Michel, Léonard
Biographie
Né vers 1801 à Tours (Indre-et-Loire). Marchand tailleur d’habits. Il s’illustra au Louvre et aux Tuileries et fut blessé d’un coup de pied de cheval reçu à la cuisse gauche. Il ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et des secours. Il adressa la lettre suivante à la Commission : « Lors des trois jours de juillet, je fus un des premiers à me vouer à la défense du pays, à la protection des personnes et des propriétés. Le premier, je fermais les passages de l’intérieur du Palais-Royal aux personnes qui auraient voulu y pénétrer. De même, je me trouvais à l’attaque du Louvre, où j’entrais un des premiers. Enfin, messieurs, je me suis comporté dans ces journées célèbres en Français digne de son pays. Cependant qu’étais-je. Simple citoyen, nécessaire peut-être avant tout à ma maison, à mon établissement de tailleurs, dans lequel j’étais seulement depuis trois semaines. Mais le salut de la patrie me parlait plus impérieusement. Quoique boitant par suite de maladie, je me vouais tout entier aux grandes circonstances de l’époque. Blessé d’un coup de pied de cheval dans l’aine, bien d’autres se fussent mis au lit. Mais comment y rester lorsque les détonations de l’artillerie menaçaient tous mes concitoyens ? Non. Je ne me reposais qu’à l’instant où le triomphe fut assuré. Fort de tous ces droits, je pouvais me présenter devant l’autorité chargée de répartir les bienfaits de la nation. Je négligeais cet avantage, croyant pouvoir m’en passer. Mais les malheurs du temps me mettent aujourd’hui dans le cas de réclamer des secours desquels je voudrais pour beaucoup pouvoir me passer. Messieurs, c’est dans l’espérance que vous prendrez mon placet en considération que je me suis décidé à vous dévoiler mes besoins et ma position difficile. J’aime à penser que le retard que j’ai mis à réclamer me sera un titre de plus auprès de vous. » Suivaient plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, certifie que le sieur Michel faisait partie du détachement qui occupait le péristyle du Palais-Royal conduisant aux appartements lorsque je suis venu moi-même prendre possession du corps de garde occupé par la garde royale et que les faits qu’il avance sont de la plus exacte vérité. » Signé, le 12 septembre 1831 : Feret, Henri, capitaine commandant au Palais-Royal le 29 juillet, ex-capitaine en second de la 1re compagnie de chasseurs, 1er bataillon, IIe légion, libraire galerie de Nemours au Palais-Royal. La deuxième apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que le sieur Michel s’est trouvé à la défense du Palais-Royal, en ma présence. » Signé : Cerisier, Suisse à la maison du roi. La troisième apostille, ainsi rédigée : « J’atteste que le nommé Michel s’est trouvé à la prise du Louvre, combattre en ma présence. » Signé : Chignard, Gabriel (voir Chignard, Gabriel, René), demeurant 34, rue d’Argenteuil. Il joignait à sa lettre le certificat suivant : « Je, soussigné, Jean, Joseph Geneste, officier de santé, ayant passé son examen à la faculté de médecine de Paris, certifie que le sieur Léonard, Michel, tailleur d’habits, reçut un coup de pied de cheval à la partie interne et supérieure de la cuisse gauche. Il lui survint un gonflement considérable avec un gonflement des glandes inguinales. Il fut obligé de garder le lit pendant quelque temps. Il fut blessé à la prise du Palais-Royal, le 29 juillet 1830. » Signé, le 30 septembre 1831 : Geneste, Jean, Joseph, officier de santé, demeurant dans le quartier de la Monnaie. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme jouissant d’une fortune médiocre. Il apostilla de la même manière la lettre de Chignard, Gabriel, René, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants. Il demeurait 11, rue Jacob en 1831. Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Chignard, Gabriel, René ; Archives de la préfecture de police AA 403.