Menard, Hippolyte, François
Biographie
Né le 21 juin 1807 à Saint-Loup (mais Saint-Lô in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II ; mais le 22 juin 1807 dans une lettre qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 402) (Manche), fils de Menard, Louis, laboureur, et de Hardy, Anne, son épouse. Commis marchand de nouveautés. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Hippolyte, François Menard, né à Saint-Loup et demeurant à Saint-Quentin (Manche), le 21 juin 1807, a glorieusement combattu pour la cause sacrée de la liberté dans les mémorables journées de juillet 1830 ; que, dès le 27, il a commencé, avec peu de personnes encore, à briser les lanternes et à élever des barricades ; que le 28, dès le matin, secondé par quelques hommes seulement, il s’est porté sur le poste de l’hôtel Dieu ; qu’il a désarmé le poste et s’est immédiatement rendu à l’Hôtel de ville, où le combat s’était déjà engagé ; qu’après y avoir vaillamment combattu pendant quelques heures, il a reçu au bras une blessure ; qu’il n’a quitté le champ de bataille que lorsque, affaibli par la perte de sang, il a été forcé de se retirer ; qu’après avoir fait panser la blessure et avoir repris des forces, il s’est rendu, le jeudi matin 29, à la place de l’Estrapade pour trouver des armes (car il avait cédé ses armes, la veille, à quelqu’un pouvant se battre), qu’il y a désarmé un poste de troupe de ligne ; que, de là, commandé par des élèves de l’Ecole, il a volé au secours des braves qui attaquaient des Tuileries et le Louvre ; qu’après un combat acharné, il est entré l’un des dix premiers dans les Tuileries malgré la grêle de balles que les Suisses faisaient pleuvoir sur eux ; qu’aussitôt l’ennemi chassé des Tuileries, il s’est dévoué de nouveau en volant au secours des citoyens qui combattaient encore dans la rue Saint-Honoré ; qu’après avoir soutenu un feu continuel avec la plus grande intrépidité le sieur Menard a été blessé de nouveau à la jambe droite ; que, mis hors de combat par cette nouvelle blessure, il a pris quelques minutes de repos et s’est immédiatement rendu à la Bourse, où il a fait le service pendant toute la nuit ; que rentré le lendemain dans ses foyers, il s’y est occupé de faire panser ses blessures ; mais que, les premiers jours d’août, ayant appris qu’on faisait un appel pour se rendre à Rambouillet, il a couru aux armes, malgré la défense de son médecin, et s’est porté sur Rambouillet avec tous les braves Parisiens, enfin qu’il s’est comporté de la manière la plus glorieuse et digne des plus grands éloges. » Signé ce nouveau certificat, le premier ayant été égaré par la Commission des récompenses nationales, le 15 novembre 1830 : Brissaud, marchand de nouveautés, demeurant dans le quartier de la Sorbonne ; Porquet, marchand de nouveautés, demeurant dans le quartier de la Sorbonne ; Berthelot, demeurant dans le quartier de la Sorbonne ; Ozanne, J., demeurant dans le quartier de la Sorbonne ; Verthault (ou Vielhault, ou Vielhaud illisible), demeurant dans le quartier de la Sorbonne ; Le Rasle, Gabriel (voir ce nom) demeurant 7, rue de Grenelle-Saint-Honoré, hôtel du Rhône ; Saunay, employé des postes ; Gautier illisible, étudiant en droit ; Denise, commis marchand ; Le Clair ou Le Clain, commis ; Denis, commis ; Renaud fils, marchand de nouveautés ; Gannet, étudiant en droit ; Manquent des précédents signataires mais absents de Paris pour confirmer leur signature pour ce duplicata. Il était aussi porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, atteste avoir vu se battre dans les mémorables journées de juillet dernier, pour la défense de nos libertés, M. Menard, Hippolyte, François, né à Saint-Loup près d’Avranches (Manche), et l’avoir pansé sur le champ de bataille de deux blessures, causées par deux balles, l’une reçue à la partie interne et moyenne de la jambe gauche, l’autre au tiers supérieur et externe de l’avant-bras, du côté droit. Dans les premiers jours de traitement des blessures de M. Menard, je lui ai délivré un certificat mais s’étant trouvé égaré à la Commission des récompenses nationales, je m’empresse de lui délivrer le présent » Signé, le 15 septembre 1830 : Pinel, E., demeurant dans le quartier Saint-Eustache (sûrement Pinel, Marie, Eugène, demeurant 25, rue Montorgueil dans l’annuaire des médecins). