Menu, Louis, Nicolas
Biographie
Né le 22 septembre 1798 à Verdun (Meuse). Peintre en bâtiment. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa la lettre suivante à la Commission : « Menu, Louis, Nicolas […] soumet à la Commission des récompenses nationales les titres suivants, qu’il ne peut pas tous appuyer de preuves écrites. Dans les guerres de révolution, on ne connaît pas ses compagnons de combat et les attestations sont impossibles la plupart du temps. Deux certificats de combattant de Juillet décorés certifient l’avoir vu combattre aux barricades de 1830 et particulièrement à la prise du Louvre. En juin 1832, il se trouve encore derrière les barricades de la rue Maubuée ; le fait est attesté par deux combattants comme lui, dont l’un a été, pour ce fait même, détenu à La Force et dont l’autre aurait plus tard (??) péri dans la Seine sans son courage. Enfin il a combattu en février dernier, le 23 et le 24 aux barricades de la place du Caire, de la rue Saint-Honoré et à la prise des Tuileries. Il a, avec le nommé Pariès, caporal de marine alors en congé à Paris, pris le drapeau de la salle des Maréchaux ; lequel drapeau a été présenté et donné par eux à M. Ramond de la Croisette, actuellement colonel de la IVe légion. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu le citoyen Menu à la prise des Tuileries en 1830, combattant près de moi. » Signé, le 17 mars 1848 : Brandon (voir Brandon, Léon), décoré de Juillet et ancien soldat de l’Empire, demeurant 2, rue de l’Arche-Pépin. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare avoir vu le nommé Menu à la sortie de la prise du Louvre, le 29 juillet 1830, ayant son fusil cassé à l’endroit de la batterie et la crosse en main. » Signé, le 2 mars 1848 : Pélège (voir Pélège, Claude, François), décoré de Juillet et membre de la Société de sauvetage, demeurant 26, bd du Montparnasse. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Ménu (sic) a combattu à la barricade de la rue Transnonain et Maubuée dans les journées de juin ; qu’il s’est battu pendant dix-huit heures sans relâche ; qu’il n’a quitté cette place que forcé comme ses frères d’armes par l’arrivée de l’artillerie ; qu’il a agi avec grand courage. » Signé : Fagard, Charles, détenu à La Force en juin et juillet 1832 pour l’émeute des 5 et 6 juin, demeurant rue Grenetat en 1848. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste que le nommé Menu, Louis, Nicolas, en juin 1832, s’est présenté en armes à la barricade Maubuée et celle Saint-Mery et qu’il ne l’a quittée qu’au moment où la mitraille et quatre cent cinquante hommes, accompagnés de leur général, s’en sont rendus maîtres. Je l’ai vu continuellement se comporter avec énergie et patriotisme. J’atteste de plus que le ci-dessus, en 1826, m’a sauvé la vie dans la Seine près Saint-Ouen ! Sans son zèle, je périssais. » Signé, le 2 mars 1848 : Meunier, demeurant 14, rue Saint-Placide. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, moi chef du poste de l’intérieur du musée du Louvre dans la soirée du 24 février à celle du 25 février du même mois avoir eu sous mes ordres le nommé Menu, qui s’était présenté volontairement à la mairie du (ancien) IVe arrondissement en rentrant des Tuileries après la prise du drapeau de la salle des Maréchaux et qu’il s’est conduit jusqu’à la descente de la garde comme un bon et loyal citoyen. » Signé : illisible, sergent à la 4e compagnie du 4e bataillon de la IVe légion de la garde nationale. Suivaient les apostilles de (pour les noms lisibles) : Dufour, coiffeur, demeurant 4, rue Baillet, qui attestait que Menu avait « fait le service de la garde du musée du 24 au 25 février 1848 et qu’il s’y est conduit de manière la plus remarquable que l’on puisse exiger d’un homme d’honneur » ; Poirson, ex-sergent de grenadiers à la IVe légion ; de Fontenay, capitaine en premier de la 4e compagnie du 4e bataillon de la IVe légion de la garde nationale ; Gérard, vérificateur des musées, qui avait été à même d’apprécier « son zèle pendant son service ». Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il demeurait 4, rue Thibaudoté en 1848. Archives de la préfecture de police AA 402.