Migon, Alexandre

Biographie


Né le 6 octobre 1783 à Paris. Ancien militaire au 34e de ligne, médaillé de Sainte-Hélène, il devint maçon (mais marchand de vin in Archives nationales F/1dIII/39 et dans le registre quil signe in Archives de Paris VK3 39). Chef de poste à la barrière des Bonshommes. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut la médaille de Juillet. Sa médaille lui fut délivrée le 25 juin 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il apostilla la demande de Brouet, le 3 août 1831, quand il tenta d’obtenir la décoration de Juillet. On trouve dans l’exposé que fit Brouet de sa propre conduite pendant les combats quelques indications sur Migon. L’exposé était ainsi rédigé quant aux passages où le nom de Migon était cité : « Après avoir cherché tous les moyens possibles pour n’être pas militaire sous un gouvernement que je ne croyais pas libéral, je n’ai pas hésité un seul instant pendant les trois journées à m’armer, à passer trois jours au poste de la barrière de Bonshommes, dont M. Migon était le chef. Nous occupions ce poste plutôt comme camp que comme corps de garde puisque le jour nous faisions des sorties et que la nuit nous veillions à la sûreté publique, que pendant le jour, j’ai combattu sur le pont d’Iéna contre les chasseurs à cheval de la garde qui s’étaient embusqués au petit poste du Champ-de-Mars contre le pont. Le 29, lorsque le 6e régiment de la garde, les Suisses et autres détachements battant en retraite des Tuileries se sont repliés sur les Champs-Elysées, le corps des volontaires philippistes dont je faisais partie s’est avancé contre eux pour s’opposer à leur passage, à moins qu’ils ne missent bas les armes parce que nous ne voulions pas qu’il se rendissent à Saint-Cloud armés et que la nuit le poste a empêché plusieurs voitures chargées de marchandises prohibées de passer que, me trouvant en faction devant les armes […]. » En 1832, ayant onze personnes à charge, il sollicita des secours. Il se serait distingué en juin 1832 du côté de l’ordre. En juillet 1832, le maire de Passy le recommanda très favorablement précisant à son sujet : « Cet homme mérite un intérêt tout particulier pour sa bonne conduite. » En 1837, il servait les maçons, était marié, père de sept enfants ; les renseignements de police pris sur son compte rapportaient : « Sa position n’est pas heureuse. Il jouit d’une très bonne réputation. » Il reçut, en 1838, un secours de cinquante francs, de vingt francs en 1839, de vingt-cinq francs en 1840, et de quarante francs en 1841. En 1842 par contre, les mêmes sources le présentaient comme un ivrogne et ajoutaient : « Il est malheureux parce qu’il dépense ce qu’il gagne. » Il reçut cependant un secours de vingt-cinq francs en 1842, de la même somme en 1845. En 1847, dans une « position malheureuse », sans soutien et sans ouvrage l’hiver, il sollicita des secours et obtint quarante francs. En 1849, les renseignements pris sur son compte étaient favorables et sa position ne paraissait pas nécessiteuse. Il toucha, cette année-là, un secours de quarante francs. En 1850 : « Est occupé depuis trente ans par un architecte qui, par charité, lui confie un travail proportionné à ses forces. Sa réputation est parfaite. Veuf depuis douze à treize ans, il a su, grâce à ses économies et à sa conduite régulière, subvenir aux besoins de sa famille composée de six enfants, qu’il a établis, mais dont les ressources sont très précaires. Le sieur Mignon a perdu un de ses fils en Afrique, où il est mort sous les drapeaux [des zouaves, N.D.A.]. Cet ancien soldat de l’Empire dont le dévouement est acquis à l’ordre de choses actuel paraît très digne d’intérêt. » Il reçut un secours en 1850, un secours de quarante francs en 1851, à titre de médaillé de Juillet. Il reçut un secours de soixante francs en 1853, au titre de médaillé de Juillet. Et en 1856 : « Ne travaille plus depuis deux ans, ayant été blessé par une poutre et mis dans l’impossibilité de continuer son état. Il est âgé de 72 ans, veuf, il demeure chez une de ses filles, qui est marié à un garçon limonadier, le mari gagne 60 francs par mois mais la femme huit francs par semaine, ils ont un enfant de dix ans, occupent un logement de cent quatre-vingt francs par an, ne doivent rien au propriétaire, l’intérieur annonce des ouvriers aisés. […] Cet homme est un ancien soldat de l’Empire, il a fait un congé au 34e de ligne ; il a été blessé ; il touche du ministère de la Guerre une petite rente qui était de quarante francs mais depuis trois ans est réduite à vingt francs par an. […] Les renseignements le font considérer comme un honnête homme. » Il reçut quarante francs de secours en 1850, la même somme en 1851. Il demeurait à Passy en 1831 ; 7, rue des Moulins à Passy de 1837 à 1842 ; 15, rue des Moulins à Passy en 1847 ; 33, même rue en 1848 ; 23, même rue en 1849-1850 ; 24, rue Duperré en 1851 ; 3, rue des Moulins à Passy en 1853 ; 3, rue Duperré en 1854 ; 4, cul-de-sac des Carrières, grande rue à Passy (Seine) en 1854 ; 3, même rue en 1856 ; de nouveau 4, même rue en 1857 ; 39, grande rue à Passy en 1858. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet idem département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, Récompenses nationales, état nominatif des décorés de la médaille de Juillet mais qui ne se sont point encore présentés pour recevoir le brevet (où son nom est rayé) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis (par erreur sous le nom de Mignon, Alexandre) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39) ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Brouet ; Archives nationales F/1dIII/67; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853.

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