l’affaire de la caserne Babylone, le 29 juillet 1830 ». Il signa, comme « frère du général commandant le département du Pas-de-Calais », le 23 août 1830, le certificat suivant en faveur de Vessière, Jean-Jacques : « Nous, soussignés, certifions que M. Vessière, ouvrier menuisier, demeurant rue de Sèvres n° 109, s’est conduit d’une manière distinguée à la prise de la caserne de Babylone le 29 juillet dernier, ayant été atteint d’un coup de feu qu’il a reçu à l’œil gauch. M. Vessière mérite sous tous les rapports une indemnité ; les soussignés prennent la liberté de le recommander à l’autorité supérieure dans cette circonstance. Le sieur Vessière a toujours été reconnu pour un très bon sujet. » Il signa le certificat suivant en faveur de Monin, Alexandre : « J’ai vu M. Monin à la caserne de Babylone se distinguer d’une manière digne du plus grand éloge. Il a prouvé qu’il se rappelait d’avoir servi avec honneur sous nos anciennes couleurs et il a rendu de grands services pendant et après l’action aux blessés. » Il apostilla, en 1831, ainsi la demande de secours présentée par Muller, Marie, Marguerite, veuve de Marande : « Le 29 juillet 1830, madame de Marande, au péril de sa vie, est venue soigner les blessés près de moi sous le feu des Suisses. Cette brave dame, d’après mon invitation, a donné ses paillasses afin de tenter de mettre le feu à la caserne de Babylone pour épargner l’effusion du sang. Il ne pouvait entrer ni sortir personne de la maison 9, rue Traverse, où nous demeurons sans être exposé à se faire tuer. Mme Demarande, ne consultant que l’impulsion de son cœur pour rendre service à l’humanité, s’est exposée aux plus grands dangers et elle a tout sacrifié ce qu’elle possédait. Ayant été témoin de tous ces faits et connaissant sa cruelle position, c’est sous ces rapports que je prends la liberté de la recommander aux bontés et à la bienveillance de monsieur le président des ministres. Madame de Marande ayant perdu sa pension de la liste civile et n’ayant pas d’autres ressources, se trouve dans la misère la plus affreuse. » Puis de la même manière en 1834 : « Je certifie que le 29 juillet 1830, étant dans la rue de Traverse et près de la maison du n° 9 (où je demeure) à faire enlever des blessés, entre autres MM. Joubert et Oger, élèves de l’Ecole polytechnique, qui étaient sous le feu des Suisses, madame veuve Demarande, me voyant dans un extrême embarras et ne consultant que son cœur, est venue m’aider à les soigner et à les enlever pour les conduire en notre domicile rue Traverse, n° 9, où ils ont été soignés et traités à nos frais ; plus, elle a donné tout son linge, ses matelas, pour faire transporter les blessés à l’hospice Necker. Cette brave et digne dame a couru les plus grands dangers en plusieurs circonstances, d’après le rapport des élève de l’Ecole et le mien. Elle a été décorée mais, le même jour, elle a perdu sa pension sur la liste civile. Il est aussi à ma connaissance que madame Demarande est veuve de deux officiers supérieurs, qu’elle a deux fils officiers, l’un dans le 39e et l’autre dans le 44e de ligne, qui se sont dernièrement distingués en Vendée ; qu’elle a été entièrement ruinée par les deux révolutions. Personne, plus que madame Demarande, ne mérite de conserver sa pension sur la nouvelle liste civile ou une autre récompense nationale. » Il comparut, le 30 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, pour attester que Sisco, Edouard avait « reçu au côté gauche une balle, en combattant le 29 juillet 1830 à la prise de la caserne de Babylone ». De la même manière, il comparut, le 31 avril le maire du (ancien) Xe arrondissement, pour attester que Sisco, Edouard avait « été par suite de sa blessure reçue le 29 juillet dans l’impossibilité de travailler pendant six semaines et que cette suspension de travaux lui a fait perdre ses pratiques, ce qui le réduit à une position nécessiteuse ». Il apostilla ainsi la lettre que fit Carbon, Louis pour tenter de faire valoir ses droits à une récompense honorifique : « Il est à ma connaissance que le sieur Carbon s’est conduit comme un brave et digne citoyen lors des événements de Juillet. Il mérite sous tous les partie du manuscrit brûlée. » Il introduisit Mayesky, François auprès de la Commission des Réclamants et devait par conséquent être un des animateurs de cette Commission. Il signa, le 10 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Servot, Edme, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Servot, sapeur-pompier, demeurant rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, s’est conduit d’une manière distinguée à la prise de la caserne de Babylone. Il a aidé à servir la pièce de canon qui était commandée par M. Joubert (voir Jaubert, Pierre, Maurice, Ferdinand), élève de l’Ecole polytechnique. M. Servot a failli être tué, il a reçu une balle à son casque, il mérite une récompense nationale. » Il apostilla ainsi et comme « pensionné du gouvernement et frère du général Matis commandant le département du Pas-de-Calais » la lettre adressée, le 23 novembre 1830, par Spiquel, au préfet de police, pour obtenir un emploi dans les éclairages en récompense de sa conduite en juillet : « Personne plus