Michelin, Etienne, Henri, Léon
Biographie
Né le 27 juillet 1806 à Genève (Suisse). Ancien officier des armées de l’Empire (en étant né en 1806 ?), devenu ouvrier orfèvre, il travaillait chez Jozan, 23, rue Simon-le-Franc en juillet 1830. Il récapitula ainsi, devant la Commission des récompenses nationales, sa conduite dans les journées de Juillet : « Le mercredi 28, j’ai combattu dans toutes les affaires qui ont eu lieu place de grève. Je suis un de ceux qui ont pris position sur le toit d’une maison dont la cheminée a été abattue à coups de canon. J’ai toujours été à faire le coup de feu avec les trente ou quarante braves qui ont défendu la rue du Mouton et voisines. Je me suis tellement exposé que, dans mon quartier, on a fait courir plusieurs fois le bruit de ma mort. J’ai quitté la ville vers 6 heures, pour aller défendre les barricades rue Saint-Antoine. Le 29, j’ai repris les armes et je me suis trouvé la prise du Louvre et du Palais-Royal. Je suis entré le premier dans une des maisons de la rue de Richelieu, après avoir passé sous le feu dirigé sur la place du Palais. J’ai combattu corps à corps avec des soldats de la garde qui défendaient l’entrée de cette maison et nous attendaient dans l’escalier, la baïonnette croisée. Le soir, j’ai participé aux recherches faites dans les Tuileries. Un élève de l’Ecole présidait à ces recherches. Nous avons trouvé dans une des salles souterraines grande quantité d’argenterie. Nous en avons fait trois convois, que nous avons transportés à la Bourse et que nous avons remis entre les mains de citoyens qui les ont reçus, ont pris nos noms, nous promettant de les remettre au général Lafayette et nous promettant également une récompense dont je n’ai plus entendu parler. […] A la prise de la maison Richelieu, j’ai reçu une blessure au bras droit, qui m’a empêché de travailler pendant plusieurs jours. » Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, François Rittiez (sic dans la copie), avocat près la cour royale de Paris, demeurant quai Saint-Michel n° 15, atteste que j’ai appris d’une manière certaine que M. Michelin s’était battu vaillamment dans toute la journée du 28. J’atteste que le 29 nous avons pris les armes ensemble et que les faits relatifs à cette journée sont vrais. Entré le premier dans la maison, rue Richelieu, il a culbuté et renversé les premiers opposants et en a fait plusieurs prisonniers. » Signé : Rittier, François (voir ce nom). Suivaient deux apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « J’atteste qu’il est à ma connaissance que le sieur Michelin, mon premier ouvrier, s’est battu d’une manière remarquable dans les journées des 28 et 29 juillet et qu’il est rentré blessé au bras le 29. » Signé : Jozan, officier de l’ancienne armée, fabricant, demeurant 23, rue Simon-le-Franc. La seconde apostille, ainsi rédigée : « Nous, soussignés, attestons l’authenticité des faits ci-dessus rapportés. » Signé : Tropey, Auguste, demeurant 51, rue de la Tixéranderie ; Mimi Tourneur, demeurant 48, rue de la Tixéranderie ; femme Bourdonné ; Lerost, demeurant 54, rue de la Tixéranderie ; Fruitier, instituteur, demeurant 4, rue du Coq-Saint-Jean. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était, en 1848, délégué des décorés du VIIe arrondissement, selon l’apostille qu’il écrivit sur une demande de Pascal, Georges, qui avait été oublié dans la distribution de gratifications pour les décorés, et ainsi rédigée : « Je recommande le citoyen Pascal comme digne d’intérêt et comme ayant été porté sur une liste présentée par moi et dont je ne me rends pas compte l’élimination (sic). » Il reçut un secours de quarante francs en 1848. En 1849, il sollicitait des secours. Les renseignements de police pris sur son compte rapportaient : « Conduite assez légère. On le dit être un républicain exalté. Sa position paraît assez aisée. » En 1850, les mêmes sources renseignaient qu’il était doreur sur bois, marié, père de deux enfants de douze et quinze ans, qu’il avait été longtemps alité, qu’il tenait une conduite régulière et ajoutaient : « Il manque souvent d’ouvrage et lorsqu’il travaille il gagne deux francs cinquante par jour. » La même année, les mêmes sources précisaient : « Les renseignements les plus favorables ont été obtenus sur le compte du sieur Michelin, qui passe pour un bon sujet, professant des opinions très modérées. Quand il est occupé, il gagne quatre francs par jour ; mais le commerce de l’orfèvrerie ayant beaucoup souffert depuis deux ans, Michelin a été longtemps sans ouvrage. » Il reçut un secours de cinquante francs et un autre de soixante francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet, et un autre de cinquante francs en 1851. En 1852, les mêmes sources administratives précisaient : « Il est bon ouvrier, travaille toujours et ne paraît pas nécessiteux. Ses mœurs sont régulières. Il est incapable de se mêler de politique. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, un secours de cinquante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, un secours de quarante francs en 1856. En 1857, la police obtenait toujours les mêmes bons renseignements et ajoutait : « D’une santé très délicate, il s’est vu forcé de quitter momentanément son état pour exercer celui de photographe, mais, après des essais infructueux, il a repris sa première profession et, quand il travaille, il gagne environ quatre francs par jour. Ses deux fils, l’un orfèvre, l’autre compositeur, lui viennent en aide. » Il reçut un secours de quarante francs en 1857. Il sollicita de nouveau un secours en 1858. Il demeurait 8 bis, rue de la Comtesse-d’Artois en 1830 (ou plutôt 8, rue de la Contrescarpe sur les listes – pourtant peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 ; mais 8, rue de la Comtesse-d’Artois en 1831 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/67 sur sa fiche de la Commission des réclamants) ; 1, rue du Coq-Saint-Jean en 1831 ; 34, rue des Bernardins, un loyer de cent cinquante francs par an de 1847 à 1850 ; 24, rue de Pontoise en 1849 in Archives de la préfecture de police AA 369, minute 73 ; 8, rue des Boulangers de 1850 à 1857 ; 12, rue Saint-Nicolas-du-Chardonneret en 1856-1857 ; 28, rue Saint-Claude au Marais en 1858. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/67 ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Pascal, Georges ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 25 mai 1851, d’accorder à 34 décorés, médaillés, veuves et combattants de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 1.895 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 186-188, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852.