Meuris, Joseph
Biographie
Né vers 1801 à Daverdisse (Belgique). Premier garçon distillateur chez Jallasson, distillateur au 13, rue Quincampoix. Ses pièces furent égarées par la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que M. Joseph Meurice de Sédan, premier garçon distillateur chez M. Jallasson, distillateur, rue Quincampoix 13, après avoir mis en état un fusil qu’on lui avait prêté, est sorti le 28 juillet au matin pour se joindre aux braves qui se battaient pour nos libertés. Ce jeune homme est parvenu à se procurer des munitions à la Ville (lire à l’Hôtel de ville, N.D.A.) et à la tour Saint-Jacques et alors il a rejoint les premiers rangs de notre armée volontaire, à la tête de laquelle il a toujours combattu pendant les journées des 28 et 29 juillet, sans prendre à peine ni repos ni nourriture. Il est entré des premiers dans le Louvre et les Tuileries, où après avoir aidé à chasser les Suisses il les a poursuivis dans les rues de Rohan, Saint-Nicaise et Saint-Honoré et ne s’est retiré du combat qu’après la sortie définitive de Paris des troupes royalistes. Le 3 août, à la nouvelle que l’on craignait quelques résistances des troupes campées à Rambouillet, il a encore été un des premiers à reprendre les armes et à s’élancer vers ce nouveau danger et n’est rentré chez lui que le lendemain après s’être assuré de la retraite complète de l’ennemi. Enfin nous croyons devoir recommander à la commission chargée de peser le mérite de chacun dans cette circonstance glorieuse et difficile la conduite exemplaire de ce jeune homme, qui n’avait jamais fait la guerre et qui a montré toute la valeur d’un vieux soldat. Il a eu le bonheur de ne recevoir aucune blessure mais le mérite de s’y être exposé sans ménagement ne lui en reste pas moins tout entier et si quelque récompense honorifique et pécuniaire est réservée à ceux qui ont donné mot brûlé dans le manuscrit et l’exemple à leurs concitoyens nous pensons que Joseph Meurice partie du manuscrit brûlée étant d’ailleurs peu fortuné partie du manuscrit brûlée sa conduite sous tous les autres rapports. » Signé, le 5 juillet 1831 : Jallasson, distillateur, demeurant 13, rue Quincampoix ; Mercier, demeurant chez Lemoine, rue des Lombards ; Cauchon, opticien, demeurant 1, rue du Bac, qui attestait que Meurice était venu dans son atelier le 29 juillet « pour faire réparer un fusil dont il s’était déjà servi et qu’il est reparti pour l’attaque des Tuileries aussitôt que son arme a été remise en état » ; Rossin, neveu de Cauchon, demeurant 1, rue du Bac, qui attestait les faits relatifs à la réparation du fusil ; Doche, demeurant 1, rue Saint-Nicaise, qui certifiait avoir vu Meurice « faire le coup de fusil le 29 juillet rue Saint-Nicaise » ; une signature brûlée (sans doute Lebobe, voir plus bas) qui attestait que Meurice « a été signalé à la Commission des récompenses nationales comme un des citoyens ayant pris une part très active à notre glorieuse révolution » ; Semegon. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Certificat couvert de signatures honorables et légalisées, constatant qu’ils ont vu le sieur Meurice au Louvre, aux Tuileries, dans les rues de Rohan, Saint-Honoré, Saint-Nicaise au plus fort de l’action, se battant avec courage contre les Suisses et la garde royale. Apostille de M. Lebobe, un des canonniers du (ancien) VIe arrondissement, ainsi conçu : “Je, soussigné, certifie que M. Meurice a été signalé à la Commission des récompenses nationales comme un des citoyens ayant pris une part très active à notre glorieuse révolution.” Signé à Paris le 17 juillet 1831. » Une apostille de la Commission des récompenses nationales, en marge de la lettre de la Commission des réclamations, faisait l’observation suivante : « Aucune trace. » Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme dans une position sociale peu aisée. Il demeurait 13, rue Quincampoix en 1830-1831. Archives nationales idem F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives de la préfecture de police AA 402.