Meisner, Edouard

Biographie


Né le 26 mai 1803 à Strasbourg (Haut-Rhin). Dessinateur. Très gravement blessé, il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de trente francs le 13 septembre, un secours de quinze francs, pour solde définitif, le 18 septembre en 1830 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Meisner sollicita successivement la place de secrétaire des écuries du roi puis celle d’inspecteur des eaux et forêts puis une place quelle qu’elle soit. En octobre 1830, il présenta une lettre de recommandation de Lacroix, baron de Buegard (voir ce nom), pour obtenir une place ou un prompt secours. Cette lettre était ainsi rédigée : « Edouard Meissner […], attaqué depuis plusieurs années d’une inflammation chronique des testicules, a néanmoins combattu avec un courage héroïque dans les journées des 27, 28 et 29, notamment le 28, où il se rallia aux vieux militaires que commandait ce jour-là à la porte Saint-Denis le brave général baron de Lacroix, duquel il fut remarqué. Il n’a pas déployé moins d’intrépidité le 29, où il n’a cessé de combattre au Louvre et surtout à la rue Saint-Honoré et à la prise du château. La conduite du susnommé […] mérite de justes éloges, d’autant plus que l’état de maladie dans lequel il se trouvait ne l’a point arrêté dans son élan de se vouer entièrement à la cause nationale. Mais ce beau dévouement l’a plongé dans un état qui l’expose à des douleurs aiguës, continuelles et à des dangers graves. Le sieur Meissner, vivant de son industrie, étant dessinateur, est arrêté dans son travail et privé de ses moyens d’existence. » La lettre était appuyée des signatures de Ragot, chasseur à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion de la garde nationale, demeurant 25, rue de la Ferme ; de Darde (illisible ou Dazde), chasseur à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion de la garde nationale ; demeurant 1, rue du Petit-Lion-Saint-Sulpice ; de Béraud, homme de lettres (voir ce nom), demeurant 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré, grenadier à la 2e compagnie du 1er bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Il était aussi porteur d’un certificat ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants du quartier de la place Vendôme, certifions que le nommé Meissner […] a combattu pour la défense des libertés publiques dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, avec le courage et le patriotisme d’un cœur national. Les fatigues extrêmes auxquelles il s’est exposé ont opéré un engorgement dangereux dans ses testicules, qui pourra avoir les suites les plus funestes pour lui. » Le certificat était apostillé par Lacroix, baron de Buegard, qui ajoutait : « Je dois des éloges au courage brillant qu’a déployé le sieur Meissner dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, où il a beaucoup fatigué, tant en travaillant aux barricades qu’en combattant le 28 contre le 3e régiment de la garde royale. Vu sa position, je réclame avec empressement pour ce brave homme un secours pécuniaire. » La recommandation était signée de Gadbled (illisible), de Pavy, de Mayer, de Thuillier, tous demeurant 25, rue de la Ferme-des-Mathurins. Un autre certificat signé par une trentaine de gardes nationaux était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris et autres, certifions et attestons à tous ceux qu’il appartiendra que, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, les sieurs Hippolyte, François, Pornay (voir ce nom), ancien officier des hussards, 9e régiment, maintenant grenadier au 4e bataillon, Ve légion, demeurant rue Carême-Prenant, n° 8, faubourg du Temple ; Edouard Meissner, caporal à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion, rue de la Ferme-des-Mathurins, n° 25 ; Jean-Pierre Menten (voir ce nom), ancien militaire, grenadier de la Ve légion, 4e bataillon, instructeur des grenadiers de sa compagnie, rue Carême-Prenant, n° 8, faubourg du Temple, se sont comportés avec le plus grand courage et une intrépidité remarquable dans les journées de Juillet. Ils méritent une mention honorable parmi les défenseurs de nos libertés. Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac, au ministère des Relations extérieures, invités à se retirer, ils persistèrent à ne pas abandonner leurs braves concitoyens et restèrent constamment pour suivre le mouvement populaire. Le 28, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenant très chaude, les anciens militaires reconnurent le brave général baron de Lacroix parmi la foule et se réunirent à lui. Il les forma sur-le-champ en division sous ses ordres, et exécuta des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le lieutenant-colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats, la garde, serrée de trop près, fit un mouvement rétrograde. Pendant les trois mémorables journées, les trois dénommés ci-dessus n’ont cessé de combattre aux Tuileries et au Louvre ; dans les attaques, ils se réunirent de nouveau sans le général de Lacroix et contribuèrent vigoureusement au succès qui couronna le courage de nos braves jeunes gens. Leur zèle à travailler aux barricades mérite aussi les plus grands éloges et c’est avec plaisir que nous les recommandons à la reconnaissance nationale. » La lettre était signée de très