Menten, Jean-Pierre

Biographie


Né le 30 mai 1794 au Luxembourg. Ancien militaire, devenu menuisier. Un certificat, le concernant et signé par une trentaine de gardes nationaux était ainsi rédigé (tous ces noms sont à peu près les mêmes que ceux qui signent le certificat pour Lacroix de, baron de Buegard, faire un rapprochement ?) : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris et autres, certifions et attestons à tous ceux qu’il appartiendra que, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, les sieurs Hippolyte, François, Pornay (voir ce nom), ancien officier des hussards, 9e régiment, maintenant grenadier au 4e bataillon, Ve légion, demeurant rue Carême-Prenant, n° 8, faubourg du Temple ; Edouard Meissner (voir ce nom), caporal à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion, rue de la Ferme-des-Mathurins, n° 25 ; Jean-Pierre Menten, ancien militaire, grenadier de la Ve légion, 4e bataillon, instructeur des grenadiers de sa compagnie, rue Carême-Prenant, n° 8, faubourg du Temple, se sont comportés avec le plus grand courage et une intrépidité remarquable dans les journées de Juillet. Ils méritent une mention honorable parmi les défenseurs de nos libertés. Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac, au ministère des Relations extérieures, invités à se retirer, ils persistèrent à ne pas abandonner leurs braves concitoyens et restèrent constamment pour suivre le mouvement populaire. Le 28, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenant très chaude, les anciens militaires reconnurent le brave général baron de Lacroix parmi la foule et se réunirent à lui. Il les forma sur-le-champ en division sous ses ordres, et exécuta des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le lieutenant-colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats, la garde, serrée de trop près, fit un mouvement rétrograde. Pendant les trois mémorables journées, les trois dénommés ci-dessus n’ont cessé de combattre aux Tuileries et au Louvre ; dans les attaques, ils se réunirent de nouveau sans le général de Lacroix et contribuèrent vigoureusement au succès qui couronna le courage de nos braves jeunes gens. Leur zèle à travailler aux barricades mérite aussi les plus grands éloges et c’est avec plaisir que nous les recommandons à la reconnaissance nationale. » La lettre était signée de très nombreux noms, dont Bréon, demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; Ragot, chasseur à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion de la garde nationale, demeurant 25, rue de la Ferme ; M. Thorest, demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; C. Baron, employé à la Chambre des députés, demeurant 27, rue d’Angoulême ; Krettly, capitaine, demeurant 25, rue Charlot ; Krettly, J. fils, sous-lieutenant au 53e de ligne, demeurant 25, rue Charlot ; Philpin ; Tard, demeurant 26, rue Croix-des-Petits-Champs ; Boyaud, Louis (voir ce nom), demeurant 1, rue des Quatre-Vents ; Gauthier, demeurant 23, rue de Flandres à La Villette ; Lehé, demeurant 27, rue Galande ; Robert (la première lettre n’est pas sûre), demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; Desbant, demeurant 16, rue Tronchet ; Merille, demeurant barrière de la Sente chez M. Gouge, marchand de vins ; Gosse, demeurant 14, rue du Carême-Prenant ; Krettly, garde national au 4e bataillon des grenadiers de la IIe légion, demeurant 7, rue du Port-Mahon ; Darde (ortho pas sûre), garde national à la 1re compagnie du 2e bataillon de la XIe légion, demeurant 1, rue du Petit-Lion-Saint-Sulpice ; Pontecoulant, demeurant 8, bd Saint-Denis ; Gohin (voir ce nom), ancien sous-officier, demeurant 8, rue du Carême-Prenant ; Maréchal (voir ce nom), ancien officier, demeurant 18, rue Cassette ; de Lacroix, baron de Buegard, qui ajouta l’apostille suivante : « Je certifie et atteste avoir vu les dénommés ci-dessus combattre avec une persévérance et un courage héroïques pendant les journées de Juillet, notamment le 28 contre les derniers efforts des satellites du despotisme, lorsque les anciens militaires me demandèrent de le commander. Ils me jurèrent tous de vaincre ou mourir avec moi et chacun de ces braves a payé avec intrépidité son tribut de courage à la liberté et à la patrie. Ils sont dignes de fixer l’attention de la Commission, ayant bien mérité de la Nation. » Il reçut, après la révolution, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de l’ancien Ve arrondissement. En 1830, il était instructeur dans la garde nationale. Il signa, le 15 août 1830, le certificat suivant en faveur de Lacroix de, baron de Buegard : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris et autres, certifions et attestons que dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, M. le lieutenant général de Lacroix baron de Boegard a bien mérité de la patrie et c’est avec plaisir que nous citons la conduite héroïque de ce vétéran de l’ancienne armée impériale, déjà connu sous le nom de lintrépide de Lacroix, que lui donna Napoléon. Dans les mémorables journées de Juillet, il donna l’exemple du courage qui brave la mort et sait vaincre. On le vit partout où était le danger, où le conseil était nécessaire et dirigeait (avec cette supériorité de jugement que donne une longue expérience) la valeur des défenseurs de nos libertés. Il nous dit qu’il n’y avait plus à marchander, qu’il fallait vaincre ou mourir. Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac aux Relations extérieures, l’officier de gendarmerie de service au ministère et un officier du 3e régiment de la garde royale l’ayant reconnu lui dirent : “Général, nous vous invitons à vous retirer ; vous êtes exposé à être arrêté comme chef de ces factieux.” Il leur répondit : “Si je joue aujourd’hui ma tête, j’en fais volontiers le sacrifice. Je suis assez vieux pour n’avoir plus qu’à vaincre pour la charte ou mourir pour ma patrie.” Le 28 juillet, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenait chaude. Parmi la foule des braves, se trouvèrent grand nombre d’anciens soldats dont il avait été le colonel. Ayant été reconnu par eux, ils se formèrent sur-le-champ, en division. Sous ses ordres, ils exécutèrent des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats la garde fit un mouvement rétrograde. Serré de trop près, le brave général de Lacroix fut blessé sur le Pont-Neuf d’un coup de lance. Le lancier fut abattu d’un coup de pistolet. Il ne cessa cependant de continuer à combattre à la tête des braves qui s’étaient replacés sous ses ordres. Il se trouva successivement aux attaques des Tuileries et du Louvre. Le soir, lorsque le feu cessait, il engageait à travailler aux barricades et abattis pour être prêts à une vigoureuse résistance. Le lendemain, il passait la nuit à la Bourse pour être averti en cas d’attaque […]. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 8, rue du Carême-Prenant en 1830 ; rue Bouillon en 1831; 140, rue Saint-Dominique en 1849-1850 ; 120, rue Saint-Dominique en 1851-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VD6 92 in dossier Gornay, Hypolite, François, idem in dossier Meisner, Edouard ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Lacroix de, baron de Buegard ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852.

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