Merlin, Charles, Henri
Biographie
Né le 16 octobre 1802 à Landrecies (Nord). Commis libraire chez Dumaine, libraire des armées, 36, rue et passage Dauphine. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 15 mai 1848, il adressa en effet le récit suivant de sa conduite depuis 1830 : « […] J’ai combattu pendant trois jours avec mes trois frères (identifier les frères...) ; c’était moi qui commandait le premier peloton sur le pont Royal avec soixante hommes. Nous sommes entrés aux Tuileries par la grande grille ; de soixante hommes que nous étions, il m’est resté onze hommes. Le concierge est là pour le prouver et mes camarades. Je réclame la Croix de Juillet parce qu’elle m’est due. C’est bien moi qui ai fait planter le drapeau tricolore sur les Tuileries en 1830. 1832. Titre de la section : Grande Famille, comprenant quarante-deux hommes. Chef de section des Droits de l’homme pendant sept années consécutives. Je commandais la barricade de Saint-Mery en 1832, avec une partie de ma section. Là, j’ai vu mes camarades tomber à mes pieds. Comme je n’avais pas les mêmes hommes, le lendemain je fus terrassé par la police, frappé par elle sans pitié, laissé pour mort sur le pavé. J’ai fait une maladie de deux années ; j’ai reçu les soins du docteur Paulin, à qui je dois les visites. J’avais dans ma section Martin Bernard et Legallon fils. 23 et 24 février. C’est moi qui fit battre le rappel à minuit et demi dans la nuit du mercredi avec le capitaine Hingray (voir Hingray, Charles, Joseph), aujourd’hui colonel. Le matin, j’ai quitté mon bataillon pour faire établir le service des postes avec huit ouvriers. J’ai remis des valeurs au concierge pour cent mille francs, dit-il, et qu’il a remis à la Commission. » Il était porteur du certificat suivant : « Je me fais un devoir de vous déclarer que le citoyen Henri Merlin, caporal à la 2e compagnie du 4e bataillon de la Xe légion, a à ma connaissance organisé un service de santé à la grille du château des Tuileries, guichet du pont Royal et que par sa grande fermeté et sa loyauté il a sauvé la vie du concierge, chez lequel il a fait déposer pour plus de cent mille francs d’objets de valeur. J’ai été témoin oculaire des faits que je vous signale et de la conduite du caporal Merlin, qui a su, pendant tout le temps de sa présence au château, faire exécuter la consigne la plus sévère. Il mérite une récompense. Le caporal Merlin est un des braves citoyens qui ont le courage d’escorter le tambour battant le rappel dans la nuit du 24. » Signé : Demaine, J., sous-lieutenant à la 2e compagnie du 4e bataillon de la Xe légion. Il fut recommandé par la Commission pour un emploi dans une bibliothèque. Le 4 avril 1851, il demanda le retrait des pièces qu’il avait communiquées à la Commission. Il était marié en 1848. Il demeurait 36, rue et passage Dauphine en 1848 ; 31, rue Mazarine en 1851. Archives de la préfecture de police AA 402.