Meunier, François
Biographie
Marchand tapissier à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord). En 1843, il sollicita la décoration de Juillet auprès du duc de Nemours. Il joignit à sa demande la lettre que le préfet des Côtes-du-Nord lui écrivit en 1830 : « Votre conduite pendant votre séjour à Paris lors des glorieux événements du mois dernier paraît avoir été présentée ici d’une manière qui vous serait défavorable. Je m’empresse de mettre à votre disposition, pour que vous puissiez y donner telle publicité qu’il vous plaira, le témoignage extrêmement honorable pour vous que m’ont adressé ceux de nos braves Parisiens auxquels vous vous étiez associés. » Ce témoignage était ainsi rédigé : « Nous croyons remplir un devoir d’honneur en venant vous transmettre la conduite honorable qu’a tenue pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet le sieur Meunier, marchand tapissier de Saint-Brieuc. Arrivé le 25 au soir à Paris pour ses affaires, il a tout quitté pour s’associer aux défenseurs de nos libertés et nous sommes heureux de pourvoir assurer qu’il était un de ceux qui ont planté les premiers les couleurs nationales sur la porte Saint-Martin, qu’il n’a pas quitté un instant les divers champs de bataille, qu’il s’est trouvé à la prise du Louvre et des Tuileries et qu’enfin, harassé de fatigue, il n’a pas encore voulu abandonner les braves Parisiens ; il s’est associé à nous pour le service de la garde nationale. Nous l’avons vu plusieurs nuits de suite ne pas quitter nos corps de garde, faisant les fonctions de chef de patrouille. C’est à son insu, monsieur le préfet que nous vous adressons ces témoignages de notre reconnaissance. Espérant que si vous pouvez lui être de quelque utilité, vous le ferez en faveur d’un homme qui a, par sa conduite, contribué à sauver nos libertés. » Signé (pour les signatures lisibles), le 8 septembre 1830 : illisible, grenadier, demeurant 18, rue de Montreuil ; Gault, Xavier, demeurant 6, rue Lenoir ; Nicolas, caporal des grenadiers, demeurant 18, rue de Montreuil ; Terravalien, grenadier, demeurant 249, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Baudet, chasseur, demeurant 247, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Paillet (voir Paillet, Victor, François), médecin, demeurant 13, rue Saint-Bernard ; Tellier fils, chasseur, demeurant 237, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Schoeffer, caporal de grenadiers, demeurant 215, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Chéradame, sergent de grenadiers, demeurant 183, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Guillot, grenadier, demeurant 173, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; femme Guillot, demeurant 173, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Lapeyre, demeurant rue de Reuilly ; Feret, lieutenant à la VIIIe légion, demeurant 127, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Jacquet, demeurant 10, rue Beauveau ; Rogelet, demeurant 270, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Berthe, limonadier, demeurant 217, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Morisot aîné, sergent, demeurant 3, petite rue de Reuilly ; Bouton, demeurant 70, rue Beauveau ; Gallez, demeurant 176, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Protat, sergent à la 3e compagnie du 2e bataillon de la VIIIe légion ; Voitirn, capitaine du 3e bataillon de la VIIIe légion. Meunier relatait aussi la conduite qu’il avait tenue sur le chemin du retour vers la Bretagne : « En revenant de Paris, je passais à Rouen le 5 septembre 1830. J’étais chez M. Mallet, marchand de papiers peints rue du Grand-Pont, au moment où on battait le rappel. Monsieur le maire faisait afficher dans les rues de la ville qu’il invitait tous les citoyens à se réunir à l’hôtel de ville. M. Mallet, gravement indisposé, me remit son uniforme et ses armes. Je fus rejoindre MM. Le Breuil et Le Brun, négociants rue Magdeleine n° 2. Nous nous rendîmes au rendez-vous, nous fûmes dirigés sur Darnétal, où l’on avait commencé à briser les mécaniques. » Il était sous-lieutenant à la 2e compagnie de la garde nationale de sa ville. Il demeurait à Saint-Brieuc au moins de 1830 à 1844. Archives nationales F/1dIII/66.