Meinadier, Pierre, Jean, Ernest

Biographie


Né le 16 juillet 1811 à Saint-André-de-Valborgne (Gard). Elève de l’Ecole polytechnique. Selon le rapport que fit Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), autre élève de la même Ecole et choisi pour établir les droits de chacun des élèves à une récompense honorifique, en fonction de la part prise aux combats de Juillet, et cette part prise en uniforme ou en habits bourgeois, il était du nombre de ceux dont Lannoy disait qu’ils « ont combattu en uniforme dans les journées de Juillet et me paraissent avoir mérité la décoration spéciale ». Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Dans la séance du 9 avril 1831 du jury de la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement, quatre élèves de l’Ecole, Baduel (voir Baduel, Louis, Henri), Gavaret (voir Gavaret, Louis, Dominique, Jules), Solignac (voir Solignac, Napoléon, Marie, André, Alexandre) et Bosquet (voir Bosquet, Pierre, Joseph, François) affirmèrent sur l’honneur qu’il avait combattu en uniforme de l’Ecole, le 29 juillet ; le registre des délibérations du contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « En uniforme. Il combattait à côté de Vaneau (Voir Vaneau, Louis, Marie, Anne) et fut un des quatre qui le transportèrent. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Quand Esperou, Paul, Jean, Louis, Antoine sollicita la Croix de Juillet en remplacement de la simple médaille qu’il avait obtenue, il avançait que c’est par Meynadier, un de ses « camarade de Juillet » qu’il avait appris que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il était trop tard pour réclamer. Il fut, par ordonnance royale, en date du 22 novembre 1831, admis dans l’artillerie de terre, en qualité d’élève sous-lieutenant à l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie à Metz. Il fut sénateur du Gard. On trouve dans le Dictionnaire des parlementaires français de Robert et Cougny, les informations suivantes le concernant : « Meinadier, Pierre, Jacques, Ernest, membre du Sénat, né à Saint-André de Valborgne (Gard) le 16 juillet 1812, entra à l’Ecole polytechnique en 1829, et prit part avec ses camarades aux journées de juillet, où il fut blessé sur une barricade. Classé dans l’artillerie à sa sortie, il n’eut pas un avancement rapide : vingt-trois ans après, il n’était encore que capitaine, au moment de la guerre de Crimée. Il assista à cette campagne, puis à celle d’Italie comme chef d’escadron d’artillerie, devint officier de la Légion d’honneur le 18 septembre 1859, et fut promu peu après lieutenant-colonel et adjoint au commandant de l’artillerie de la 19e division à Bourges. Colonel en 1868, et directeur de l’artillerie à Strasbourg, il fut mis à la retraite le 24 juin 1870. Conseiller général de Saint-André-de-Valborgne le 8 octobre 1871, il fut élu sénateur du Gard, le 30 janvier 1876, par 225 voix (430 votants). Il se fit inscrire à la gauche républicaine, vota contre la dissolution de la Chambre demandée par le ministère de Broglie, prit part aux discussions militaires, notamment à celles sur la loi relative à l’état-major, fut rapporteur (juin 1881) du projet sur l’avancement dans l’armée, et fit voter à cette occasion une commission de classement ; en juin 1879, il s’était prononcé contre le retour des Chambres à Paris. Il fut réélu, au renouvellement triennal du Sénat, le 6 janvier 1885, par 581 voix (846 volants). Il reprit sa place à gauche, déposa (avril 1888) un amendement destiné à atténuer les inconvénients techniques du service de trois ans, et se prononça, en dernier lieu, pour le l’établissement du scrutin d’arrondissement (13 février 1889), pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, pour la procédure à suivre devant le Sénat contre le général Boulanger. Président de la 3e commission d’initiative parlementaire, il déposa, à la Haute Assemblée, un rapport sur le projet de loi relatif au service d’état-major (1890) ; prit part à la discussion du projet de loi relatif à l’avancement des sous-lieutenants dans l’infanterie, la cavalerie et le train des équipages (1891). Il fut entendu dans la discussion de l’interpellation de Baragnon au ministre de l’Intérieur sur les agissements de la commission municipale de la ville de Nîmes dans la période précédant les élections municipales dans cette ville (1891) ; dans le débat sur la proposition de loi ayant trait à la protection du vignoble français contre le phylloxéra (1892) ; dans la discussion du budget des dépenses du ministère des Finances de l’exercice 1892, de sa proposition de loi tendant à accorder la gratuité aux élèves de l’Ecole polytechnique, de l’Ecole de Saint-Cyr, de l’Ecole navale de Brest et des écoles du service de santé de Lyon et de Brest. Il fut nommé président de la 4e commission d’initiative parlementaire (1892), intervint dans la discussion du projet de loi portant organisation de l’armée coloniale (1893). Il fut battu aux élections sénatoriales du 7 janvier 1894 et mourut deux ans plus tard, le 14 avril 1896 à Versailles, à l’âge de 85 ans. » Il demeurait à l’Ecole polytechnique en 1831. Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusquau 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 212 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique, aussi une liste d’Elèves présents à lEcole et dont les titres ont été examinés, aussi le rapport de Lannoy (sous le nom de Meynadier) et aussi deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 9 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 9 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Esperou, Paul, Jean, Louis, Antoine ; Journal militaire officiel, n° 45 bis, année 1831, p. 249 (sous le nom de Meinadier, Pierre, Jacques, Ernest).

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