Meunier, Alfred dit Champagne
Biographie
Né en novembre 1807 à Troyes (Aube). Maçon. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, le 28 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : « Maçon, combattant de Juillet, demeurant rue de la Croix-Nivert n° 88, ayant accompagné le partie du manuscrit brûlée Lafontaine partie du manuscrit brûlée de l’Empereur, décoré de la Légion d’honneur, entré partie du manuscrit brûlée maréchal des logis chef à la caserne de la rue de Tournon, pris tous deux une part active aux mémorables journées de Juillet. Lui, Meunier, partit spontanément en Afrique, n’ayant adressé à la Commission des récompenses nationales aucune réclamation. Il possède néanmoins un certificat qui partie du manuscrit brûlée à l’appui de ce qu’il avance. Il prit une part active aux malheureuses affaires rue Transnonain en 1835 (sic). Dans les journées du 22, 23 et 24 février 1848, il coopère à protéger les prisonniers de la maison militaire de l’Abbaye. Le 24, a assisté à la prise des Tuileries, il a employé tout ce qui était en son pouvoir pour maintenir l’ordre et empêcher le pillage. Il était porteur d’un fusil et fourniment complet appartenant à un soldat du 34e de ligne. Aussitôt qu’appel lui en a été fait à la mairie du (ancien- Xe arrondissement il les a rendus. Aujourd’hui il est dans les rangs de la garde nationale de Grenelle 1re compagnie, 3e bataillon ; depuis huit années, il habite cette commune. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le nommé Meunier, Alfred dit Champagne a pris une part active dans les trois mémorables journées de juillet 1830, qu’il ne m’a pas quitté dans les trois postes que j’ai commandés, situés barrière des Fourneaux, barrière de Vaugirard, le dernier barrière de l’Ecole où j’ai rendu le poste le 19 août 1830 aux gardes nationaux du (ancien) Xe arrondissement. Le présent certificat est pour lui servir et valoir au besoin, pour rendre hommage à la vérité et comme une marque particulière de mon estime pour ce citoyen. » Signé, le 28 mars 1848 : Dumas (voir Dumas, Jean-Louis, Antoine), décoré de la Croix de Juillet, demeurant 6, rue Mademoiselle à Grenelle ; Payen (voir Payen, Anselme), demeurant à Grenelle, qui le recommandait à toute la bienveillance des membres de la Commission. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Meunier, Alfred, ancien combattant de juillet 1830 sans récompense, a, le 23 février 1848, pris une part active au mouvement, en faisant élargir les prisonniers de la prison de l’Abbaye, en exposant sa vie à la barricade. Le 24, à 11 heures, il a, sur la place du Carrousel, fait preuve d’un rare courage et distribué des vivres à ceux qui combattaient avec lui et ensuite est entré au palais des Tuileries afin d’empêcher autant que possible le pillage. Il y passa la journée. On ne saurait trop recommander ce citoyen, que la timidité laisse dans une position fâcheuse. Il est ancien sous-officier de 30e de ligne et a fait une partie des campagnes d’Afrique. » Signé, le 28 mars 1848 : Dumas (voir Dumas, Jean-Louis, Antoine), décoré et blessé de Juillet, détenu politique, marchand revendeur, demeurant 78, rue de la Croix-Nivert à Grenelle ; Prost, ex-commandant du poste du drapeau aux Tuileries, qui certifiait l’avoir eu sous ses ordres le 25 février à ce poste. Il fut proposé par la Commission pour une place de surveillant ou concierge dans une propriété nationale et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il avait servi au 30e de ligne et avait participé à plusieurs campagnes en Afrique. Il demeurait 88, rue de la Croix-Nivert en 1830 ; à Grenelle depuis 1840 ; 6, rue Mademoiselle à Grenelle, chez Dumas (voir Dumas, Jean-Louis, Antoine), en 1848. Archives de la préfecture de police AA 402.