Menager, Jean-Baptiste, Hippolyte. Peut-être mettre plutôt à Menagé ? quatre sources pour Menagé… mais pas son acte de naissance..
Biographie
Né (bien sous le nom et prénoms de Menager, Jean-Baptiste, Hippolyte dans son acte de naissance) le 16 août 1778 à Albert (ou à Cambrai in Archives de Paris, VD6 672 n° 1, mais à Albert, in Archives de Paris VD6 682 n° 3 et in Archives nationales F/1dIII/37) (Somme), fils de Menager, Louis, laboureur, et de Sagnier, Marie, Anne, Joséphine, son épouse. Ancien militaire, rentré au 9e régiment d’infanterie de ligne le 5 pluviôse an XII, sergent, il participa aux campagnes de l’an XIV, de 1806 en Italie, de 1809 en Italie et en Allemagne, de 1810 au Tyrol et fut réformé le 22 octobre 1811, par suite de nombreuses blessures et les membres des extrémités gelés. En juillet 1830, il était peintre en bâtiments. Il combattit les 27 et 28 juillet, avant d’être blessé d’un coup de sabre à la tête le 29, entre la rue du Coq et la rue Saint-Honoré. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 16 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Petit, Nicolas, Gabriel, né vers 1776, homme de peine, demeurant 68, rue de Lourcine ; Badelet, Antoine (voir Bodelet, Antoine), né vers 1802, ouvrier menuisier, demeurant 13, rue des Lyonnais ; Vandevyvert, Antoine, François (voir ce nom), né vers 1779, tisserand, demeurant 216, rue Saint-Jacques ; Rondet, Joseph, Romain (voir ce nom), né vers 1773, cordonnier, demeurant 17, rue des Lyonnais. Ils attestèrent parfaitement connaître Menager, Jean-Baptiste, Hippolyte et « savoir qu’il a combattu dans les journées des 28 et 29 juillet et qu’il a été blessé le 29 d’un coup de sabre à la tête entre la rue du Coq et la rue Saint-Honoré ». On trouve sur son compte les renseignements suivants, sans que l’auteur en soit identifié, commissariat de police, mairie ou Commission des récompenses nationales : « Le nommé Ménager est chargé d’une femme et de six enfants. Il demeure depuis six mois rue des Lyonnais n° 13. Lui et un de ses enfants (voir sans doute Ménager, Hippolyte, Charles ?) ont été se battre mais ils ne sont blessés ni l’un ni l’autre. Il est à remarquer que le sieur Ménager se trouve quelquefois pris de vin. Il sait lire et écrire. » Il produisit un acte de naissance, un acte de mariage et un certificat de nécessité. Le bureau de charité du (ancien) XIIe arrondissement attestait qu’il était inscrit sur le livre des pauvres de l’arrondissement et précisait « qu’il est père de six enfants, dont l’aîné a quinze ans et dont les cinq autres sont au-dessous de douze ans et qu’il est réduit (nous l’avons vu de nos propres yeux) à la plus affreuse misère ». Il reçut un secours de trente francs, le 14 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 1er février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Père de six enfants en bas âge, ancien militaire. Le 28, à la place des Victoires, a emprunté un fusil et a eu quarante cartouches. Aux Petits-Pères, a commandé un détachement. A la barricade de la rue Montmartre, avec son fils âgé de quatorze ans, qui a reçu cinq blessures. A déposé son fils et est allé combattre à la halle au beurre. Le 29, au désarmement de Lourcine, ensuite à la rue Saint-Honoré, où il fut blessé à la tête, d’un coup de sabre d’un gendarme, vers 10 à 11 heures.. Rambouillet. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 1er février 1831, à aucune voix pour la croix, quatre voix pour la médaille, deux voix pour une mention et une voix pour rien. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Menagé, Jean-Baptiste, Hippolyte sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 682 n° 3, sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 17 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme blanche (coup de sabre) à la partie supérieure de la tête du côté droit, avec atteinte de l’os pariétal ; guérie mais avec quelques douleurs vers la tête. » Il fut admis dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 17 mars 1831, reçut une indemnité de trois cents francs versée sur un an. Il reçut (sous le nom de Ménager, Jean-Baptiste, Hippolyte), à ce même titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Suite à sa blessure, il écrivait, le 27 mars 1831, la lettre suivante au jury du (ancien) XIIe arrondissement de la Commission des récompenses nationales : « J’ai eu l’honneur de vous informer lors et après avoir été blessé le 29 juillet dernier, m’étant rendu chez plusieurs docteurs attachés au bureau de charité. Par invitation je m’étais rendu solliciter le ministère de M. Lallemand, docteur en chef de l’hôpital de La Salpêtrière. Il ordonna à messieurs les chirurgiens et élèves à sa suite de sonder cette profonde cicatrice et autres ordres prononcés en latin. A quoi je me suis refusé, m’ayant formé une idée du danger. M. Lallemand a paru indisposé contre moi et m’a dit si j’étais venu ici par curiosité puisque je refusais l’exécution de ses ordres. Messieurs les chirurgiens, de leurs côtés, m’ont dit que pour un ancien militaire j’avais bien peur de mourir. J’ai donc sollicité les bontés de ces messieurs pour guérir et empêcher d’ouvrir cette cicatrice. Ils m’ont fourni du cérad illisible, de la charpie et un morceau de toile gommée pour en faire des bandes étroites et placer en travers de la cicatrice pour la faire fermer et en empêcher l’ouverture et une ordonnance pour suivre le traitement. Depuis cela je me suis présenté et j’ai suivi le traitement moi-même sans avoir consulté personne. Comme j’ai déclaré en votre présence, rue du Mont-Blanc, par-devant messieurs le jury médical que j’avais moi-même exécuté le traitement dont la durée pour la guérison a été au mois de trois mois. Depuis d’après vos ordres, je me suis rendu à la visite d M. Lallemand, que je n’avais vu ni