Michel, Charles, Louis

Biographie


Né le 23 mars 1800 à Paris. Imprimeur en taille douce. Grenadier à la XIe légion. Il signa, avec Clavel, commandant du corps national formé par les élèves dAlfort, la lettre suivante adressée au National, et qui donnait les détails de la participation au soulèvement chez les élèves de l’Ecole vétérinaire : « Copie d’un rapport adressé à M. le général Lafayette par Michel fils, le 31 juillet 1830 :

»Paris, 1er août 1830

»Monsieur,

»Les élèves d’Alfort, mes braves camarades, ont aussi doit à votre sollicitude.

»Le 29, lorsque je leur dépeignais les dangers qui menaçaient leur patrie, un cri unanime s’éleva parmi eux ; Des armes… Pour les trouver, leur dis-je, marchons vers Conflans ; on prétend que M. de Quelen a caché chez lui 200 fusils. Les élèves marchèrent, et se présentèrent dans le plus grand ordre. Incorruptibles à l’aspect des richesses dont ils ne sont pas susceptibles d’être éblouis, ils n’ont pris que deux fusils qu’ils ont trouvés cachés dans les caves. Pour donner à notre démarche un caractère aussi légal que possible, nous avons pris pour guide et pour témoin, en entrant au séminaire, un bourgeois du pays, avec lui, quatre élèves ont cherché des armes, seul objet de nos perquisitions ; deux fusils, dont un chez le bedeau, ont été découverts. Munis de ces armes, nous nous sommes transportés chez le maire, notaire de Charenton ; deux d’entre nous se sont présentés chez ce fonctionnaire, et ont mis dans l’accomplissement de leur mission et dans leur réquisition d’armes tous les égards qu’exige la qualité de ces citoyens et qu’on doit attendre de l’éducation de ceux qui composent l’Ecole d’Alfort. Le maire de la commune nous fit remettre trois fusils qui se trouvaient chez lui sans destination d’agrément ou d’utilité. L’insuffisance des armements que nous nous étions procurés nous porta à nous présenter chez les gendarmes qui nous remirent sans difficulté les armes qu’ils possédaient ; leur facilité à se résigner à notre demande empêcha, de notre part, jusqu’au moindre signe de violence.

»Alors armés de 30 fusils environ, les élèves ont formé trois postes ; leur utilité est bien constatée par l’arrestation qu’ils ont faite de plusieurs dépêches, qu’ils envoyaient toues les deux heures à notre illustre général Lafayette. Ce grand homme leur a fait part du regret qu’il éprouvait de ne pouvoir armer d’aussi braves défenseurs de l’Etat.

»Revenu à Paris, où je pensais que des occasions plus importantes de servir l’Etat pouvaient s’offrir, j’allai trouver M. le colonel Zimmer, pour lui faire part de ce que j’ai l’honneur de vous écrire, et attendre ses instructions, lesquelles consistèrent à m’envoyer recommander aux élèves d’Alfort la garde la plus sérieuse d’un poste aussi utile que dangereux.

»Retourné vers eux, je les ai trouvés campés auprès des ponts et veillant à leur sûreté ; leur dernière demande fut encore des armes. Je ne pus que louer leur ardeur et leur patriotisme, et leur répéter les ordres que l’on m’avait chargé de leur transmettre ; ils ont juré de remplir leur honorable mission de manière à s’identifier avec tant de héros que la France a vus sortir avec éclat des rangs formés par la jeunesse française, et ils ont été fidèles à leur serment.

