Maugé, Henri, Stéphane
Biographie
Né vers 1806 à Bonnel (Seine-et-Oise). Compositeur typographe. Il fut blessé en juillet 1830. Sa participation aux combats de Juillet sera attestée par au moins deux certificats qui lui seront délivré en 1839. Chaudesaigues (voir Chaudesaigues, Jean), décoré de Juillet, qui lui délivra le certificat suivant : « Je certifie que le sieur Maugé, Henri, Stéphane a combattu en 1830, depuis le 27 juillet jusqu’au 3 août, et qu’il s’est comporté en brave citoyen à l’Hôtel de ville, au Louvre, aux Tuileries, à Saint-Cloud et à Rambouillet et que partout il a déployé la plus grande intrépidité et le plus grand courage, ce que je puis assurer sur l’honneur comme décoré de Juillet. » Signé, le 15 mars 1839 : Chaudesaigues, Jean, demeurant 20, rue des Carmes. Gervais (voir Gervais, Henri, Narcisse), blessé de Juillet, qui témoigna de sa présence à ses côtés quand il fut lui-même blessé le 29 juillet à l’attaque du Louvre : « Moi, Henri, Narcisse Gervais, certifie que le nommé Maugé, Henri, Stéphane s’est trouvé à combattre avec moi dans les journées de Juillet et qu’il était présent lorsque j’ai été blessé à l’attaque du Louvre le 29 juillet 1830, chose que je puis attester sur l’honneur comme témoin oculaire des faits. » Signé, le 15 mars 1839 : Gervais, Henri, Narcisse, demeurant 15, rue des Prêcheurs. Le 2 mars 1831, il comparut devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement pour « pour vérité et notoriété parfaitement connaître le nommé Alphonse, Nicolas, François Besson (voir ce nom) […] savoir qu’il a combattu les 28 et 29 juillet dernier et qu’il a été blessé le 29 à la caserne Babylone d’un coup de feu au bras gauche ». Maugé était garde national à la 7e compagnie du 2e bataillon de la Xe légion et participa en cette qualité aux opérations de maintien de l’ordre contre, affirmait-il, « toutes les émeutes qui suivirent notre belle révolution » et ce jusqu’en 1840. En 1839, il sollicita d’être admis à l’Imprimerie royale comme compositeur typographe. Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1839. Cette année-là, Lemaitre, sergent-major de la 2e compagnie du 2e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale, lui délivra un certificat attestant qu’il avait « servi pendant six années dans les rangs de la 2e compagnie, ne qualité de caporal pendant cinq ans et un an en qualité de sergent et que pendant ledit temps il a fait preuve de dévouement à la dynastie de Juillet et qu’il s’est toujours concilié l’amitié de ses camarades et l’estime de ses chefs ». Il reçut un secours de quarante francs en 1840. En 1841, la police recueillit sur lui les renseignements suivants : « Par suite d’une forte maladie a perdu son occupation. Aussi sa position n’est pas heureuse et, depuis quatre mois, est-il obligé de vendre avec sa femme des macarons dans les guinguettes hors barrière. Du reste, on ne peut donner que de bons renseignements sur sa conduite. Il ne s’occupe pas de politique et ses opinions ne sont pas contraires au gouvernement. » Le 30 juin 1841, Jadras, capitaine, et Lemaitre, sergent-major de la 2e compagnie du 2e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale lui délivra un certificat pour attester qu’il avait fait partie de cette compagnie pendant six ans, « qu’il s’y est comporté en brave garde national » et qu’il n’avait fait l’objet d’aucune plainte. En septembre 1842, il écrivait au ministère de l’Intérieur : « Monseigneur, Permettez à un homme tout dévoué la dynastie de Juillet de vous soumettre cette petite brochure sur la mort d’un prince si justement regretté. J’ai mis tous mes soins à recueillir les documents les plus authentiques et à renfermer dans dix pages de texte les principaux faits de la vie de cet infortuné prince et à en faire ressortir toutes les qualités qui le faisaient tant aimer. J’ai publié ce petit ouvrage dans les campagnes, dans les villes et les villages à vingt lieues de Paris. J’aurais voulu, s’il m’eût été possible, faire partager à la France entière les regrets que j’éprouvais et, à mon grand contentement, j’ai trouvé beaucoup de sympathie dans les départements de la Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Aisne, Oise. J’avais eu soin de mettre le prix à la portée de la classe ouvrière (cinq centimes) afin de lui donner plus de publicité. J’y ai sacrifié les vingt-cinq francs d’indemnité qu’il avait plu à Votre Excellence de m’accorder au mois de juillet dernier, ne pouvant mieux employer cet argent qu’à faire regretter un prince si digne de notre amour et de nos regrets et pour qui j’aurais donné ma vie. J’espère, monsieur le ministre, que vous voudrez bien accueillir ce petit ouvrage et jeter un regard de bienveillance sur son auteur dont la position est on ne peut plus gênée dans ce moment, sans argent et sans ouvrage depuis trois mois, il n’a d’espoir qu’en votre bonté toute paternelle. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1842, un secours de quarante francs en 1844, de vingt-cinq francs en 1845, de vingt-cinq francs en 1847. Maugé est l’auteur avec Bordes, J.-B., autre compositeur typographe, d’une brochure parue le 28 février 1848 et intitulée Huit jours de gloire ou notice historique de tous les événements qui se sont passés dans les mémorables journées des 22, 23, 24 février 1848, parue chez Dupont, 38, rue des Boucheries-Saint-Germain. Les premières lignes de cette brochure étaient ainsi rédigées : « Depuis trop longtemps un ministère impopulaire pesait sur la France. Toutes les tendances de ce ministère étaient contre-révolutionnaires : la fraude, la corruption, le mensonge, tels étaient les éléments dont ils se servaient pour déshériter le peuple des libertés conquises au prix de tant de sacrifices et de tant de sang. » Plus tard, dans une demande de secours, il précisait : « J’ai pris les armes aux affaires de mai et juin 48, où je suis resté sous les armes six jours de suite, les barricades de la place du pont Saint-Michel et du Petit-Pont de l’Hôtel-Dieu furent enlevées par la compagnie et nous eûmes même beaucoup de blessés. » Le capitaine en premier de 7e compagnie du 2e bataillon de la Xe légion de la garde nationale lui délivra un certificat, en date du 12 juillet 1848, pour attester qu’il avait été présent « aux barricades du pont Saint-Michel le 23 juin. Il s’est toujours parfaitement conduit ». En 1849, la police le disait « ouvrier compositeur honnête et laborieux », qui soutenait son père et sur lequel elle avait obtenu de « très bons renseignements » ; il obtint pour cette année-là un secours de cinquante francs, à titre de blessé de Juillet, de la même somme en 1850 et en 1851. En 1852, dans une nouvelle demande de secours, il avançait son dévouement sans borne à Napoléon III ; les renseignements de police le décrivirent dans une position « pas heureuse » et précisaient avoir recueilli sur son compte des « renseignements tout à fait favorables ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, un secours de cinquante francs en 1853. Il avait épousé Cochet, Cécile, Joséphine le 11 septembre 1837 à la mairie du (ancien) IXe arrondissement de Paris (existe-t-il un lien de parenté avec Cochet, Charles, coiffeur, demeurant 78, rue du Four-Saint-Germain, qui dit au général Gourgaud, qui tentait d’empêcher l’entrée du peuple dans la Chambre des députés le 24 février 1848 « Général, le peuple pendant la première révolution franchit trente fois les portes de l’Assemblée nationale, le peuple de Paris saura bien aujourd’hui franchir les portes de la Chambre des députés » ? Et qui, devant les tentatives de la duchesse d’Orléans de faire proclamer la régence, se précipita sur la tribune et posant le drapeau tricolore dont il était porteur « Il est trop tard. Le sang du peuple a coulé, il est maître, il ne veut plus de royauté. Vive la liberté ! » Cité par Maugé dans Huit jours de gloire ou notice historique de tous les événements qui se sont passés dans les mémorables journées des 22, 23, 24 février 1848, parue chez Dupont, 38, rue des Boucheries-Saint-Germain. Ce qui expliquerait pourquoi Maugé parle de lui ainsi ; sans doute la brochure n’a-t-elle été écrite que pour citer Cochet). Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, au titre de blessé de Juillet. Il demeurait 11, rue de la Monnaie en 1831 ; 14, rue du Mont-Saint-Hilaire en 1839 ; 77, rue du Cherche-Midi en 1841-1842 ; 70, rue de Sèvres de 1847 à 1849 ; 3, rue Saint-Romain dans le quartier Saint-Germain en 1850-1851 ; 29, rue Traverse en 1852-1853. Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Besson, Nicolas, François, Alphonse, F/1dIII/66 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852. Il y a dans Archives de Paris VK3 45 in dossier Genevray, Antoine, Jean-Baptiste un Maugé qui signe le certificat suivant en faveur de Genevray, Antoine, Jean-Baptiste : « Je certifie que le sieur Genevray a fait partie, le 27 juillet, des rassemblements qui entouraient le Palais-Royal, qu’il a excités, par son organe, les nombreux citoyens à résister à la gendarmerie et qu’il n’a quitté qu’après les premières décharges faites, les faits mentionnés ci-dessus étant d’une exacte vérité. » C’est lui ? même quartier en tout cas…