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, qui établit, sur son compte, le 28 décembre 1830, le rapport suivant : « Le sieur Ménard, qui a reçu deux blessures légères pendant les trois jours de juillet n’a demandé aucun secours à la Commission. Mais, aujourd’hui, il en réclame la médaille, comme étant un de ceux qui a combattu pendant ces trois journées. Comme il résulte des renseignements obtenus sur le compte du pétitionnaire qu’il a effectivement pris une part active aux combats livrés à cette époque, j’estime qu’il a mérité la médaille. » Il reçut la médaille de Juillet (sous le nom de Menard, Hippolyte sur les listes des journaux). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Menard, Hippolyte), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. En effet, par une lettre en date du 17 mars 1848, il précisait : « En combattant pour la liberté dans les glorieuses journées de juillet 1830, je reçus diverses blessures. Je fus alors décoré de Juillet et une indemnité de cent cinquante francs me fut accordée pour soigner mes blessures. On me proposa le grade de sous-lieutenant au 22e de ligne, je ne pus accepter étant sur le point de former un établissement. Mon établissement n’a point prospéré et toute ma fortune y a été engloutie. Peut-être la cause principale de ma non-réussite fut dans mes démarches en faveur des condamnés de juin et de septembre (sic, c’est quoi septembre ?) qui se trouvaient détenus au Mont-Saint-Michel. Je m’occupais activement de souscriptions pour les soulager et par suite je vis une grande partie de ma meilleure clientèle m’abandonner. Je suis marié et père de deux enfants, une fille de douze ans et un garçon de six ans, et ma position est loin d’être heureuse. Plusieurs fois j’ai fait des démarches auprès du gouvernement déchu et, quoique bien appuyé par les autorités locales, mes demandes d’emploi ont toujours été rejetées, sans doute parce que j’étais un combattant de Juillet et cependant c’était ce titre que je faisais valoir, le croyant une recommandation près d’un gouvernement sorti des opinions que j’avais défendues au péril de ma vie […]. » Par une nouvelle lettre, en date du 27 mars suivant, il précisait demander soit un bureau de poste aux lettres à Pontorson ou à Antrain (Ille-et-Vilaine) soit une place à la vérification des poids et mesures à Avranches. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné, commandant du bataillon cantonal de la garde nationale de Pontorson (Manche), certifie que le citoyen Menard, Hippolyte, décoré de Juillet, a toujours tenu depuis sa résidence à Pontorson une conduite honorable, que ses opinions antérieures ont dignement répondu à cette marque distinctive et qu’il est entièrement dévoué aux institutions actuelles et qu’il n’a manifesté son adhésion un des premiers à notre révolution. » Signé, le 18 mars 1848 : Morel. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Le maire de la ville de Pontorson (Manche) certifie que le citoyen Menard, Hippolyte, décoré de Juillet, domicilié en cette commune depuis plusieurs années, s’est constamment rendu très recommandable par la régularité de sa conduite, que la fermeté des ses opinions libérales ne s’est jamais démentie et que ce citoyen, dans la force de l’âge, peut offrir pendant longtemps encore un concours aussi actif qu’éclairé à la république. Le maire de Pontorson certifie en outre que ledit Menard, Hippolyte est marié, père de deux enfants, une fille de douze ans et un fils de six ans, qu’il est sans fortune et que celle qu’il pourra avoir un jour proviendra du chef de sa femme. » Signé, le 18 mars 1848 : Le Templier. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné, président de la Commission municipale d’Avranches, qui connaît depuis longtemps Hippolyte Menard, adhère pleinement aux témoignages honorables qui ont été donnés à ce citoyen par le maire et le commandant de la garde nationale de Pontorson. La demande du citoyen Menard, décoré de Juillet qui n’a reçu jusqu’ici aucune récompense de son dévouement, est trop juste pour que le gouvernement républicain ne l’accueille pas avec empressement. » Signé, le 19 mars 1848 : Delouche. Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 2, passage Saint-Guillaume, chez M. Gilbert (mais 10, rue du Petit-Pont in Archives de Paris VK3 30 et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II) en 1830-1831 ; à Saint-Quentin en 1831 ; à Pontorson en 1848 ; son frère Menard, L., 10, rue Baillet à Paris en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831. Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 30, état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 402 (parfois sous le nom de Menard, Henri).