»Michel fils

»Grenadier à la XIe légion

»Le commandant du corps national formé par les élèves d’Alfort,

»E. Clavel. » Le National, 5 août 1830. Il adressa, le 6 septembre 1830, la lettre suivant à la Commission des récompenses nationales, qui exposait la conduite qu’il avait tenue pendant les combats : « Charles, Louis Michel, fils aîné, imprimeur en taille douce, rue Guénegaud, natif de Paris, âgé de trente ans, a l’honneur de vous exposer la conduite qu’il a tenue dans les mémorables journées ; tous mes voisins attesteront que, sorti de chez moi le mardi 27, je ne suis rentré que le jeudi 29. Le mardi, avec quatre élèves en médecine, nous sommes partis rue Saint-Honoré. Là, à coups de pierres nous avons maintenu autant que possible les charges des gendarmes. Le lendemain, mercredi, armé d’un fusil, j’ai cru ne pas devoir quitter la maison de ville (l’Hôtel de ville, N.D.A). J’ai donc assisté à la première prise qui a été faite dans coup férir. Alors, muni de poudre, j’ai essuyé les feux pendant toute la défense faite contre les troupes royales forcées de décamper par le derrière de la ville. Ayant usé toute ma poudre, j’ai porté des secours à des blessés, sous le feu des troupes. Arrivé au pont d’Arcole, je fis des instances auprès des individus que je connaissais pour avoir des cartouches, demande inutile chacun étant glorieux de les garder. En passant devant Notre-Dame, j’engageais des individus à monter avec moi aux tours pour observer les mouvements des troupes, de tenter toutes les fois que la troupe tiendrait ses positions et de mettre le bourdon en grande volée quand ils les verraient en déroute. Plusieurs personnes qui connaissaient le fait m’ont dit que cela avait produit un tout autre effet. Revenu à la ville avec des munitions, j’ai assisté à la reprise pour ne plus la rendre. Jusqu’à présent je n’avais fait, messieurs, que ce que tout Français devait faire. Je vous prie donc de bien vouloir faire attention au fait suivant. Je partis le mercredi soir à 10 heures à Charenton à l’Ecole d’Alfort. Je fis passer à un de mes amis les détails de ce qui se passait à Paris. J’avais l’espoir de les emmener avec moi à Paris. Mais les soins que mettait M. Gerard, leur directeur, à leur cacher les heureux événements, empêcha que je puisse les voir la nuit. Mais le lendemain je (vins) à la grille où ils se trouvaient réunis, je les engageais à venir avec moi à Paris. Ils me répondirent qu’il leur fallait des armes. Je les engageais à venir avec moi à Conflans. On m’avait dit que Mgr de Quélen avait chez lui des fusils. J’ai trouvé dans cette maison deux fusils, deux au séminaire, seuls objets de nos perquisitions. J’étais alors accompagné de quatre-vingts élèves. L’insuffisance des armes me porta à me présenter chez le maire et le notaire de Charenton, qui me remirent trois fusils. Ce fonctionnaire me fit l’honneur de démentir le bruit que l’on avait fait courir que je m’étais présenté chez lui le pistolet sur la gorge. Ensuite, en me présentant chez les gendarmes, qui me demandèrent un ordre du maire, je leur opposais que dans les circonstances présentes la force était droit. Ces gens se résignèrent avec facilité à la prise des armes que je fis chez eux. Alors armés de trente fusils, les élèves ont formé trois postes. Leur utilité est bien constatée par l’arrestation qu’ils ont faite de plusieurs dépêches, qu’ils envoyèrent toutes les deux heures au général Lafayette. Je leur fis former un poste sur le pont Charenton, un autre sur le pont d’Ivry. Ces braves jeunes gens voyant le mal que je m’étais donné, me prièrent de les commander. Je leur fis nommer des chefs entre eux voyant que tous les professeurs blâmaient hautement ma conduite. Je retournais à Paris pour leur faire envoyer de la poudre. Mais arrivé, mes pieds ayant éprouvé tant de fatigue, le sang qui continuellement inondait mes souliers me força à recevoir les soins du docteur Fayol. Mes pieds pansés, je partis le jeudi soir rendre compte au colonel Zimmer de ma démarche