Mezerette, René, François
Biographie
Né vers 1792. Le 7 septembre 1830, il avait adressé la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, afin d’obtenir un emploi : « […] Vrai Français, il s’est entièrement dévoué, comme un nombre considérable de ses semblables, à la cause de la liberté et toujours armé d’un fusil il s’est trouvé dans les différents combats qui ont eu lieu dans ces trois jours, où il a contribué de tout son pouvoir à faire disparaître l’ennemi. Savoir, le 27 à l’affaire de la porte et rue Saint-Martin et caserne du faubourg Saint-Martin. Le 28 à l’affaire de la barrière de La Villette et le 29 à la prise du Louvre et ensuite au ministère des Affaires étrangères. Dans les nuits de ces trois jours, il a monté la garde et fait patrouille aux postes de la mairie rue Saint-Martin et des Petits-Pères. Il a travaillé aussi avec zèle à plusieurs barricades. Après la journée du 29, il a toujours accompagné ses compatriotes, poursuivant la garde royale jusqu’à Rambouillet. Revenu à Paris, il a été incorporé dans la garde nationale mobile, où il est resté environ douze jours […]. » Sa lettre était apostillée de plusieurs signatures. La première apostille ainsi rédigée : « Je, soussigné, atteste véritable que le sieur Mezette (sic) s’est trouvé à la prise du Louvre le 29 juillet, qu’il a fait preuve de courage et qu’il failli succomber, s’étant exposé plusieurs fois. » Signé : Jouet, J. (voir Jouet, Jules, Marie, François), demeurant 14, rue Rochechouart. La deuxième apostille, de Vitrié, demeurant 25, rue Cadet, comme témoin. La troisième apostille, de Collot, Charles (voir ce nom), demeurant 10, rue Saint-Nicolas, et ainsi rédigée : « J’ai soussigné et atteste avoir vu le sieur Mezerette sur les 8 heures du soir le 28 juillet sur le quai de la Cité près le pont d’Arcole, dont je faisais partie depuis longtemps. Il était armé d’un fusil. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il expliquait que ses opinions libérales lui avaient déjà « valu la perte de plusieurs emplois, entre autres un de facteur à cheval à la poste aux lettres à la suite de cette disgrâce il a entrepris d’être courrier de commerce mais son passeport pour l’étranger étant échu, il vous prie de vouloir bien l’aider à en obtenir un autre, ce qui lui est impossible n’ayant pas dix francs à verser. Il vient de solliciter un emploi à l’administration des postes comme courrier de l’armée. Une réponse de M. le comte, restée en mes mains vous justifiera de ma demande. J’ose espérer messieurs qu’en me décernant une décoration si j’en suis digne vous voudrez bien appuyer ma demande, ce qui me donnera le moyen d’exister ». Il citait Pelvilain (voir ce nom), commissaire de (ancien) IIe arrondissement, comme quelqu’un à qui on pouvait demander des renseignements sur sa conduite et sur ses antécédents. Il demeurait 66, rue du Faubourg Montmartre en juillet 1830 ; 36, rue Meslay en 1831. Archives de la préfecture de police AA 402.