Mignot, François, Etienne
Biographie
Né le 25 germinal an IX à Paris, fils naturel de Mignot, Marie-Louise. Journalier. Il fut tué, le 29 juillet, à l’attaque du Louvre, dans les circonstances suivantes, décrites par Lapart, Pierre (voir ce nom), autre combattant, dans une déposition auprès du maire du (ancien) Xe arrondissement, le 1er juillet 1831 : « Le 29 juillet, sur les 8 heures du matin, il a rencontré ledit sieur Mignot dans la rue qui fait face à Notre-Dame, qu’il était avec deux autres jeunes gens du Gros Caillou, qu’ils sont partis ensemble, tous bien armés et munis de cartouches, que, sur le coup de 11 heures, embusqués derrière la fontaine et la pompe qui est sur le quai de l’Ecole, le sieur Mignot a quitté ce poste pour gagner l’église Saint-Germain-l’Auxerrois et que, dans ce trajet en passant devant la colonnade, il a été frappé dans la poitrine d’une balle, qui l’a renversé ; que lui, Pierre Lapart, l’a vu tomber, a vu le sang lui sortir par la bouche ; mais que lui-même a suivi un mouvement militaire qui l’a éloigné de son camarade ; que deux heures après, revenu sur le même point, il n’a plus vu le corps de Mignot et qu’il a présumé que le cadavre avait été enlevé. » De même, Fombert, Jean, Louis (voir ce nom), fit la déposition suivante : « Le 29 juillet sur les 10 heures et demie il a rencontré derrière la pompe qui est près du Louvre sur le quai de l’Ecole les sieurs Lapart et Mignot ; qu’il a vu, malgré ses représentations, ledit sieur Mignot quitter cette embuscade pour passer devant la colonnade du Louvre afin de rejoindre l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois ; que ledit Mignot se trouvait entre les deux feux et des assaillants et des Suisses ; qu’il l’a vu tomber roide sur la face, à six pas de lui, et d’assez près pour qu’il puisse voir le pavé taché de sang à deux endroits à la partie correspondant à la poitrine et à la bouche ; qu’il ne lui a pas été possible de lui porter secours ; qu’il est vrai qu’il ne l’a vu gisant sur les pavés que très peu de temps mais que pendant ce peu de temps il n’a donné aucun signe de vie et qu’il est resté dans la plus grande immobilité. » Le 13 juillet 1831, le tribunal déclara son décès. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il laissait une mère, Mignot, Marie-Louise veuve Petit, née le 18 juin 1778 (mais le 18 juin 1872 in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites) à Paris. Elle produisit le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé François, Etienne Miniot (sic) a été tué le jeudi 29 juillet 1830 à l’affaire du Louvre à la défense de la liberté et laisse une malheureuse mère, âgée de cinquante-neuf ans, qui était son seul appui et son seul soutien […]. » Signé, le 16 août 1830 : Bardoux, militaire retraité ; Fourcy, boulanger, demeurant dans le quartier des Invalides ; Boncompagnon ; Fortuné, marchand de vin, demeurant dans le quartier des Invalides ; Penot (voir Penot, Pierre, François), scieur de pierres ; Mathieu ; Barbe. Le 5 mars 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Tetu, Jean, François, Joseph (voir ce nom), marchand de bois, demeurant 14, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou ; Bixio, Alexandre (voir ce nom), étudiant, demeurant 3, rue Guénégaud ; Campaignac, Jean, Joseph, Antoine (voir ce nom), médecin, demeurant 11, rue du Colombier ; Cassin, Eugène (voir ce nom), agent de plusieurs sociétés philanthropiques, demeurant 12, rue Taranne. Ils attestèrent que Mignot, François, Etienne « n’a point reparu depuis les journées de Juillet ; qu’il était à l’attaque du Louvre le 29 et qu’il y est mort glorieusement pour la cause nationale ; et que sa mère, Marie-Louise Mignot, veuve Petit, n’a plus aucun moyen d’existence depuis qu’elle est privée de l’assistance de son fils ». Elle fut pensionnée de deux cents francs. Il fut accordé, comme ascendante d’une victime de Juillet, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Mignot demeurait chez sa mère, 4, cul-de-sac de Grenelle ; sa mère, toujours à la même adresse en 1832. Le nom de Mignot (F.-E. Mignot) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 97 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 108 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, une feuille volante avec la liste des ascendants du Xe arrondissement, idem dossiers individuels ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, citoyens dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses national, état nominatif des personnes dont la mort n’a pu être constatée et pour lesquelles la Commission demande qu’il soit fait une enquête et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (35 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Cataigne, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Lucotte ; Archives nationales F/1dIII/67 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, ascendants ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.