à Alfort, qu’il approuva. Il me donna une commission pour prendre quatre cents livres de poudre et recommander aux élèves la garde d’un poste aussi utile que dangereux. Je partis accompagné de quatre élèves qui sortaient de la ville porteurs de dépêches. J’ai passé la nuit avec eux à faire patrouille. Nous avons arrêté trois lettres adressées au général Latour-Maubourg, que j’ai remises à la ville. Je désire donc, messieurs, que ma conduite soit examinée. J’ai les certificats de tout ce que j’ai l’honneur de vous avancer. Je vous (joins) le rapport que j’ai (fait) au général Lafayette, daté du 8 août, et signé par le commandant des forces que j’ai organisées à Charenton, dont l’original est entre mes mains. Je dois aussi signaler M. Girard comme ayant, le vendredi, refusé aux élèves, ceux qui étaient sortis la veille sans ses ordres, la nourriture de la maison et de m’avoir fait enlever frauduleusement le fusil que j’avais pris à l’archevêché en mettant dans ses conditions que si mon ami ne le rapportait pas qu’il serait chassé de l’école. J’ai observé que M. le directeur s’entendait parfaitement avec nos bons jésuites ; il n’y a pas de vexations qu’il cherchait à me faire éprouver parce que j’ai dit qu’il devait marcher à la tête de ses élèves. » Ce rapport qu’il disait joindre était celui de Clavel, Eugène (voir ce nom) et ainsi rédigé : « Les élèves d’Alfort, mes braves camarades, le 29, lorsque je leur dépeignis les dangers qui menaçaient notre patrie, un cri unanime s’éleva parmi eux : Des armes ! Pour les trouver, leur dis-je, marchons sur Conflans, on prétend que Mgr de Quélen (archevêque de Paris, N.D.A.) a caché chez lui deux cents fusils. Les élèves marchèrent et se présentèrent dans le plus grand ordre. Incorruptibles à l’aspect des richesses, lesquelles ne sont pas susceptibles de les éblouir, ils n’ont pris que deux fusils qu’ils ont trouvés cachés dans les caves. Pour donner à notre démarche un caractère aussi légal qu’il nous était possible, nous avons pris pour guide et pour témoin en entrant au séminaire un bourgeois du pays. Avec lui quatre élèves ont recherché des armes, seuls objets de nos perquisitions. Deux fusils, dont l’un chez le bedeau, ont été découverts. Munis de ces armes, nous nous sommes transportés chez le maire et le notaire de Charenton. Deux d’entre nous se sont présentés chez ces fonctionnaires et ont mis dans l’accomplissement de leur mission et dans leur réquisition d’armes tous les égards qu’exige la qualité de citoyen et qu’on doit attendre de l’éducation de ceux qui composaient cette faible députation. Ces messieurs nous remirent trois fusils qui se trouvaient chez eux sans destination d’agrément ou d’utilité. L’insuffisance des armements que nous nous étions procurés nous porta à nous présenter chez les gendarmes, qui nous remirent sans difficulté les armes qu’ils possédaient ; leur facilité à se résigner à notre demande empêcha jusqu’au moindre signe de violence. Alors armés de trente fusils, les élèves ont formé trois postes. Leur utilité est bien constatée par l’arrestation qu’ils ont faite de plusieurs dépêches, qu’ils envoyaient toutes les deux heures à notre illustre général Lafayette. Ce grand homme leur a fait part du regret qu’il éprouvait de ne pouvoir armer d’aussi braves défenseurs de l’Etat. Revenu à Paris où je pensais que des occasions plus importantes de servir l’Etat pouvaient s’offrir, j’allais trouver M. le colonel Zimmer pour lui faire part de ce que j’ai l’honneur de vous écrire et attendre ses instructions. Elles consistaient à m’envoyer recommander aux élèves d’Alfort la garde la plus sérieuse d’un poste aussi utile que dangereux. Retourné vers eux, je les ai trouvés campés auprès du pont et veillant à leur sûreté. Leur première fut encore Des armes ! Je ne pus que louer leur ardeur et leur patriotisme et leur répéter les ordres que l’on m’avait chargé de leur transmettre. Ils ont juré de remplir leur honorable mission, de manière à s’identifier avec tant de héros que la France a vu sortir avec éclat des rangs formés par la jeunesse française et sans doute ils seront fidèles à leur serment. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier : « Les soussignés certifient que M. Michel, Charles, Louis, né le 23 mars 1800 à Paris, a toujours professé des opinions conformes à l’honneur et embrassé sincèrement la cause de la liberté dès les premiers instants de l’émission des fatales ordonnance. Il fit partie des groupes improbateurs qui parcouraient le Palais-Royal le 27. Il donna dans la rue Saint-Honoré l’exemple des cris de Vive la Charte ! Le 28, il était armé dès le matin et il parcourait les différents points attaqués avec les défenseurs de nos libertés. Le 29, il accomplit avec énergie et loyauté la mission périlleuse dont il fut chargé en provoquant et décidant l’insurrection de l’Ecole d’Alfort, mouvement qui amena les résultats les plus favorables à la cause nationale. Depuis les immortelles journées, il jouit modestement du témoignage que lui rend sa conscience, de l’estime de ses camarades, de ses amis, qui rendent justice à son courage et à son dévouement à la patrie. Tous ses efforts, ses actions ont été consacrés à l’établissement de l’ordre public, à la conservation des droits et à l’accomplissement des devoirs auxquels a donné naissance notre glorieuse révolution. » Signé le 12 octobre 1830 : Henry, J (voir Henry, Jean-Baptiste, Victor), étudiant en droit, demeurant 4, rue Percée ; Guignon, Charles (voir Guignon, Pierre, Michel), demeurant 4, rue Percée ; Noël, maréchal des logis à l’ancien 5e hussards ; Barbedienne, élève en médecine ; Garre ; Farme, B., pharmacien. Le deuxième : « Je, soussigné, ex-commandant du corps franc formé par l’Ecole d’Alfort (vétérinaire), certifie que M. Michel, Charles, Louis, après avoir assisté à la perquisition d’armes faite à Charenton et dans les lieux environnants, où il a fourni des renseignements très importants, nous a quittés après l’organisation de nos postes et est retourné à Paris pour recevoir les ordres de M. le colonel Zimmer. C’est le jeudi 29 juillet qu’il est venu aider les élèves dans cette perquisition et dans la nuit du 30 au 31, muni des ordres de l’état-major de la garde nationale de Paris, il leur a recommandé la garde de postes aussi utiles que dangereux. » Signé le 18 octobre 1830 : Clavel, E., élève vétérinaire en quatrième année. Et cet autre du même mais en date du 13 décembre : « Je, soussigné, certifie que c’est le sieur Michel, Charles, Louis, qui, après l’armement des élèves de l’Ecole royale vétérinaire d’Alfort s’est mis en rapport avec ces derniers et l’état-major de la garde nationale de Paris et c’est le 30 juillet que, par son intermédiaire, deux cents livres de poudre sont arrivées. » Le quatrième : « Je, soussigné, certifie que M. Michel, Charles, Louis est incontestablement un des braves des derniers jours du juillet 1830. J’affirme avec plaisir que le jeudi 29 juillet après la cessation des massacres de Paris j’ai trouvé le brave jeune homme en habit de garde national occupé de faire panser ses pieds qu’une fatigue extrême avait excoriés. Je certifie en outre que voisin de l’Ecole vétérinaire d’Alfort, j’ai vu nombre de fois le dénommé ci-dessus donner des avis très importants aux dignes élèves de cette même école qui spontanément et à l’appel de M. Michel avaient formé un poste sur le pont de Charenton, poste qui n’a pas été sans produire de grands avantages à la cause que nous défendions. » Signé, le 20 octobre 1830 : Fayol (voir Fayol, Joseph), élève interne de la maison royale de Charenton. Le quatrième : « Nous, soussignés, employés du château de Conflans, résidence de monsieur l’archevêque de Paris, certifions que le sieur Michel s’est présenté le jeudi matin 29 juillet à la tête d’élèves vétérinaires d’Alfort, qu’ils ont fait une perquisition dans l’intention d’y trouver des armes. Deux fusils nous appartenant ont été remis audit sieur Michel, qui les a remis aux élèves. Aucun dégât n’a été fait