Mercier, Maximilien

Biographie


Né le 19 décembre 1793 à Arras (Pas-de-Calais) (mais le 28 décembre 1790 à Wentha illisible dans le Pas-de-Calais in Archives de la préfecture de police AA 402) ; il se disait Polonais naturalisé français en 1815. Ancien militaire, ayant servi dix-huit ans, établi cordonnier-bottier. Il fut blessé d’un coup de baïonnette reçu à la main gauche et d’un coup de feu à la jambe gauche, à la Grève. Roblin, Louis, Simon, dans la relation qu’il fit de sa propre participation aux combats dit au sujet de Mercier : « [… le 28 juillet] mon fusil de munition que j’ai prêté à un nommé Mercier, demeurant rue du Fouarre, ancien militaire, qui n’a cessé le feu qu’après avoir reçu trois balles […] ». Mercier était porteur de deux certificats à peu près identique et rédigés par Roblin. Le premier : « Je certifie que le nommé Mercier, Maximilien a combattu le 28 juillet avec un fusil que je lui ai donné vers les 8 heures du matin et qu’il s’est dirigé du côté de la Grève. Il n’a cessé le feu qu’après être blessé de plusieurs balles. » Signé le 11 décembre 1830 : Roblin, marchand de vin, demeurant 37, rue de la Bûcherie. Suivaient les signatures de : Doudoux, Charles (voir ce nom), ébéniste, demeurant 10, rue Saint-Jean dans le quartier des Invalides ; Durand illisible, demeurant 36, rue Bleue ; Fleurand, ancien artilleur, demeurant rue Neuve-du-Luxembourg. Le second : « Je certifie que le nommé Maximilien Mercier, cordonnier, demeurant rue du Fouarre n° 19, s’est battu dans les mémorables journées de Juillet. C’est moi qui lui ai prêté un fusil de munition. Il s’est dirigé à la Grève et n’a cessé le feu qu’après plusieurs blessures. » Signé le 8 novembre 1830. Marié, il reçut un secours de soixante-dix francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 1277) dans la liste supplémentaire des demandes de récompenses honorifiques posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 18 décembre 1830, à aucune voix pour la croix, aucune voix pour la médaille, une voix pour une mention, six voix pour rien et deux membres n’ayant pas participé au vote, leur conscience n’ayant pas été suffisamment éclairée. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 19 mars 1831, la conclusion suivante : « Dit avoir reçu une blessure par balle morte à la jambe du côté gauche, blessure qui n’a laissé après elle aucune trace et ne saurait donner lieu à aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il comparut, le 23 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Belle, Silvain et « savoir qu’il a été blessé le 27 juillet au quai aux Fleurs d’un coup de lance reçu au front, qu’il a été conduit à l’hospice de l’Hôtel-Dieu et qu’il est mort plusieurs jours après à la suite de sa blessure ». Il comparut, le 28 mai 1831 sous l’identité de Mercier, Maximilien, né vers 1793, concierge, demeurant 19, rue du Fouarre, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester bien connaître Gachedaure, Jean-Baptiste et « bien savoir qu’il a combattu le 29 juillet dernier à la place du Louvre et qu’il y a été blessé le même jour d’une balle à la jambe gauche ». Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa, en effet, la lettre suivante à la Commission (lettre qu’il fit rédiger, ne sachant pas même signer) : « […] Je ne vous parlerai nullement des nombreux services et faits d’armes que j’ai faits sous la première république et l’Empire. Je dirai seulement qu’après la déchéance de Napoléon, je m’engageai comme simple soldat au 2e régiment d’infanterie de la garde royale, où je fis un congé et me retirai comme simple soldat. Depuis ce moment, je n’ai cessé de prouver le dévouement que j’avais voué à la patrie que je venais d’adopter. 1° Aux affaires de juillet 1830, faisant partie des défenseurs du (ancien) XIIe arrondissement, après avoir traversé (presque un des premiers) le pont d’Arcole, je fus blessé devant l’Hôtel de ville par quatre balles, assez grièvement puisque je restais près de quatre mois à l’Hôtel-Dieu pour me guérir. J’avais été porté pour la décoration mais il paraît qu’il n’y avait plus de illisible pour moi dans ce moment parce qu’on me proposa la médaille (que je refusais), ce que voyant l’on me donna une somme de deux cent cinquante francs, que j’acceptai. 