Meyer, Louis, Antoine
Biographie
Né le 5 mai 1806 à Strasbourg (Bas-Rhin). Cocher de remise. Le 28 juillet après-midi, au moment où il était occupé à construire une barricade, au coin de la rue Froidmanteau, il fut foulé aux pieds du cheval d’un gendarme qui escalada la barricade ; il s’ensuivit une hernie. Il reçut, après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 19 mars 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint d’avoir été atteint d’une hernie inguinale du côté droit, par suite d’efforts qu’il dit avoir faits dans les journées de Juillet, hernie dont l’existence n’a pu être constatée et qui ne saurait donner lieu à aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa, le 15 août 1831, le certificat suivant en faveur de Collet, Jean-Baptiste, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, combattants et décorés de Juillet, certifions que le nommé Collet, Jean-Baptiste a combattu avec nous les 27, 28 et 29 juillet, s’étant armé d’un fusil qui lui a été délivré dans un roulage de la rue d’Enghien ; le 27 juillet, à la porte Saint-Denis, boulevard Saint-Denis et à la prise du poste de Bonne-Nouvelle ; le 28 et 29, à la prise du poste de l’Hôtel de ville, rue Saint-Honoré et rue de Rohan, d’où, après la prise du Louvre, il est revenu avec une pièce à l’Hôtel de ville […]. Il est ensuite parti pour Rambouillet. Ce n’est qu’après son retour de Rambouillet qu’il a remis ses armes et ensuite repris ses travaux. » Sa médaille lui fut délivrée le 27 juin, et son brevet le 20 août 1831. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 14e léger. Il appartint à la Garde municipale, depuis 1831 jusqu’en 1833, année où il fut rayé des contrôles à cause de nombreuses punitions pour ivresse et indiscipline. Il fut successivement ouvrier sculpteur, ouvrier vernisseur, homme de peine chez un ébéniste, gagnant un franc cinquante par jour, en 1836. En 1835, la police rapportait à son sujet : qu’il demeurait « rue Rochechouart, 4, impasse Brière dans une maison garnie fréquentée par des filles publiques ; il vit avec une de ces filles, dont il a un enfant. C’est un homme de vingt-six ans, qui a été cocher et qui est maintenant ouvrier sculpteur. Il n’a point besoin de secours et d’ailleurs sa conduite éloigne de lui tout intérêt ». Il reçut cependant un secours de quarante francs en 1836. « Dans un besoin pressant et sans ouvrage », il sollicita un nouveau secours en 1837. Le police donna sur lui comme renseignement : « C’est un ouvrier ébéniste, célibataire, laborieux et estimé par sa bonne conduite, […] il ne paraît pas heureux. » Il reçut un secours de vingt francs en 1839, de vingt-cinq francs en 1840, de la même somme en 1841 et en 1842. En 1843, la police renseignait sur son compte : « Ouvrier vernisseur chez M. Malen, rue de Vaugirard, où il gagne quatre francs par jour ; ce qui suffit à ses besoins. Les renseignements recueillis sur sa conduite ne lui sont pas favorables. Meyer a été rayé des contrôles de la garde municipale pour indiscipline. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1844, de la même somme en 1846, de quarante francs en janvier 1848, de la même somme le 20 juin 1848. Un certificat sur sa conduite pendant la révolution de Février était ainsi rédigé : « Les citoyens soussignés, habitants le quartier du faubourg Montmartre, certifions en faveur de M. Louis Meyer décoré de Juillet, les faits suivants : Il est à la parfaite connaissance des soussignés que M. Meyer a été, le 23 février dernier, un des premiers à organiser les barricades du faubourg Montmartre et notamment celle au coin du boulevard ; qu’il a excité par son exemple le zèle des citoyens et qu’il a constamment maintenu l’ordre et le respect des propriétés ; que ce citoyen a, pendant les engagements avec la troupe, montré du zèle et de la bravoure ; qu’il a particulièrement contribué à la prise des canons sur le boulevard le 24 février. Et, en outre, que le 26 dudit mois, en vertu des ordres du maire du IIe arrondissement, il a planté, sur les barricades le drapeau tricolore pour remplacer le drapeau rouge qui était un sujet de frayeur pour les habitants ; qu’il n’a pu exécuter cet ordre qu’au péril de sa vie et malgré l’opposition armée de certains hommes de la barricade ; qu’il a montré dans cette circonstance un sang-froid et une énergie au-dessus de tout éloge. » Signé (pour les noms lisibles) : Noulihac, l’un des chefs de la première barricade du faubourg Montmartre ; Rabot ; Huré ; Didier, chirurgien de l’ambulance établie rue du Faubourg-Montmartre ; Guichenné, Paul, ex-défenseur au procès d’Avril et ancien rédacteur en chef de la Sentinelle des Pyrénées ; Lagane, demeurant 26, rue Saint-Joseph ; Huart, demeurant 19, rue Berger ; Détallencourt ; Havaux ; Saint-Martin, Hyacinthe, chevalier de la Légion d’honneur ; Picot, demeurant 1, rue de la Grange-Batelière ; Martin, demeurant 8, rue Saint-Ange ; Ribat ; Legouy. La Commission des récompenses nationales de 1848 rapporta sur son compte : « Signalé par une personne de foi, comme étant sans conviction aucune et tout prêt à changer d’opinion si ses intérêts ou un motif quelconque l’y engagent. » Il combattit du côté de l’ordre en juin 1848. Il demeurait place du Palais-Royal puis 32, rue des Bons-Enfants en 1830 ; à la caserne Mouffetard en 1831 ; rue Rochechouart, 4, impasse Brière en 1835 ; 23, puis 18, rue Saint-Nicolas-d’Antin et 7, rue de la Boule-Rouge, première impasse en 1837 ; 10, rue du Petit-Bac en garni en 1843 ; 7, rue de Buffault dans le faubourg Montmartre en 1845 ; 29, rue Saint-Louis aux Batignolles en 1847 ; 6, rue Thiroux en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 19 mars 1831 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 379 in dossier Collet, Jean-Baptiste.