par lesdits élèves, un buste de Charles X a été brisé par le ci-dessus nommé. Nous attestons en outre que tous les objets, même les deux fusils, ont été remis à qui de droit, en fait de quoi nous en donnons pleine et entière décharge. » Signé le 12 décembre 1830 : Carpentier ; Bourcier. Le cinquième, qui laisse à penser qu’il fait partie de l’expédition de Rambouillet : « Ensuite des ordres de M. le général Pajol, commandant an chef les troupes dirigées sur Rambouillet, il est ordonné aux élèves de l’Ecole vétérinaire d’Alfort de retourner de suite à Paris, les troupes dirigées sur Rambouillet ayant l’ordre de rétrograder. » Signé à Versailles, le 4 août 1830, pour le commandant de la garde nationale, le capitaine délégué : Usquin. Le sixième : « Je, soussigné docteur en médecine, membre correspondant de l’Académie royale de médecine, surveillant général de la maison royale de Charenton, certifie que le mercredi 28 juillet 1830, ayant passé une partie de la soirée avec M. Charles Louis, Michel, je l’ai engagé à venir passer la nuit chez moi, dans la maison royale de Charenton, où il est en effet resté jusqu’au lendemain matin 29. J’atteste en outre qu’il est à ma connaissance que M. Michel était venu à Charenton pour s’entendre avec messieurs les élèves de l’Ecole royale d’Alfort sur les mesures qu’il convenait de prendre à cette époque et qu’il a accompagné ces messieurs dans la visite qui a été faite à la maison archiépiscopale de Conflans. » Signé, le 12 décembre 1830 : Ramon, J., médecin à Charenton-Saint-Maurice. Le septième : « Nous, soussignés, gendarmes de Charenton-le-Pont, attestons que le sieur Charles, Louis Michel s’est présenté le jeudi 29 juillet le matin à la tête des élèves vétérinaires d’Alfort. Nous lui avons fait la remise de nos armes, qu’il a distribuées aux élèves, qui ont formé deux postes sous les ponts. Une partie de nos armes nous a été rendue. » Signé le 13 décembre 1830 : Schmadel, à la gendarmerie royale de Charenton. On trouve aussi dans son dossier ce billet délivré, le 30 juillet 1830, par Zimmer, colonel chef de l’état-major de la garde nationale de Paris : « Laissez passer par la barrière de Bercy ou de la Rapée MM. Michel fils, Cocu (voir Cocu, Mathieu, Alfred) élève d’Alfort, Chauveau élève en pharmacie et Lévêque élève d’Alfort. Ces personnes sont envoyées pour le bien du service. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Le 2 novembre 1830, la Commission ayant perdu les pièces que Michel lui avait confiées, il lui fit parvenir la lettre suivante : « Messieurs, les pièces que j’avais déposées le 10 septembre dernier dans vos bureaux y ayant été égarées puisqu’elles ne se trouvent et qui consistaient : 1°) En un rapport fait au général Lafayette sur l’armement que je fis opérer à Alfort et l’établissement des postes sur les ponts. 2°) Le reçu de deux cents livres de poudre que je portai aux élèves de l’Ecole dans la nuit du 29 au 30. 3°) L’ordre du colonel Zimmer d’aller à Conflans m’emparer des papiers de l’archevêque. 4°) Le récépissé d’une somme de quarante-deux francs déposés le 1er août au bureau du Constitutionnel pour les blessés. 5°) Certificat de l’emploi des journées du 27 et 28, délivré par divers élèves en droit et en médecine, également acteurs. J’éprouve un préjudice considérable puisque me confiant dans cette remise de pièces j’attendais avec raison la récompense méritée par mes actions, ainsi que l’ont obtenue mes braves camarades. […] En conséquence, je sollicite, messieurs, pour récompense des services que j’ai rendus à l’Etat pendant les journées immortelles des 27, 28 et 29 juillet. 1°) Ou une place de surveillant à l’Ecole d’Alfort, où les vœux de beaucoup d’élèves m’appellent. 2°) Ou une place d’employé dans la maison de santé de Charenton où il y en a de vacante. 3°) Ou une place d’employé dans un des hôpitaux civils et militaires de Paris. 