2° A l’affaire du 6 juin, je commandais un détachement à la barricade Saint-Merri, où nous faisions le coup de feu. J’y fus encore blessé mais je me fis panser chez moi par le docteur Mericet illisible de l’île Saint-Louis et Andras de l’Ecole de médecine, qui me guérirent dans l’espace de deux mois. Je demeurais alors rue du Fouarre 19. 3° Dans ces dernières affaires. Après avoir pris une part active dans les journées des 22 et 23, muni d’un fusil de munition (tel qu’on peut s’en convaincre par le rapport que j’en ai fait à la mairie du [ancien] VIe arrondissement auquel j’appartiens). Je restais même toute la nuit du 23 au 24 à garder la barricade au coin de la rue Richelieu en face du poste du Palais-Royal, d’où je ne me retirais qu’après la prise de ce poste, ayant fait le coup de feu tant qu’il a été nécessaire. Mais cette fois j’ai été plus heureux que les autres, les balles m’ont respecté. 4° Le 16 mars présent mois, passant sur les boulevards je me trouvais proche du château d’eau devant un rassemblement d’individus ayant arboré le drapeau blanc, qui criaient Vive Henri V ! Prendre ce drapeau, le briser et le déchirer fut pour moi l’affaire d’un instant. Aussi, reçus-je l’approbation de toute la foule qui m’environnait […]. » Il précisait dans cette lettre être inscrit aux Ateliers nationaux pour pouvoir subsister. Il joignait deux certificats à sa lettre. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Mercier, Maximilien, ouvrier cordonnier, demeurant à Paris 342, rue Saint-Denis, que lors des événements des 5 et 6 juin 1832 il ne cessa de donner les preuves les plus certaines de courage et de patriotisme en restant à la barricade Saint-Merri à la construction de laquelle il avait contribué la veille, depuis 6 heures du matin jusqu’au moment qu’elle fut prise par la troupe. Nous attestons enfin qu’il y reçut deux blessures, dont il porte encore les marques. » Signé, le 1er novembre 1848 : Brovarniouck, V. (voir Browarniouck, Auguste, Victor), demeurant 12, rue Beauregard ; Noul, demeurant 342, rue Saint-Denis ; Brocadet, demeurant 16, rue du Chantre ; Lavadoux (voir Lavadoux, Camille, Louis, Sulpice), blessé de 30 et de juin 1832, demeurant 20, barrière Poissonnière et qui ajoutait : « Je certifie que le nommé Mercier s’est trouvé en 1832 aux événements de la barricade Saint-Merri et que depuis je ne me suis trouvé dans aucune circonstance de le rencontrer. » Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, présents à la barricade de la rue Saint-Honoré, certifions et affirmons que le citoyen Mercier, Maximilien, concierge rue Saint-Denis n° 342, a intrépidement combattu à cette barricade et qu’il a contribué pour sa part à la prise du château d’eau, le 24 février 1848, où il est entré un des premiers. Ce brave citoyen mérite sous tout rapport des éloges pour sa belle conduite et l’intrépidité qu’il a montrée en cette circonstance. » Signé, le 4 septembre 1848 : Bonne, Jules, demeurant 342, rue Saint-Denis, présent à la prise du château d’eau ; Courtès ; Noul, demeurant 342, rue Saint-Denis. Il fut proposé par la Commission pour une place de surveillant dans une propriété nationale et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il ne savait pas signer. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il était marié en 1848. Il demeurait 19, rue du Fouarre en 1830-1832 ; 342, rue Saint-Denis en 1848. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 35 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 39 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de récompenses honorifiques, liste supplémentaire des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 19 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 18 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des blessés du (ancien) XIIe arrondissement qui se sont présentés devant le jury d’habillement ; Archives de Paris VK3 51 in dossier Roblin, Louis, Simon ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Belle, Silvain ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Gachedaure, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 402.

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