nombreux noms, dont Bréon, demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; Ragot, chasseur à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion de la garde nationale, demeurant 25, rue de la Ferme ; M. Thorest, demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; C. Baron, employé à la Chambre des députés, demeurant 27, rue d’Angoulême ; Krettly, capitaine, demeurant 25, rue Charlot ; Krettly, J. fils, sous-lieutenant au 53e de ligne, demeurant 25, rue Charlot ; Philpin, Tard (première lettre illisible), demeurant 26 (peut-être), rue Croix-des-Petits-Champs ; Tard (illisible), demeurant 26, rue Croix-des-Petits-Champs ; Boyaud, Louis (voir ce nom), demeurant 1, rue des Quatre-Vents ; Gauthier, demeurant 23, rue de Flandres à La Villette ; Lehé (orho pas sûre du tout), demeurant 27, rue Galande ; Robert (la première lettre n’est pas sûre), demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; Desbant, demeurant 16, rue Tronchet ; Merille, demeurant barrière de la Santé chez M. Gouge, marchand de vins ; Gosse, demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; Krettly, garde national au 4e bataillon des grenadiers de la IIe légion, demeurant 7, rue du Port-Mahon ; Darde (ortho pas sûre), garde national à la 1re compagnie du 2e bataillon de la XI e légion, demeurant 1, rue du Petit-Lion-Saint-Sulpice ; Pontecoulant, demeurant 8, bd Saint-Denis ; Gohin (voir ce nom), ancien sous-officier, demeurant 8, rue du Carême-Prenant ; Maréchal (voir ce nom), ancien officier, demeurant 18, rue Cassette ; de Lacroix, baron de Buegard, qui ajouta l’apostille suivante : « Je certifie et atteste avoir vu les dénommés ci-dessus combattre avec une persévérance et un courage héroïques pendant les journées de Juillet, notamment le 28 contre les derniers efforts des satellites du despotisme, lorsque les anciens militaires me demandèrent de le commander. Ils me jurèrent tous de vaincre ou mourir avec moi et chacun de ces braves a payé avec intrépidité son tribut de courage à la liberté et à la patrie. Ils sont dignes de fixer l’attention de la Commission, ayant bien mérité de la Nation. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il ne fut pas admis dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés, son nom étant rayé sur les listes de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il signa, le 15 août 1830, le certificat suivant en faveur de Lacroix de, baron de Buegard : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris et autres, certifions et attestons que dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, M. le lieutenant général de Lacroix baron de Boegard a bien mérité de la patrie et c’est avec plaisir que nous citons la conduite héroïque de ce vétéran de l’ancienne armée impériale, déjà connu sous le nom de lintrépide de Lacroix, que lui donna Napoléon. Dans les mémorables journées de Juillet, il donna l’exemple du courage qui brave la mort et sait vaincre. On le vit partout où était le danger, où le conseil était nécessaire et dirigeait (avec cette supériorité de jugement que donne une longue expérience) la valeur des défenseurs de nos libertés. Il nous dit qu’il n’y avait plus à marchander, qu’il fallait vaincre ou mourir. Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac aux Relations extérieures, l’officier de gendarmerie de service au ministère et un officier du 3e régiment de la garde royale l’ayant reconnu lui dirent : “Général, nous vous invitons à vous retirer ; vous êtes exposé à être arrêté comme chef de ces factieux.” Il leur répondit : “Si je joue aujourd’hui ma tête, j’en fais volontiers le sacrifice. Je suis assez vieux pour n’avoir plus qu’à vaincre pour la charte ou mourir pour ma patrie.” Le 28 juillet, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenait chaude. Parmi la foule des braves, se trouvèrent grand nombre d’anciens soldats dont il avait été le colonel. Ayant été reconnu par eux, ils se formèrent sur-le-champ, en division. Sous ses ordres, ils exécutèrent des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats la garde fit un mouvement rétrograde. Serré de trop près, le brave général de Lacroix fut blessé sur le Pont-Neuf d’un coup de lance. Le lancier fut abattu d’un coup de pistolet. Il ne cessa cependant de continuer à combattre à la tête des braves qui s’étaient replacés sous ses ordres. Il se trouva successivement aux attaques des Tuileries et du Louvre. Le soir, lorsque le feu cessait, il engageait à travailler aux barricades et abattis pour être prêts à une vigoureuse résistance. Le lendemain, il passait la nuit à la Bourse pour être averti en cas d’attaque […]. » En 1830, il était caporal à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Il demeurait 25, rue de la Ferme-des-Mathurins en 1830 ; 34, rue des Fossés-Saint-Honoré en (mais 34, rue du Faubourg-Saint-Honoré in Archives de Paris VD6 92, liste des médaillés et surtout in Archives nationales F/1dIII/39) 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, où son nom est rayé, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Lacroix de, baron de Buegard ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 15 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/79, dossier Gironde.

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