Maugin, Octave, César (ou Mangin, Octave, César ?)
Biographie
Né le 4 décembre 1807 à Sarre-Union (Bas-Rhin). Employé dans une maison de banque. Il relatait ainsi la part qu’il avait prise aux combats de Juillet : « Le 28, j’étais aux Petits-Pères ; mon nom doit être un des premiers sur la liste qu’y dressait un jeune homme, dont j’ignore le nom mais que je crois employé du bureau National. Là, en présence d’un détachement du 5e de ligne, j’y passais une partie de la journée à lire des proclamations à la troupe et, la nuit, à barricader le poste que nous occupions. Le 29, le danger devenait plus pressant du côté du Louvre. Je dus m’y porter avec mes camarades et, de là, à la rue de Chartres. Ici, messieurs, permettez-moi de citer une circonstance qui ne sera pas peut-être pas sans influence sur votre décision : assaillis au nombre de cinq par un peloton du 3e de la ligne, nous ne dûmes notre salut qu’à la courageuse hospitalité d’une mercière, demeurant rue des Ecuries-d’Artois en face de l’Hôtel de Lille. Bientôt après je pus rejoindre les assiégeants du Palais-Royal, qui ne tarda pas à se rendre. Un point encore résistait encore à nos efforts, c’était la rue de Rohan. Vous savez le carnage qui s’y fit. Là, au moment où, embusqué sur la porte d’un marchand de vins, je tirais sur les ennemis, une balle vint frapper à côté de moi. L’empreinte, comme une preuve irréfutable, en est restée sur un barreau de fer et sur le collet de ma redingote. Je pourrais faire appuyer ma demande de nombreuses et de fidèles attestations. Ainsi, la marchande de la rue des Ecuries-d’Artois ; un officier de la garde, qui, lors de la prise du Palais-Royal, vint se jeter dans mes bras et m’embrasser ; le marchand de vin, qui fait le coin de la rue de Valois et de Rohan ; un blessé que je pansai [près du Carrousel] ; la personne qui me délivra des armes, sont autant de témoignages que je pourrais invoquer en ma faveur s’ils étaient nécessaires à votre conviction. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 39e de ligne. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet, le 4 août 1848, la lettre suivante à cette Commission, pour obtenir un grade d’officier dans l’armée ou dans la garde républicaine : « […] Petit-fils d’un conventionnel, je suis en quelque sorte né républicain car je le suis par le cœur, par l’éducation et par la foi ; par une foi éprouvée et inébranlable aux idées démocratiques. Tout jeune encore, je me suis battu sur les barricades de 1830 et sur la présentation de la Commission des récompenses nationales, j’ai été décoré de la médaille de Juillet et nommé sergent au 39e régiment d’infanterie de ligne, où j’y entrai comme enrôlé volontaire en mars 1831. J’ai servi dans ce corps près de quatre ans et y ai successivement rempli les emplois de sergent, sergent-fourrier et sergent-major. J’avais l’espoir et le droit d’arriver bientôt à l’épaulette de sous-lieutenant mais en 1834, après deux ans et demi de grade de sergent-major, malgré des états de service irréprochables, malgré des droits acquis, j’ai dû renoncer à mes galons, à mon avenir, à une carrière que j’aimais pour n’avoir pas voulu d’un avancement qu’on ne me faisait entrevoir qu’au prix d’une modification dans mes opinions trop républicaines pour cette époque. Rentré dans mes foyers, je repris ma place dans les affaires et j’étais parvenu après de longs efforts à m’y créer une position sinon très heureuse du moins honorable et indépendante. Mais la Révolution de Février que j’avais appelée de tous mes vœux et de tous mes efforts a détruit mon commerce et mes ressources et je n’ai plus aujourd’hui qu’un espoir et qu’un désir c’est de servir la république dans le poste que je sollicite de votre justice comme une réparation des torts que j’ai éprouvés dans le passé. » Il joignait à sa demande la recommandation suivante, signée d’Aronsshon, Nestor (voir ce nom), ancien avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, ex-maire adjoint à la mairie du (ancien) Ve arrondissement, demeurant 25, bd Bonne-Nouvelle, et ainsi rédigée en date du 4 août 1848 : « Maugin, Octave, qui sollicite d’être présenté au citoyen ministre de la Guerre pour un emploi de sous-lieutenant dans l’armée ou dans la garde républicaine, m’est particulièrement connu dans sa vie politique depuis 1830 et je puis affirmer en conscience que c’est un républicain austère dont les convictions n’ont jamais été douteuses. Sa conduite et son courage lui méritent de figurer dans notre armée comme officier et je puis dire qu’il n’en est pas de plus digne. Sa présentation est un acte de justice en même temps qu’un bon acte d’administration ; Je ne puis douter, citoyens, que vous demanderez avec insistance sa nomination, fondée sur de beaux états de service comme militaire et comme citoyen. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 59, rue du Faubourg-Poissonnière aussi 3, rue des Marais-Saint-Germain en 1830 ; 24, cour du Commerce, hôtel Germanique, en 1831 ; 9, rue d’Orléans dans le Marais en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 92, liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 (sous le nom de Maugin, Octave) ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement (il est bien sur les listes des médaillés sous ce nom, employé de banque, demeurant 59, rue du Faubourg-Poissonnière) ; Archives de la préfecture de police AA 402.