Maureau, Joseph

Biographie


Né le 1er décembre 1799 (ou le 1er décembre 1798 in Archives nationales F/1dIV/M/7) à Marseille (Bouches-du-Rhône). Commis. Il était porteur de trois certificats. Le premier : « Je, soussigné, certifie que M. Maureau, employé chez moi, faisant partie de l’ancienne garde nationale, a pris l’uniforme un des premiers du quartier et s’est mis sous les armes dès mercredi matin 28 juillet ; qu’il s’est ensuite transporté pendant ces deux jours où il a pu être utile au bien public et n’a quitté le service que quand la tranquillité a été entièrement rétablie dans Paris. » Signé : Desabie, demeurant 23, rue de Bussy. Le deuxième : « Je, soussigné, certifie que le sieur Moreau (sic), grenadier de la Xe légion, a combattu en brave citoyen dans les journées des 28 et 29 juillet et principalement à la caserne de Babylone, où je l’ai vu montrer le plus grand courage. » Signé, le 10 septembre 1830 : Chambroty (voir Chambroty, Pierre, Annet ?), candidat en médecine, demeurant 4, rue Furstemberg. Le troisième : « Je, soussigné, Gille, sergent des grenadiers de la Xe légion, demeurant rue Taranne n° 6, certifie et déclare que le sieur Maureau, commis rue de Bussy, n° 23, grenadier de ladite légion, était avec moi en armes et en uniforme au siège de la caserne de Babylone et qu’il y a participé avec bravoure pendant toute la durée du combat, qu’ensuite il s’est transporté dans différents endroits où il pouvait être utile. » Signé : Gilles (voir Gilles, François, Louis), sergent de grenadiers ; et approuvé par : Manteau, chasseur de la Xe légion, demeurant 8, rue du Colombier ; Drissot, demeurant rue de l’Abbaye-Saint-Germain ; Bauche, A., sergent de la compagnie de grenadiers du 4e bataillon de la Xe légion ; Benard (voir Benard, Edme, Guillaume), qui ajoutait : « Je certifie que M. Moreau (sic) s’est comporté très bravement à l’attaque de la caserne de Babylone. » et qui signait « lieutenant de cuirassiers, commandant ladite attaque ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Maureau reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il délivra un certificat, pour avoir combattu avec lui, à Serre, Edouard comme quoi celui-ci s’était « battu en brave dans les mémorables journées de Juillet » et avait été présent « dans les lieux où le danger était le plus grave, notamment à la caserne de Babylone, où il est entré un des premiers au milieu du feu meurtrier ». Sa médaille lui fut délivrée le 25 juin 1831 et son brevet le 25 août de la même année. En 1855, il était capitaine à la 1re compagnie du 20e bataillon de la garde nationale et avait déjà été proposé à diverses reprises pour être nommé chevalier de la Légion d’honneur. Il le fut le 31 décembre 1855. Son dossier de nomination laisse de nombreuses indications biographiques. Le maire du (ancien) XIe arrondissement, avait d’abord, en date du 21 juillet 1855, fait au ministre de l’Intérieur le rapport suivant sur Maureau : « Permettez-moi de rappeler à toute la bienveillance de Votre Excellence la demande de décoration de la Légion d’honneur, présentée déjà plusieurs fois par l’état-major de la garde nationale de la Seine en faveur de M. Maureau, capitaine du 20e bataillon, et toujours appuyée par l’administration municipale. Au moment où, à l’occasion de la fête de Sa Majesté, des nominations dans l’ordre vont avoir lieu, je ne saurais trop appeler la bienveillante attention de Votre Excellence sur les titres de M. Maureau à l’honorable distinction qu’il mérite à tous égards. M. Maureau a traversé les événements pénibles de la révolution de 1848, en payant sans cesse de sa personne toutes les fois que l’ordre a été menacé et il a puissamment contribué en toute occasion par son influence dans l’arrondissement à en assurer le triomphe. Profondément dévoué au gouvernement de Sa Majesté l’Empereur, il a donné des gages certains de son zèle pour le bien public. Administrateur de la Caisse d’épargne depuis une quinzaine d’années, commissaire de notre bureau de bienfaisance, il n’a pas cessé un seul instant de prêter à l’administration le concours le plus précieux. Enfin, l’importance, l’honorabilité et la haute probité de sa maison de commerce, qui ont mérité à M. Maureau l’estime générale, rendent ce choix digne de tout l’intérêt de