Mauvière, Victor

Biographie


Facteur à la poste au bureau G. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il ne demandait pas de récompense pécuniaire ni de la Croix de Juillet « je ne m’en crois pas digne, n’ayant pas fait d’action d’éclat mais seulement mon devoir comme tant d’autres » mais seulement la médaille et d’être nommé employé des Postes. Le 30 novembre 1830, il écrivait au roi : « […] Un père, vieillard de soixante-seize ans, une mère de soixante, n’ayant qu’une modique pension de quatre cents pour exister, joignent leurs prières à celle d’un fils unique. C’est la seule faveur que nous sollicitons. Facteur des postes depuis huit ans, d’une conduite irréprochable, j’ai demandé vainement une place de commis, que je suis apte à remplir (disent mes chefs immédiats). Jadis un injuste préjugé condamnait un facteur à ne jamais devenir employé. Depuis votre heureux avènement, j’ai réclamé de nouveau, m’appuyant sur l’article 3 de la Charte. M. Chardel m’avait accueilli, jugé digne de son intérêt, il n’est plus à notre tête !… M. Comte, son successeur, m’a promis aussi. J’attendis vainement, on préféra placer des étrangers ou conserver de mauvais Français. Daignez être ma Providence. Envoyez mes titres à qui de droit et la patrie sera, je le pense, plus juste, plus reconnaissante pour deux jours de légers services que mon ingrate administration pour huit années de dévouement. » Il était porteur de plusieurs certificats qui constataient sa conduite. Le premier : « Nous, soussignés, certifions que M. Victor Mauvière a pris une part active aux événements des 28 et 29 juillet dernier, notamment à la prise de la caserne de Babylone. Ce citoyen a rempli dignement ses devoirs de vrai Français dans ces deux journées malgré la position délicate dans laquelle le plaçait sa qualité d’employé aux Postes, et la certitude, en cas de succès des oppresseurs, d’une destitution qui l’aurait privé de ses seuls moyens d’existence et des facultés de soutenir son père et sa mère, vieillards septuagénaires dont il est le seul et unique enfant. » Signé le commandant en chef, Constant, Georges (voir ce nom), demeurant 24, rue de la Chaise ; Mondelet, Théodore, ancien capitaine adjudant-major, demeurant 1, rue Cassette ; Lambert-Vignon, négociant, demeurant 47-49, rue du Four-Saint-Germain ; Jennequin, propriétaire, demeurant 18, rue du Vieux-Colombier ; Chabrillac, artiste peintre, demeurant 45, rue du Four-Saint-Germain ; Lefranc, négociant, lieutenant de la garde nationale, demeurant 45, rue du Four-Saint-Germain ; Guérin, fils (voir ce nom), sergent-major des sapeurs-pompiers ; Poirson, Charles, Alexandre (voir ce nom), fourrier des sapeurs-pompiers, demeurant 15, rue du Vieux-Colombier. Un deuxième certificat : « Je, soussigné, lieutenant à la 4e compagnie des sapeurs-pompiers de la Ville de Paris, rue du Vieux-Colombier, n° 15, à la caserne, certifie que le sieur Victor Mauvière, employé de l’administration des postes, a été un des plus ardents à emporter un fusil lorsqu’on est venu, le 28 juillet, pour prendre ceux des sapeurs-pompiers et qu’ayant promis de le rapporter quand l’agression serait repoussée (s’il vivait pour le faire), il a été fidèle à sa parole, en remettant le fusil à celui qui le lui avait prêté. » Signé de Fouchécourt. Un troisième certificat : « Nous, soussignés, caporaux et soldats audit corps, 1re et 4e compagnies, certifions que ledit sieur Mauvière a contribué, autant qu’il était en lui à la prise de la caserne de Babylone, occupée par les Suisses ; qu’il commandait les hommes chargés de la garde d’un des canons dont nous nous étions emparés et dont plusieurs de nous faisaient le service, en qualité d’artilleurs ; qu’il l’a escortée à l’Odéon, au Pont-Neuf, au Louvre, au Carrousel, aux Tuileries, et ne l’a quittée qu’après l’avoir fait conduire sur la plateforme commandant la place de la Concorde, côté droit. » Signé : Philibert ; Brindel ; Martin, Louis ; Bourgoin ; Ropard ; Latour ; Château ; Cabaret ; Morvillers ; Crussade (illisible), caporal ; Pradeilles, Victor (voir ce nom) ; Dupirre (illisible) ; Melotte ; Jeandelisse ; Chéret caporal ; Dedos ; Denillière ; Thirouin, caporal. Il est l’auteur de vers intitulés A Odilon Barrot, parus chez David, imprimeur, Paris, chez les marchands de nouveautés, en 1831 (mais que je nai pas retrouvés). Béranger, à qui il en avait envoyé un exemplaire, lui fit la réponse suivante, le 11 janvier 1831 : « J’ai reçu, monsieur, et lu avec plaisir vos vers à M. Odilon Barrot. Plus j’estime et j’aime ce digne magistrat, plus je vous sais gré d’avoir cherché à célébrer ses vertus et ses talents. Quant à la noblesse des sentiments, vous n’êtes pas resté au-dessous de cette mission toute patriotique. S’il y a quelque chose à reprendre dans les formes du style, si quelques incorrections s’y laissent apercevoir, on perd toute envie de s’ériger en critique, en pensant, monsieur, au peu de temps que vous avez à donner à de tels ouvrages, et l’on ne vous tient plus compte que de ce qu’il y a de bien et de bon dans vos vers dont plusieurs annoncent une heureuse et facile inspiration. Continuez de vous délasser de vos pénibles travaux. De courts loisirs ainsi employés font bien juger de votre caractère, et je souhaite qu’ils vous procurent enfin une position plus heureuse et plus digne des qualités qu’ils font présumer. » Il délivra le certificat en faveur de Vielle, Charles, François : « Je, soussigné, avoir vu le sieur Vieille (sic) les armes à la main et prenant part aux événements du 29 juillet. » Mauvière demeurait 27, rue des Boucheries-Saint-Germain, chez ses parents, en 1830. Archives de Paris, VD6 631 n° 1, idem in dossier Vielle, Charles, François ; La France littéraire, ou Dictionnaire des savants, historiens, gens de lettres de la France, ainsi que des littérateurs étrangers qui ont écrit en français, plus particulièrement pendant les XVIIIe et XIXe siècles, Quérard, chez Firmin-Didot, Paris, tome V, p. 652 ; Correspondance de Béranger, recueillie par Paul Boiteau, Paris, Perrotin éditeurs, 1860, tome II, p. 23 ; Voir sans doute Mauvière, Jean-Baptiste, Etienne, Victor ?

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