connu depuis les premiers jours du mois d’août, à qui j’ai eu l’honneur de lui rappeler ladite époque, à quoi a répondu que depuis un aussi grand nombre de temps il ne pouvait s’en rappeler mais qu’il croyait s’en souvenir et que si j’avais refusé ses ordres j’aurais été inscrit de tous les registres. Après avoir visité ma blessure ainsi que messieurs les chirurgiens qui l’ont trouvée avoir été très dangereuse puisque je ressens toujours de fortes douleurs occasionnées par des battements dans la tête et dans les yeux dont ma vue se trouve considérablement affaiblie, M. Lallemand a jugé de me donner une ordonnance pour médicaments pour calmer mes cruelles douleurs et m’a dit si je désirais avoir un certificat comme cicatrice récente et produite par un instrument tranchant qu’il m’en délivrait un. Etant porteur d’un pareil certificat du mois de décembre dernier j’en ai remercié M. Lallemand. Ayant combattu honorablement dans les journées de Juillet, sans intérêt que celle de la cause nationale et de la liberté comme je fis pendant de longues années dans l’Ancienne Armée, je ne croyais pas qu’il y aurait eu des récompenses nationales et qu’il fallait produire des certificats, dont j’ai été informé trop tard. J’ose supplier M. Delestre (président du jury du [ancien] XIIe arrondissement de la Commission des récompenses nationales N.D.A.) de me tenir prêt seulement l’acte de notoriété que j’ai eu l’honneur de lui remettre rue du Mont-Blanc pour demain 28 du courant. J’ai l’honneur, etc. » Sitôt après la révolution, il quitta Paris pour se rendre à Nancy, espérant améliorer le sort de sa famille ; il ne participa donc pas à la distribution des gratifications. En 1831, de retour à Paris, inscrit sur le livre des pauvres du XIIe arrondissement, père de six enfants, « réduit à la plus affreuse misère » selon l’administration du bureau de charité, il sollicita des secours. Il reçut soixante-quinze francs de secours en 1833. En 1834, père de sept enfants « malheureusement […] sans ouvrage depuis environ dix-huit à vingt jours. Ses enfants sont dans la nudité ; aucun n’a de chemise et couchent sur de la paille, sans paillasse, sans drap de lit ni couverture et presque continuellement tourmentés par la faim », il sollicita de nouveau des secours. En 1835, le préfet de la Seine recueillait sur lui les renseignements suivants : « […] Ancien militaire couvert de blessures et qui a été blessé de nouveau dans les journées de Juillet. Père de famille, il n’a absolument que le produit de son travail pour subvenir aux besoins de sa femme et de sept enfants dont le plus âgé a quinze ans et le dernier quatre mois seulement. Actuellement sans ouvrage, il se voit réduit au dénuement le plus grand, et un de ses enfants vient de s’estropier à la cuisse. Je pense, monsieur le ministre, que cet homme, dont tout le monde se plaît à louer la tranquillité, la douceur et la résignation, mérite, et comme citoyen et comme père de famille, l’intérêt qu’il réclame. » Le préfet de police précisait : « Il s’est présenté à monsieur le lieutenant-colonel de la XIIe légion pour être armé et combattre dans les émeutes de juin et d’avril de l’année dernière. » Il reçut cinquante francs de secours en 1835, et soixante-quinze francs en 1836. En 1837, les renseignements de police rapportaient sur son compte : « Il était peintre-vitrier, mais par suite d’une blessure reçue à la tête, il est devenu presque aveugle et ne peut plus travailler ; il est d’ailleurs âgé d’environ 60 ans ; sa femme en a 40. Ils ont huit enfants dont sept sont à leur charge et font le métier de chiffonniers. Toute cette famille est dans la plus profonde misère. […] Cet homme passait […] pour être adonné à l’ivrognerie ; mais, aujourd’hui, il ne peut plus sortir de chez lui et se conduit bien. » Il reçut cinquante francs de secours en 1837. En 1839, il était porteur d’un certificat d’indigence. Il reçut un secours de cinquante francs en 1840, et de quarante francs en 1841. En 1842, il était père de six enfants, dont l’aîné avait 14 ans et le plus jeune, deux ans. la police disait son ménage « pauvre et honnête ». Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1842. En 1846, sa veuve, Manouvrier, Aubertine, balayeuse, recueillait des renseignements défavorables de la part de la police : « […] Vit en concubinage et passe pour envoyer ses trois enfants mendier dans les rues. Elle est indigne d’intérêt. » Il demeurait 13, rue des Lyonnais (mais 16, rue des Lyonnais in Archives de Paris VK3 22 ; bien 13, rue des Lyonnais in Archives de Paris VK3 33) en 1830-1831 ; 3, rue de l’Arbalète en 1833 ; 24, rue des Lyonnais en 1834-1835 ; 10, rue d’Austerlitz en 1836-1837 ; 24, rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine en 1839-1840 ; 17, même rue en 1842 ; sa veuve 9, même rue en 1846. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire catégorie de la IIe classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Menagé, Jean-Baptiste, Hippolyte) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 17 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 1er février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Menagé, Jean-Baptiste, Hippolyte, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 1er février 1831 (sous le nom de Menagé, Jean-Baptiste, Hippolyte) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives de Paris VK3 50 in dossier Poiret ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Menager, Jean-Baptiste, Hippolyte) et état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Menager, Hippolyte) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (91) citoyens dont les blessures ont entraîné une incapacité de travail pendant un an ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Meneray ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835.