Votre Excellence, et je puis affirmer que la garde nationale et tout le XIe arrondissement verraient avec satisfaction ce notable commerçant recevoir l’honorable distinction qu’on sollicite. » Puis, de nouveau, en décembre 1855, auprès du ministre de l’Intérieur : « […] Officier de la garde nationale à partir de 1846, il a traversé les événements qui se sont succédé rapidement depuis cette époque, en payant sans cesse de sa personne partout où l’ordre et les lois étaient menacés. En février 1848, il se dévoua pour sauver les gardes municipaux de la caserne Tournon. En juin, il concourut, au péril de sa vie, à préserver le quartier du Luxembourg des dangers qui le menaçaient. Enfin c’est un de ces officiers pleins d’énergie et de courage, sérieux, sur lesquels tout le monde est heureux de pouvoir compter. Sans parler ici de la haute considération dont jouit l’importante maison de commerce de M. Maureau [maison de lingeries et de nouveautés, N.D.A] et de la sévère probité qui lui a acquis depuis longtemps l’estime générale, je dois signaler à Votre Excellence les services nombreux qu’il ne cesse de rendre depuis nombre d’années à l’administration municipale, comme membre du bureau de bienfaisance, administrateur de la Caisse d’épargne, etc. En lui rendant ce témoignage, je dois ajouter que la garde nationale, le haut commerce et enfin tous les gens de bien verront avec la plus vive satisfaction accorder à M. Maureau l’honorable distinction qu’il saura si dignement porter. » Ses états de service comme garde national étaient ainsi consignés : 1825, garde national dans la compagnie de grenadiers du 2e bataillon de la Xe légion jusqu’au licenciement en 1827 ; 1830, caporal dans la compagnie de grenadiers du 3e bataillon de la Xe légion ; 1834 garde national dans la compagnie de grenadiers du 3e bataillon de la Xe légion ; 1846, sous-lieutenant dans la compagnie de grenadiers du 3e bataillon de la Xe légion ; 1848, premier lieutenant, dans la 7e compagnie du 20e bataillon. La protection qu’il avait apportée à la caserne Tournon pendant la Révolution de Février était attestée par un certificat signé, le 26 mars 1853, par : Tisserand, colonel de la garde de Paris, ex-chef d’escadron de la garde municipale et commandant de la caserne de Tournon au moment des faits ; Garcin, Jean, capitaine au 2e bataillon de gendarmerie d’élite, lieutenant de la garde municipale de Paris ; Imbrico, Jean, Antoine, Brutus, capitaine de gendarmerie en retraite, lieutenant de la garde municipale de Paris, faisant tout deux partie de la caserne de Tournon en février 1848 et qui confirmaient que Maureau avait « un de ceux qui ont le plus contribué à préserver la susdite caserne du pillage et de l’incendie pendant ladite journée du 24 février 1848. Ils ajoutent que M. Maureau, plein de sollicitude pour les gardes municipaux, en a habillé plusieurs de ses propres habits pour les soustraire à la fureur de la populace ». Maureau joignait à sa demande la copie de deux lettres adressées à lui, en 1849 et 1850, par le colonel de la XIe légion de la garde nationale, Guilhem, Achille. La première lettre, ainsi rédigée, en date du 10 juin 1949 : « Mon cher lieutenant. Appelé dans des circonstances délicates au commandement provisoire de la légion, j’ai besoin près de moi, en cas de prise d’armes nouvelle ou d’émeute, d’un officier sur le courage et le dévouement duquel je puisse compter, et c’est vous que j’ai choisi. Vous voudrez donc bien, si l’ordre public est de nouveau troublé, vous rendre près de moi à l’état-major pour vous y tenir à ma disposition et y recevoir mes ordres. » La seconde lettre, ainsi rédigée, en date du 10 avril 1850 : « Je vous confirme comme colonel les ordres que je vous ai donnés comme commandant par intérim de la légion. Dans toutes les prises d’armes que pourraient nécessiter les circonstances, rendez-vous à l’état-major pour y remplir près de moi les fonctions d’officier d’ordonnance. » Maureau demeurait 23, rue de Bucy en 1830-1831 ; 2, rue de Tournon en 1855. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 631 n° 1 in dossier Serre, Edouard ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/M/7. Il nest pas dans la base Leonore de la Légion dhonneur.

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