que M. et Mme Spiquel méritent d’obtenir des récompenses ; ils se sont exposés plus que d’autres pour retirer d’embarras les braves blessés qui se sont sacrifiés pour la bonne cause ; je ne pourrai jamais assez les recommander aux bontés et à la bienveillance de M. le préfet. » Ajoutant aussi : « Pour rendre hommage à la vérité, il est intéressant de dire que Mme Spiquel a eu le courage, au péril de sa vie, d’ouvrir la porte cochère du n° 9 de la rue Traverse pour tirer d’embarras près de deux cents braves qui se trouvaient sous le feu des Suisses et que son mari avec mon fils sont arrivés de suite avec des échelles pour faire passer ces braves dans la rue des Broderies et les retirer du danger éminent où ils se trouvaient. » Il signa, le 21 septembre 1830 et comme « pensionné du gouvernement et frère du général Matis commandant le département du Pas-de-Calais », le certificat suivant en faveur de Songy, Nicolas, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Songy, Nicolas, demeurant rue Mademoiselle n° 2, entrepreneur de bâtiment, s’est conduit d’une manière distinguée et honorable lors de la prise de la caserne de Babylone, le 29 juillet dernier ; il s’est fait un devoir, comme bon citoyen, d’aider à relever les blessés, au péril de sa vie, et de les transporter rue de Traverse n° 9. M. Songy est venu offrir ses services après avoir obtenu de grands succès dans la rue de Richelieu et environs, où il commandait une soixantaine d’hommes. M. Songy a prouvé qu’il était aussi brave qu’habile dans cette circonstance, où il a rendu de grands services. » Sa médaille lui fut délivrée le 4 août 1831 et son brevet le 8 septembre de la même année (il signa bien le récépissé de remise de ses médaille et brevet de son nom de Matis). Son nom est, comme décoré de la médaille de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Mattis), auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis), il adressa, le 20 mai 1832 (soit peu avant l’émeute des 5 et 6 juin et la saisie des papiers de la Commission des réclamants de Juillet), la lettre suivante à Montalivet, ministre de l’Intérieur, qui reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Matis se présentait, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme un soutien indéfectible au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Intérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la Croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la Croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » Les signataires de cette lettre furent : Krouch ; Rioland ; Fleury, Marie, François ; Gigoat ; Jamois ; Caron, Louis, Joseph ; Mathié ; Charlet ; Marchal, Philippe ; Fröhlich, Henry ; Gerard ; Sibert ; Laporte ; Vogel ; Dally, François ; Buquet ; Muller, Marie, Marguerite, veuve de Marande ; Doussamy ; Moisson ; Casier, Guillaume, Robert ; Daubin, Jean-Baptiste ; Cholot, Jean, Pierre ; Mayesky ; Monin ; Oget ; Delétrés, Charles, Joseph ; Levron ; Barbier, Charles, Laurent ; Siscot ou Sisco, Edouard ; Sisco ou Siscot, née Petit, Elisabeth, Julie ; Leroi ; Têtefort, Amable ; Spiquel ; Renier ; Grandjean, Nicolas ; Bourriez, Léopold, Denis, Jean ; Lalande ; Motteau, Michel, Cyriaque. En 1834, il apostilla de la manière suivante la demande que présentait Werner, Jean-Jacques (voir ce nom) pour obtenir la Légion d’honneur : « Personne plus que moi a été à même de juger et de reconnaître les grands services qu’a rendus M. Werner comme commissaire aux réclamations. Je ne saurais jamais assez le recommander aux bontés et à la bienveillance de M. le ministre, en déclarant à Son Excellence que personne plus que M. Werner mérite une récompense nationale. Toutes les pièces qu’il a adressées à M. le ministre le prouvent d’une manière positive et ce sont par ces motifs que tous les décorés verraient avec satisfaction et reconnaissance donner la croix de la Légion d’honneur à ce bon citoyen qui en perdant sa grande fortune, sut sacrifier même sa vie pour sauver plus de quatre-vingts Suisses afin d’être utile à l’humanité, épargner le sang français et sauver au gouvernement la caserne de Babylone, lors de l’affaire du 29 juillet 1830. » Il était le frère du général Matis et du président du tribunal de commerce de Calais. Il demeurait 9, rue Traverse-Saint-Germain en 1830-1834. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3 ; Archives de Paris 9AZ 3 (9AZ 168 Werner, Jean-Jacques) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Matys, Jean, Sébastien) ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Coade, Philippe, François ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Poinsard, Charles ; Archives nationales F/1dIII/76 in dossier Sisco ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Vessière, Jean-Jacques ; Archives nationales F/1dIII/82 ; Archives nationales F/9/1156 in dossier Muller, Marie, Marguerite, veuve de Marande ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Carbon, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mayesky, François ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Monin, Alexandre ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Servot, Edme, dossier Spiquel, dossier Songy, Nicolas.