4°) Ou enfin une place d’employé au Jardin des plantes ou autre établissement de cette nature. Je sollicite ce genre de place, désirant finir mon instruction pour pouvoir me faire recevoir officier de santé ; le manque de fortune de mes parents m’ayant fait suspendre mes études pour cet état. Dans le cas où il n’y aurait point de vacance pour les places ci-dessus, je solliciterai la décoration et le grade de lieutenant accordé à mes anciens camarades d’armes. Par-là, messieurs, vous avez une marge assez large pour me faire obtenir la récompense que j’ai méritée et à laquelle j’ai droit de m’attendre. Vous êtes trop justes pour ne pas me dédommager du retard que j’ai éprouvé et dont je ne pouvais comprendre la cause. J’ai l’honneur, etc. » Dans une lettre adressée à la même Commission, en date du 15 novembre 1830, il reprenait les mêmes faits, ajoutant ce nouveau, sur lequel il n’y a pas d’autre indication, « plus de deux cent mille francs que j’ai fait conserver dans l’intérêt de la patrie ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il signa le certificat suivant en faveur de Guignon, Pierre, Michel : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Charles Guignon (sic) a montré, pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet, le plus grand dévouement à la cause de la liberté, en se battant avec nous le 28 pendant la journée à l’Hôtel de ville et le 29 à l’attaque de la caserne de Babylone, ainsi que sur divers points où il a fait preuve de zèle et de courage, en faisant le coup de fusil dans les endroits les plus dangereux. » Il prêta son serment et reçut sa croix le 28 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Michel fils, Charles, Louis), auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En mai 1831, il se plaignait auprès d’un des fils de Louis-Philippe, que Graptel, « le mari d’une dame d’honneur de la duchesse de Berry et riche à plus d’un million de fortune » lui avait été préféré pour une opération qui reste confuse (brevet ou décoration ?). Il donnait, à cette occasion les explications suivantes : « Je croyais, mon prince, que cette entreprise me ferait oublier à moi et à ma famille les malheurs que j’éprouve depuis longtemps. Ami de l’ordre et de mon pays, je crois en avoir donné des preuves. Décoré de Juillet, j’ai, le 14 février [1831], maîtrisé quatre cents furieux qui portaient l’incendie au château de Conflans. L’argenterie, le linge, tout fut sauvé par moi. J’ai refusé des cadeaux, que ma conscience répugnait à recevoir. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Je, soussigné, lieutenant-colonel de la banlieue, IVe légion, département de la Seine, déclare que le 14 février présent mois, à mon arrivée à Conflans, chez l’archevêque, j’ai vu le sieur Michel fils, qu’il m’a offert ses services et que par ses soins le linge a été conservé et qu’on a pu le transporter à la maison de Charenton et que c’est encore lui qui a fait conserver l’argenterie de la maison. » Signé, à Maisons-Alfort, le 15 février 1831 : Dodun, lieutenant-colonel. Il était artilleur à la 10e compagnie de la garde nationale en 1831. Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 22, rue Guénegaud (mais 21, rue de la Huchette en 1831 in Archives de Paris VK3 37 sur le registre de la mairie et in Archives nationales F/1dIII/67) en 1830-1831 ; 14, rue Mazarine en 1849-1850 ; 30, rue Saint-André-des-Arts en 1851 ; 1, rue Guénegaud en 1852. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 (sous le nom de Michel fils, Charles, Louis) ; Archives de Paris VK3 37, état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 (sous le nom de Michel fils, Charles, Louis) ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/67 (sous le seul nom de Michel) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Michel fils aîné), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Michel, Charles, Louis), idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Michel, Charles, Louis, fils aîné). Voir in dossier Guignon, Pierre, Michel, le Michel même adresse qui signe un certificat ?

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