Meunier, Jacques
Biographie
Né vers 1811, fils de Meunier, Louis, François et de Sabart, Rosalie, Victoire. Ouvrier passementier. Il fut légèrement blessé, le 27 juillet dans la rue Saint-Honoré près de la rue de l’Arbre-Sec ; le lendemain, 28, vers 9 heures du matin, il fut tué par une décharge de la gendarmerie, qui l’atteignit dans la poitrine, alors que, armé d’un sabre, il s’avançait depuis la place du Châtelet vers le Pont au Change, avec une quarantaine d’autres combattants. Son décès fut constaté par jugement en date du 22 février 1831. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le 15 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Sassey, Antoine, Jean (voir ce nom), né vers 1800, passementier, demeurant 5, rue des Bernardins ; Alibert, François (voir ce nom), né vers 1805, porteur à la halle, demeurant 3, impasse au Lard ; Petit, Augustin, Julien, né vers 1803, passementier, demeurant 44, rue du Faubourg-Saint-Denis. Ils déclarèrent avoir parfaitement connu Meunier, Jacques et savoir « qu’il fut d’abord légèrement blessé le 27 dudit mois dans la rue Saint-Honoré près la rue de l’Arbre-Sec, que dans cette circonstance ledit sieur Sassey, l’un des comparants, était avec lui ; que le lendemain 28, armé d’un sabre il s’est porté avec ledit Sassey et le sieur Petit aussi comparant sur la place du Châtelet, vers les 9 heures du matin ; que là le sieur Petit l’a perdu de vue mais que le sieur Sassey l’a vu atteint d’une balle à la poitrine tomber et mourir sur-le-champ et que quelques instants après le sieur Alibert, autre comparant, l’a vu aussi étendu et sans vie ». De même, le 15 avril 1831, devant le maire du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Sassey, Antoine, Jean (voir ce nom), passementier, demeurant 5, rue des Bernardins ; Alibert, François (voir ce nom), porteur à la halle, demeurant 3, impasse au Lard ; Petit, Augustin, Julien, passementier, demeurant 44, rue du Faubourg-Saint-Denis. Ils déclarèrent avoir parfaitement connu Meunier, Jacques et savoir « qu’il n’avait pour soutenir sa sœur que le produit de son travail et qu’en outre il était orphelin ». Il laissait une sœur, Meunier, Louise, Gabrielle, née le 19 octobre 1816 (par erreur le 23 octobre 1814 in Archives nationales F/15/2553 ; par erreur le 20 octobre 1816 deux fois in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives nationales F/1dIII/82) à Paris, qui fut assimilée aux orphelins de juillet et pensionnée de cent cinquante francs comme sœur et non pas comme orpheline (sur la comptabilité de la Commission du [ancien] VIIe arrondissement, elle est indiquée comme ayant reçu cent soixante-deux francs et cinquante centime de la Commission de la mairie du [ancien] Ve arrondissement). Le conseil de famille de l’orpheline était composé de Sabart, Jean-François, Gabriel, rentier, demeurant 39, rue des Blancs-Manteaux, et de Meunier, Charles, Antoine, garçon de bureau, subrogé-tuteur, demeurant au ministère de l’Intérieur en 1831. Vers 1832, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet : « Demeure chez Mme Pique, blanchisseuse, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, n° 44, où elle est pour trois mois encore en apprentissage. Elle se retirera chez M. Meunier, son oncle, garçon de bureau au ministère de l’Intérieur aussitôt son apprentissage fini. » En 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize jeunes filles (une par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), filles de combattants soit de juillet 1830 soit de juin 1832, devaient être dotées de trois mille francs pour pouvoir se marier. Louise, Gabrielle fut l’une des candidates choisies par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, mais finalement écartée parce que dépendant en fait du (ancien) Ve arrondissement. Elle était alors ouvrière en dentelles. Elle devait épouser Sabart, André, né vers 1809 à Paris, ouvrier plaqueur, demeurant 36, rue des Blancs-Manteaux, dont le père était un ancien ouvrier tapissier, actuellement retiré dans l’Eure, et dont la mère était décédée. Meunier demeurait 5, passage du Caire en 1830 ; sa sœur, chez M. Sabart, 39 rue des Blancs-Manteaux en 1831 ; chez son oncle, tuteur, 101, rue de Grenelle-Saint-Germain en 1835. Le nom de Meunier (J. Meunier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 96 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement, p. 99, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1835 ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 34-35 (où Sophie, Gabrielle est indiquée comme dépendant de la mairie du (ancien) Ve arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux assimilés comme orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) VIIe arrondissement et sœurs orphelines admises à la pension en vertu de l’article 4 de la loi du 13 décembre et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins des victimes Juillet non pourvus de subrogés tuteurs à la date du 30 septembre 1831) ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 4-5 état des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien Ve arrondissement) où son nom est rajouté et état officiel des orphelins (ancien VIIe arrondissement) où son nom est rayé et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.